Dès 9h, la salle Louis-Aragon prêtée par la ville d’Alès s’anime avec une quarantaine de participants en quête d’insertion professionnelle et une quinzaine de représentants d’entreprises locales. L’originalité de cette matinée réside dans son format hybride : une animation sportive suivie d’échanges directs avec les recruteurs.
Pour briser la glace et créer une atmosphère détendue, les organisateurs ont fait appel au comité départemental Handisport. Sous la supervision de cet organisme, les participants découvrent des activités comme la boccia, la sarbacane, le basket fauteuil ou encore le cécifoot. « L’idée est de mélanger les profils, explique Virginie Arbrun, chargée de mission à la fondation Face Gard. Les échanges se font de manière informelle, ce qui permet de faire tomber les préjugés et de montrer que chacun peut apporter sa pierre à l’édifice, quel que soit son parcours. » Une approche qui, selon elle, « crée un climat de confiance essentiel pour aborder ensuite les questions professionnelles ».
Cette dimension sportive n’est pas qu’un simple divertissement. Elle permet aussi aux participants de s’immerger dans une logique de dépassement de soi, une qualité souvent recherchée par les employeurs. « Les activités proposées sont accessibles à tous, poursuit-elle. Et même si elles ne sont pas directement liées aux métiers présentés, elles démontrent des compétences transversales : persévérance, esprit d’équipe, adaptabilité. »
Des métiers variés pour répondre aux besoins du territoire
Après cette phase d’échauffement, les participants et les entreprises passent aux choses sérieuses. Les employeurs présents – parmi lesquels figurent RAS Intérim, Cer France, Autocars Soustelle, DS Smith Packaging, AEC Energy Services ou encore Amaelles Vivadom – exposent leurs secteurs d’activité et les opportunités qu’ils offrent. Une diversité qui reflète les réalités économiques du Gard.
Les entreprises du transport y sont représentées, avec des postes de conducteurs de véhicules légers et de mécaniciens. Le secteur de la santé et des services à la personne est également mis à l’honneur, avec des métiers comme aide à domicile, accompagnant éducatif et social, aide-soignant ou infirmier. La petite enfance et l’animation sont aussi à l’honneur, tout comme les métiers techniques (électricien industriel, conducteur de lignes) et les fonctions supports (gestionnaire RH, comptable, responsable de production).
« Notre objectif est double, souligne Virginie Arbrun. D’abord, sensibiliser les demandeurs d’emploi à des métiers qu’ils n’auraient pas forcément envisagés. Ensuite, permettre aux entreprises de repérer des profils, même si elles n’ont pas de poste à pourvoir immédiatement. Une immersion professionnelle (PMSMP) peut ensuite être signée directement sur place, si les deux parties sont d’accord. » Un système gagnant-gagnant, qui évite aux entreprises de s’engager dans un processus de recrutement long et coûteux tout en offrant aux candidats une expérience concrète du monde professionnel.
Une initiative soutenue par un écosystème local engagé
Ce dispositif, soutenu par France Travail, l’État, le département du Gard, la ville d’Alès et l'agglomération, s’inscrit dans une démarche d’inclusion et d’innovation sociale. Depuis 2019, Face Gard anime ce club départemental, fédérant des entreprises autour de valeurs communes : stages, immersions, recrutement, achats inclusifs et mécénat.
« Chaque entreprise s’engage selon ses moyens et ses priorités, explique l’organisatrice, mais avec un objectif commun : favoriser une société plus inclusive et durable. » Le comité départemental Handisport, partenaire de cette édition, apporte une dimension supplémentaire en mettant en avant des activités sportives accessibles à tous. « Cela permet aux participants de se rendre compte des défis rencontrés par les personnes en situation de handicap, tout en valorisant leurs propres compétences », ajoute-t-elle.
Un levier concret pour l’insertion et la cohésion sociale
Pour les demandeurs d’emploi, ces « jeux d'immersion » représentent bien plus qu’une simple journée de networking. C’est une porte d’entrée vers des immersions professionnelles adaptées à leur projet, une chance de découvrir des secteurs porteurs et de se faire remarquer par des recruteurs. Pour les entreprises, c’est l’occasion de trouver des talents, de promouvoir leurs métiers auprès de publics variés et de renforcer leur ancrage territorial.
« L’enjeu est de concrétiser les rencontres, conclut Virginie Arbrun. Après les ateliers sportifs, les participants et les recruteurs discutent en individuel. Si un accord est trouvé, une convention d’immersion peut être signée dès la matinée. » Une fluidité qui peut changer la donne dans un marché du travail où les parcours linéaires sont de plus en plus rares.