Publié il y a 1 h - Mise à jour le 22.03.2026 - Julia Razil et Olivier Lemierre - 4 min  - vu 72 fois

MUNICIPALES Arles : Patrick de Carolis réélu avec 1000 voix d'avance sur Nicolas Koukas

La liste « Arles au cœur » conduite par Patrick de Carolis totalise 42,39 % des suffrages exprimés.

- Stéphanie Marin

Le maire sortant d'Arles a réussi son pari : battre "les communistes" et conduire un second mandat pour poursuivre "le travail de redressement de la ville". Une victoire qui n'est pas triomphale dans cette quadrangulaire inédite. Seules 1 000 voix séparent Patrick de Carolis de Nicolas Koukas dans ce scrutin qui a vu un taux de participation de 59%. Il faudra faire aussi avec le RN de Rémy Benson. Avec 13% des voix, il entend bien jouer le rôle d'arbitre. Arrivé dernier (6,7% des voix), Jean-Michel Jalabert veut, lui aussi, rester très vigilant.

Les résultats des 100 premiers bulletins dans les 35 bureaux de vote d’Arles ont donné dès 19h une tendance qui s’est confirmée tout au long de la soirée électorale. La victoire du maire sortant, Patrick de Carolis (Horizons) devançant son challenger du premier tour, Nicolas Koukas conduisant une liste de gauche. Au final, la liste "Arles au cœur" totalise 42,39 % des voix, "L’Union pour Arles" comptabilise quant à elle 37,80 % des suffrages exprimés. Arrive derrière Rémy Benson "Fiers d’être Arlésiens", le candidat RN avec 13,7 % et en quatrième position Jean-Michel Jalabert "Plus proche d’Arles" dont les voix ont fondu de moitié entre le premier et le second tour (13,69 % contre 6,73%).

Patrick de Carolis a été acclamé ce dimanche soir à l'annonce des résultats. • Stéphanie Marin

Patrick de Carolis, lors de l’entre deux tours, avait lancé un message à tous les électeurs ne désirant pas "un retour du communisme, de l’immobilisme" à Arles : "votez utile, votez pour nous". Et il semble avoir été entendu notamment par les électeurs de Jean-Michel Jalabert et une partie des électeurs RN. 

Joie et soulagement. Peu après 20h30 ce dimanche soir c'est aux cris de "Patriiiiiiick!" que le maire sortant est apparu dans la salle d'honneur de l'Hôtel de Ville. Sous les hourras, les acclamations et les "On a gagné !", Patrick de Carolis a pris la parole, entouré de ses colistiers, devant la presse et une foule de partisans. Vainqueur de ce second tour avec 42,39% des voix -- soit 1 000 de plus que son principal adversaire, Nicolas Koukas -- le maire a remercié tous ceux et celles qui l'ont suivi. "Cette confiance m'honore et traduit la volonté de poursuivre l'élan entamé en 2020. (Les électeurs) ont perçu l'enjeu de ce rendez-vous, a-t-il insisté. Celui de ne pas revenir au système communiste qui a fait tant de mal à notre ville."

"Sans cette division sortante, nous aurions été reconduits dès le premier jour"

Si au soir du premier tour, il avait exhorté son ancien premier adjoint, à se retirer "afin de ne pas servir de tremplin au candidat communiste", c'est visiblement vers la liste "Arles au coeur" qu'une majorité des électeurs de Jean-Michel Jalabert se sont tournés ce dimanche. "J'observe que près de la moitié des électeurs de M.Jalabert a fait preuve de responsabilité, qu'ils en soient ici très sincèrement remerciés. Sans cette division sortante, nous aurions été reconduits dès le premier tour, a ipointé Patrick de Carolis. Ce soir, il est de notre responsabilite de fédérer toutes les énergies."

