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REMOULINS Psychiatrie : une conférence pour mieux appréhender et orienter les troubles borderline

L'unité psychotraumas de la clinique du Pont du Gard a une capacité de 20 lits. Elle prend en charge en hospitalisation complète les patients. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Comment prendre en charge les personnes atteintes de troubles borderline ? Ce sera le sujet de la conférence donnée ce jeudi 21 octobre au soir au Pont du Gard (rive droite) par le docteur Mehdi Ghozzi, psychiatre et responsable de l’unité psychotraumas à la clinique du Pont du Gard de Remoulins. 

Cette unité d’hospitalisation complète a ouvert en 2018 au sein de la clinique privée. Dotée de 20 lits, elle fait face à une demande bien supérieure à ses capacités. Des patients de toute la France sont orientés dans cette structure via leur médecin. Il s’agit de personnes qui ont subi un ou des événements traumatiques, parfois récents ou bien très enfouis. Cela peut être des victimes d’attentats, d’accident de la route, d’accident de travail, d’agressions sexuelles, des personnes ayant vécu la guerre en Afghanistan, des femmes battues…

Les patients restent trois mois en hospitalisation (davantage en cas de trauma complexe). Au sein du service, les soignants privilégient une technique spécialisée dans la stabilisation du trouble avec une approche psycho-corporel. Le traitement médicamenteux est évité au maximum. Lors d’un trauma, le cerveau est soumis à un stress trop intense et place la personne en état de sidération. L’information n’est donc « pas enregistrée » normalement dans l’hippocampe.

Chaque fois que quelque chose rappelle l’événement, le patient va se retrouver littéralement replongé dans son traumatisme. À travers de la balnéo, de la médiation en pleine conscience, des massages etc., les personnes vont pouvoir stabiliser leur trouble. Ensuite, les deux hémisphères du cerveau vont être travaillés à travers des stimulis visuels, sonores, pour « retraiter l’information » correctement. C’est l’EMDR (eye movement desensitization and reprocessing, ndlr), c’est-à-dire la désensibilisation et le retraitement par les mouvements oculaires.

Les troubles borderline remontent bien souvent à la petite enfance

Environ 20% des publics accueillis sont des personnes souffrant de trouble de l’attachement. « Souvent, il s’agit de patients qui ont vécu des traumatismes complexes et répétés remontant à la petite enfance : des abus sexuels, des carences, de la négligence…« , liste le docteur Ghozzi. Un enfant ayant bénéficié d’un environnement sécurisé, sans carence va « comprendre qu’il mérite qu’on s’occupe de lui« . Au contraire, un enfant qui connait des manques « va avoir le système de stress activé et se sentir en danger de mort puisqu’il n’a pas les capacités de répondre à ses besoins. » À l’âge adulte, il n’en aura pas de souvenirs précis mais la mémoire implicite va jouer sur la personnalité.

Le docteur Ghozzi poursuit : « Plus âgés, la relation aux autres est fusionnelle et la gestion des émotions est compliquée. Ils supportent mal l’attachement et cela peut donner un trouble de la personnalité borderline (TPB, ndlr). » Dans certaines situations, le trauma, la mémoire peut être ravivée.

Il est donc nécessaire de prendre en charge et de mieux orienter ces patients. C’est tout l’objet de cette 3e conférence annuelle de la clinique du psychotrauma qui veut sensibiliser et former les autres professionnels de santé (médecins, infirmiers, aide-soignants, psychologues…). Le but étant de mieux travailler en réseau. D’ailleurs, cette soirée sera aussi l’occasion de présenter le nouveau centre de consultation psycho trauma du CHU de Nîmes.

Marie Meunier

3e conférence de « la clinique du psychotrauma » à l’Espace Pitot du Pont du Gard (rive droite), le jeudi 21 octobre, à partir de 19h. Informations et inscriptions dans la limite des places disponibles au 04 66 37 66 37 ou à m.torres@orpea.net. Parking gratuit. Pass sanitaire exigé. La soirée se terminera vers 21h avec un discours de clôture et un cocktail dinatoire.

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