Pas de grève. En tout cas, pas encore. Mais un rassemblement de plusieurs heures.
Ce mercredi 20 mai, la CGT Transports Urbains d'Arles a appelé à se mobiliser, près du dépôt Transdev, en zone nord. Un mouvement de colère pour "dénoncer (leurs) conditions de travail et défendre (leurs) droits" auquel s'est joint leurs collègues de Transdev Vitrolles, Nice, Antibes, Pau ; ceux de la RTM Marseille ou bien encore les directions fédérales de Chambéry, Pau, Lille et Reims.
"Le climat social est tendu depuis plusieurs mois", avancent Ali Benmidoune et Hanane Ouaouich, élus CGT à Transdev. Il y a notamment la question des salaires bloqués et des négociations annuelles obligatoires (NAO), "mais l'élément déclencheur ce sont les huit licenciements abusifs de ces derniers mois. Dont certains concernent des salariés avec 30 ans d'ancienneté ! Il y a une telle pression sur les salariés que certains n'osent plus s'arrêter quand ils sont malades. Ils ont peur d'être licenciés." Tous deux parlent de "salariés en souffrance".
"Le directeur de Transdev Arles a décidé de s'attaquer à l'abstentéisme, qui est de l'ordre de 30%, ce qui est énorme. Et qui a un réel impact sur les usagers. Mais au lieu de s'attaquer aux causes de cet absentéisme, il a décidé de licencier les absents. Et il est plus que léger sur les griefs reprochés", ajoute Nicolas Bourcy, le secrétaire général de l'Union locale CGT arlésienne. "Si ce taux existait déjà avant son arrivée, licencier les absents, c’est bien sa signature à lui." Un management que le secrétaire de l'UL juge "brutal". Les huit salariés licencés -- 6 chauffeurs et 2 contrôleurs maîtrise -- ont d'ailleurs, tous, porté leur affaire en justice.
Un dialogue social en panne
Ce mercredi, une petite délégation syndicale a été reçue pendant près d'une heure par le directeur de Transdev Arles. "Nous sommes venus dans le but de renouer le dialogue, explique Patrick Rispal, responsable Transports urbains à la fédération des Transports. Ici, à Arles, la situation est particulière. La question du dialogue social au sein de l'entreprise est primordiale. La CGT doit être un acteur important de ce dialogue. Or, on s'aperçoit dans ce contexte, que la majorité des procédures de licenciements que nous dénonçons concernent des salariés adhérents de la CGT. C'est inquiétant."
Au terme de cette réunion, "pas d'engagements, pas d'échéances". "Nous restons vigilants pour la suite. Nous sommes dans l'attente des retours d'un questionnaire élaboré sur les conditions de travail dans l'entreprise et adressé à tous les salariés (115, Ndlr)." Car, ce que pointe également le syndicat, c'est un "dysfonctionnement" de la CSSCT (Commission santé sécurité et conditions de travail). Et de conclure, sans équivoque : "Si rien ne bouge sur le dialogue social ou sur la pression exercée sur les salariés -- à laquelle nous avons assisté aujourd’hui même --, nous reviendrons."
Contactée par notre rédaction, la direction n'a, à cette heure, pas répondu à nos sollicitations.