« J’ai un chien, il a besoin de marcher », lance Antonio, le prévenu face au tribunal pour justifier sa présence aux abords de plants de cannabis, dans un bois à proximité de son logement de Laudun-l'Ardoise. Quelques jours plus tôt, lors d’une balade, le propriétaire de la parcelle a remarqué que des plantations, dont il n’est pas à l’origine, ont été effectuées sur ses terres. S’approchant de plus près, il constate qu’il s’agit de plants de cannabis, habilement entretenus. Des traces d’arrosages sont d’ailleurs constatées par ce dernier. Informée par le propriétaire, la gendarmerie a fait installer une caméra de surveillance dans cette zone isolée et très peu fréquentée.
Après quelques jours sans aucun passage, quel qu’il soit, le prévenu est repéré sur les images de vidéosurveillance, se baissant sur les plants, le 9 août 2025. Interrogé sur sa présence, il raconte s’être perdu lors d’une promenade avec son chien et être tombé sur ces plants de manière totalement fortuite. « J’ai fumé pendant 30 ans, mais depuis que je suis grand-père, je ne fume que du CBD », explique le prévenu de 56 ans. Pourtant, une perquisition diligentée chez le prévenu le même jour a permis la saisie de graines et d’une tête de cannabis. « J’ai jamais planté », conteste Antonio à l'audience.
« On est dans une ambiance extrêmement bucolique », ironise Stéphane Bertrand, procureur de la République. S’appuyant sur les résultats de la perquisition et sur le fait que seul Antonio s’est présenté pendant l’ensemble des surveillances, visiblement pour entretenir la plantation, le ministère public a requis 6 mois d’emprisonnement avec sursis à son encontre et une peine d’amende de 1 500 €. À l’issue des délibérations, le tribunal, présidé par Anne-Carine David a suivi les réquisitions du procureur de la République. Persuadé de son innocence, le prévenu a quitté la salle d’audience à la hâte, déterminé à faire appel de cette décision.