Publié il y a 2 h - Mise à jour le 02.04.2026 - Yannick Pons - 4 min  - vu 65 fois

CULTURE Le Barbier de Séville ovationné lors de sa première au théâtre de Nîmes

La première représentation du Barbier de Séville a été saluée par une ovation ce mercredi soir au théâtre Bernadette-Lafont de Nîmes. Mise en scène par Christophe Mirambeau pour l’Opéra de Reims, cette version accessible et rythmée du chef-d’œuvre de Rossini sera donnée une seconde fois ce jeudi.

Mercredi 1ᵉʳ et jeudi 2 avril 2026, le théâtre Bernadette-Lafont de Nîmes accueille une nouvelle production du célèbre opéra de Gioachino Rossini, Le Barbier de Séville, mise en scène par Christophe Mirambeau et présentée par l’Opéra de Reims. Créée en 2025 et destinée à tourner dans plusieurs théâtres français, cette production propose une version originale et accessible de cette œuvre emblématique du répertoire.

Arias

Créé en 1816, Le Barbier de Séville est l’un des opéras buffa les plus célèbres de l’histoire. Inspiré de la comédie de Beaumarchais, l’opéra raconte l’histoire du comte Almaviva, ici interprété par le ténor Iannis Gaussin, qui tente de conquérir la jeune Rosina, incarnée par la mezzo-soprano Eléonore Gagey, avec l’aide du malicieux barbier Figaro, rôle tenu par le baryton costaricain Andres Cascante. Déguisements, ruses et quiproquos composent une mécanique comique particulièrement dynamique. Les arias de Rossini rythment le spectacle et offrent aux solistes de superbes moments d’expression.

La mise en scène de Christophe Mirambeau s’inscrit pleinement dans la tradition du théâtre musical comique, vif et énergique. Elle met particulièrement en valeur le comique visuel et les déplacements rapides des personnages. Les gestes sont parfois volontairement exagérés, dans un esprit qui rappelle l’héritage de la commedia dell’arte, dont l’opéra buffa s’inspire largement.

Au cœur de l’intrigue, Figaro, le barbier de cette ville, s’impose comme le véritable moteur de l’action. Le baryton Andres Cascante mène l’intrigue avec vivacité et humour. Sa célèbre aria « Largo al factotum », dans laquelle il se présente comme le barbier indispensable de la ville avec le fameux refrain « Figaro ! Figaro ! Figaro ! », constitue l’un des moments les plus attendus du spectacle et met en valeur la virtuosité et l’énergie du chanteur.

Espagne franquiste

La jeune Rosina, interprétée par la mezzo-soprano Eléonore Gagey, affirme quant à elle son caractère dans l’aria « Una voce poco fa », une page musicale brillante où elle révèle qu’elle peut se montrer aussi rusée que déterminée. Le comte Almaviva, incarné par Iannis Gaussin, ouvre l’opéra avec la sérénade « Ecco ridente in cielo », chantée sous la fenêtre de Rosina. De son côté, la basse Christian Helmer prête toute sa dimension comique au docteur Bartolo, personnage autoritaire qui cherche à empêcher Rosina de se marier. Le baryton-basse Philippe Brocard incarne Don Basilio et interprète la célèbre aria « La calunnia è un venticello », décrivant avec humour la propagation d’une rumeur qui pourrait devenir calomnie.

Dans cette production, Christophe Mirambeau propose une lecture originale de l’œuvre en situant l’action dans l’Espagne franquiste des années 1950. Ce décalage historique met en lumière une société conservatrice face à une jeunesse qui tente de s’affranchir de ses contraintes. Le metteur en scène cherche ainsi à donner un écho plus contemporain aux enjeux de l’intrigue tout en conservant l’esprit fantasque et comique de l’opéra.

Accessible spectacle

Dans cette volonté de rendre le spectacle plus fluide et plus direct, les récitatifs originaux ont été remplacés par des dialogues en français. Ce choix permet de clarifier l’intrigue et de rendre l’histoire immédiatement compréhensible, y compris pour un public peu familier de l’opéra. Ça fonctionne même si en haut de la salle on entend pas parfaitement bien le texte.

La scénographie, imaginée par Casilda Desazars, repose sur un dispositif relativement minimaliste qui favorise la fluidité de la représentation. Les éléments du décor évoluent progressivement grâce à une machinerie scénique mobile de décors en Forex, accompagnant le rythme rapide de l’action. Les lumières conçues par Flore Marvaud, assistée de Julie Bardin, contribuent également à souligner les différentes ambiances de la mise en scène.

La distribution vocale donne vie aux personnages avec beaucoup d’énergie. Aux côtés des rôles principaux, Dominic Veilleux, Marion Vergez-Pascal et Charles Fraisse complètent la distribution et participent pleinement à la dynamique collective du spectacle.

La direction musicale est assurée par Sammy El Ghadab, à la tête des musiciens de l’Orchestre de l’Opéra de Reims. L’orchestre se présente ici dans une configuration plus légère avec 13 musiciens. Ce format permet de conserver la vivacité et la précision de la musique de Rossini tout en s’adaptant aux contraintes financières d’une production en tournée, dans un contexte de hausse des coûts et de réduction des subventions.

La réussite du spectacle repose également sur le travail d’une équipe artistique et technique complète. Christophe Mirambeau est assisté dans sa mise en scène par Maxime Le Gall. Les costumes sont signés Daniela Telle et Julia Brochier, tandis qu’Étienne Jacquet assure le travail de chef de chant. La régie générale et de plateau est assurée par Pierre Daubigny, avec Coralie d’Almeida comme régisseuse de scène et d’orchestre. Le maquillage et la coiffure sont réalisés par Virginie Seffar.

nimes theatre barbier de seville
Le Barbier de Séville à Nîmes • @Yannick Pons

Cette version du Barbier de Séville cherche avant tout à transmettre le plaisir du spectacle. Fidèle à l’esprit de Rossini, la mise en scène mise sur l’humour, la vivacité et la fantaisie, avec l’ambition de proposer un opéra ouvert au plus grand nombre. À découvrir encore ce soir au théâtre de Nîmes.

Informations pratiques

Le Barbier de Séville
Opéra de Gioachino Rossini
Production : Opéra de Reims
Création : 2025 — spectacle conseillé à partir de 8 ans

Mise en scène : Christophe Mirambeau
Assistant mise en scène : Maxime Le Gall
Direction musicale : Sammy El Ghadab

Scénographie : Casilda Desazars
Lumières : Flore Marvaud (assistée de Julie Bardin)
Costumes : Daniela Telle et Julia Brochier
Chef de chant : Étienne Jacquet

Solistes :
Iannis Gaussin
Andres Cascante
Eléonore Gagey
Christian Helmer
Philippe Brocard
Dominic Veilleux
Marion Vergez Pascal
Charles Fraisse

Orchestre :
Les 12 musiciens de l’Orchestre de l’Opéra de Reims
Jeudi 2 avril 2026 – 20h

Lieu : Salle Bernadette Lafont, Nîmes
Durée : 2h30 avec entracte

Régie générale et plateau : Pierre Daubigny
Régisseuse de scène et d’orchestre : Coralie d’Almeida
Maquillage et coiffure : Virginie Seffar

Production : Opéra de Reims

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