« On voulait vous remercier d’être venus aussi nombreux », lance Luc, membre du collectif « En travers de la route », à la quarantaine de curieux venus assister à l’inauguration. C’est au sein d’une maison arlésienne, mise à disposition par une membre du même collectif, qu’une exposition s’est installée ce samedi. Son objectif ? Ouvrir le débat et sensibiliser à l’impact de la mise en œuvre du projet de contournement autoroutier d’Arles et des travaux qu’il impliquerait, tout en pédagogie. « On veut continuer à avoir un discours explicatif sur les éventuelles alternatives à ce contournement », explique Luc, également contributeur à l’exposition.
« L’idée, c’était de proposer aux artistes amateurs et professionnels de se rendre sur le tracé et de produire quelque chose », explique Célia, membre du collectif. L’exposition permet alors de mettre l’art au service d’une cause qui divise les Arlésiens. Peintures, photos, dessins, textes, cyanotypes ou encore vidéos ou extraits audios font la part belle à la richesse de la faune et de la flore camarguaise, qui risque d’être en partie détruite par les futurs travaux. « Ce sont des endroits où tout le monde ne va pas », souligne Luc, qui compte sur cette exposition pour « faire découvrir » les espaces menacés aux Arlésiens, nombreux à ne pas connaître ces lieux naturels.
« Donner les bons outils »
En-dehors de son aspect artistique, le collectif imagine l’exposition comme un moyen d’inciter à la réflexion, face à l’ouverture prochaine de l’enquête publique, obligatoire pour mettre en œuvre de constructions d’une telle envergure. « Il faut que les gens prennent conscience de leur rôle à jouer pour décider dans quel territoire ils veulent vivre », soutien Célia. D’autant que cette enquête va débuter le 17 novembre prochain et se poursuivre jusqu’au 19 décembre. « On aimerait pouvoir donner aux gens les bons outils pour répondre à cette enquête », ajoute-t-elle.
Conçue comme un cheminement sur les trois étages de la maison, l’exposition permet aux curieux et aux initiés d’observer les représentations de différentes espèces de plantes et d’animaux qui peuplent le territoire menacé, mais pas que. Des anciens plans cadastraux de la ville permettent également de comprendre l’évolution de l’environnement d’Arles depuis 1950.
Pour en découvrir plus, l’exposition est visible au 48 rue Fleury-Proudhon, tous les samedis et dimanches, de 13h à 17h et jusqu’au 19 décembre prochain.