Fédérer, en effet, sera l'un des principaux défis de la prochaine mandature, 8 304 Arlésiens lui ayant préféré Nicolas Koukas. Du côté du QG de la tête de liste "L'Union pour Arles", l'ambiance était forcément toute autre ce dimanche soir. Pas à la fête. "Je ne veux pas voir une larme", a demandé Nicolas Koukas à son équipe et ses soutiens, avant de, une fois n'est pas coutume, lire sa déclaration. "Les résultats sont clairs, la liste de Patrick de Carolis l'emporte, je le félicite pour sa victoire", a-t-il affirmé avant de remercier tous ceux et celles qui lui ont fait confiance. "C'était un bel enjeu, un beau défi" que celui de faire l'union. "C'est uniquement dans l'union qu'on peut faire de beaux scores. Il suffit de voir les résultats catastrophiques ailleurs dans la région. Nous ne sommes qu'à 3% du score de Patrick de Carolis, qui, je le rappelle avait récolté 58% des voix en 2020. C'est un bon score que nous avons fait ce soir!" a-t-il martelé.

Nicolas Koukas a laissé planer le doute quant à son avenir au sein du conseil municipal. • Stéphanie Marin

Et Nicolas Koukas de laisser planer le doute quant à son avenir au conseil municipal d'Arles : "Le combat va continuer différemment mais avec la même détermination. Rien ne s'arrête, tout va commencer autrement. Nous avons été résistants, il y aura d'autres combats qui arriveront, et des victoires assurément. L'engagement public est pluriel, il se fait au conseil municipal et ailleurs", a-t-il glissé. Dans quelques jours, il devrait préciser sa pensée.

Tristesse dans les rangs de Nicolas Koukas.  • Stéphanie Marin

De son côté, Rémy Benson, tête de la liste RN "Fiers d’être Arlésiens", avec 13 % des suffrages enregistre une baisse de 3 % par rapport au premier tour. Un peu déçu, mais pas vraiment surpris, il constate qu’une partie de ses électeurs "n’a pas voulu que la ville passe à gauche. Ils ont reporté leurs voix sur la liste de Patrick de Carolis, mais nos fidèles sont restés contrairement à ceux de monsieur Jalabert qui ont massivement voté pour le maire sortant". Pour l’avenir, Rémy Benson affirme qu’il pratiquera une opposition pragmatique au sein du nouveau conseil municipal. "Nous voterons les délibérations qui vont dans le sens de notre programme, de nos valeurs, et nous voterons contre celles qui seront défavorables à l’intérêt des Arlésiens. Il faudra compter avec nous tant pour la commune que pour l’agglomération, nous jouerons un rôle d’arbitre, surtout avec la victoire du RN à Tarascon."

Avec 13% des voix, Rémy Benson (RN) entend jouer un rôle d'arbitre au sein du conseil municipal et d'ACCM. • O.L.

Dans son QG de la place Antonelle, l’ambiance n’était pas à la tristesse pour Jean-Michel Jalabert et ses colistiers. Bien sûr le score est décevant : 6,73 %, deux fois moins de voix qu’au premier tour. Mais pour l’ex-premier adjoint démissionnaire à l’automne, cela s’explique tout à fait. "La peur du retour de la gauche à Arles a joué en faveur de la liste de droite la mieux placée. Le plus important, c’est l’écoute, la dynamique de notre liste qui, partie de rien il y a quatre mois, a séduit 14 % des électeurs au premier tour. Je siègerai au conseil municipal, peut-être serons nous deux, ce qui serait deux fois mieux. Je porterai la voix de nos électeurs, et je serai très vigilant sur la réglementation des décisions prises en conseil municipal. Nous ferons en sorte que notre équipe poursuive le dialogue et la concertation avec les Arlésiens, c’est leur première attente et nous y répondrons". Et de conclure : "Pour moi, ce résultat n’est pas le meilleur pour notre ville qui ne méritait ni Patrick de Carolis, ni Nicolas Koukas pour les six années à venir. Nous étions l’alternative, j’en reste convaincu." L'installation du nouveau conseil municipal d'Arles devrait avoir lieu le samedi 28 mars.

L'équipe de Jean-Michel Jalabert a gardé le sourire malgré un score amputé de moitié par rapport au premier tour.  • Stéphanie Marin

Julia Razil et Olivier Lemierre

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