Publié il y a 1 h - Mise à jour le 25.06.2026 - Propos recueillis par Erwan Robert - 3 min  - vu 25 fois

L'INTERVIEW Émilie Peluchon : « La danse n'a aucune frontière »

ITW 1 km de danse Uzès

Le 1 km de danse : l'un des temps forts du festival.

- © Sandy Korzekwa

En ayant réuni 4 700 personnes du 3 au 7 juin, le festival La Maison Danse rassemble. Sa directrice se réjouit de voir que des danses, aux origines multiples, fédèrent autour des valeurs de vivre-ensemble.

Objectif Gard : Quels sont les trois mots qui vous viennent à l'esprit pour résumer la 30ᵉ édition de la Maison Danse ?

Émilie Peluchon : Intense, joyeux... (elle réfléchit). Intense, car il y avait un grand nombre de propositions artistiques. Il y avait plus d'ateliers, plus d'expositions. C'était un vrai tournoiement continuel. Joyeux, car c'était un festival continuellement augmenté de participants et de spectateurs. C'était très porteur pour nous. Cela nous donnait de l'énergie. Beauté, car cela permettait une rencontre entre les générations. J'ai trouvé cela hyper beau, de voir ces âges se croiser, se rencontrer, se mêler, s'interroger.

Quelles sont les valeurs véhiculées par la Maison Danse ?

C'est se rappeler à quel point nos diversités font notre force et notre humanité. L'art chorégraphique nous permet de nous relier, quelle que soit nos différences et nos ressemblances. Cela permet de créer des fondations communes. On se rend compte que l'art nous permet de nous relier à nous-même et de nous rallier. Construire ensemble fait que nous allons plus loin. Il y avait différents types de danses. C'est souvent ressorti dans les retours : "On s'y retrouve tous", c'est le but.

Comment expliquez-vous l'engouement autour du 1 km de danse ?

Le 1 km de danse, c'est déjà de ramener la danse dans la ville. C'est un évènement gratuit. C'est une manière de mettre en avant tous les pratiquants en danse du territoire, que l'on ne voit pas normalement. 170 danseurs se sont activés dans la ville. J'étais admirative. C'est très surprenant, car tu passes du country à la danse contemporaine, au hip-hop, au heels, à la rumba, au tango. On se dit : c'est incroyable le nombre de danses qui existent. La danse fait partie de la vie des gens. C'est un moment qui permet de mettre les danseurs en lumière. Nous sommes partis de la cour de la mairie pour traverser la ville et retourner sur la place des Marronniers. Marion Carriau a proposé une danse commune, qui a été activée plusieurs fois sur le parcours. Chaque groupe a redansé une minute, pour remettre en partage toutes les danses.

ITW 1 km de danse Uzès
Ce festival de danse uzétien a réuni plusieurs générations.  • © Sandy Korzekwa

Quelle est la prochaine échéance pour la Maison Danse ?

Nous irons les 26 et 27 juin dans la tour des remparts d'Aigues-Mortes, présenter une pièce de Soa Ratsifandrihana. Elle avait été accueillie au festival La Maison Danse en 2023. On l'accueille sur ce solo que l'on propose au milieu de la cour des gouverneurs. Il y a une mise en abyme. C'est vraiment une pièce qui s'adapte au lieu. C'est une compagnie professionnelle. Son projet artistique a été soutenu par les monuments historiques. Elle a choisi que nous soyons le relais.

La danse permet-elle de rapprocher plusieurs cultures ?

Je pense que la danse n'a aucune frontière. La naissance d'une danse a plusieurs origines. La danse voyage avec les humains. Je disais auparavant que la danse relie : tu n'as pas besoin de parler la même langue, tu peux te comprendre par le geste. C'est merveilleux. La danse rappelle que notre humanité est avant tout faite pour nous rassembler et non pas pour nous diviser. Les chorégraphes portent aujourd'hui un propos : ils s'imprègnent de toutes les danses. Ils le font avec du respect, de l'humilité. L'art et la culture sont le ciment de notre société.

La culture : un monde à préserver

La directrice de la Maison Danse d'Uzès a conclu son propos en tirant la sonnette d'alarme. Face à la déprogrammation de plusieurs spectacles dans le Gard et en France, Émilie Peluchon est mobilisée, afin que la culture reste une priorité. À ses yeux, les artistes doivent être valorisés plutôt qu'ignorés, le spectacle vivant davantage exposé, au lieu d'être relégué au second plan : "Baisser le budget de la culture vient fragiliser notre patrimoine", alerte-t-elle, consciente que les artistes paient le prix fort.

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Propos recueillis par Erwan Robert

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