Le 31 mars 2026, une centaine de militaires était mobilisée pour mettre fin à un réseau organisé de narco-livraison opérant notamment à Saint-Rémy-de-Provence, Eyragues, Maillane, Châteaurenard etc. L’enquête, conduite sous la direction du parquet de Tarascon et menée par la brigade de Saint-Rémy-de-Provence avec l'appui de la brigade de recherches d'Arles et de la cellule Atlas, a débuté en novembre à la suite d’un renseignement anonyme. À la tête du réseau, un individu, âgé d'une vingtaine d'années, basé à Tarascon. "C’était un fonctionnement par SMS où il passait des commandes, il commanditait ses livreurs", précise le lieutenant-colonel Sylvain Guilhon, commandant de la compagnie d’Arles. Sept livreurs assuraient ensuite les tournées, alimentant plusieurs communes en cocaïne, cannabis et ecstasy.
L’opération judiciaire a permis l’interpellation simultanée des huit suspects ainsi que la convocation de 50 consommateurs identifiés. "Notre objectif, c’est d’avoir une action multidomaine […] mais aussi d’avoir une action sur les consommateurs. S’il n’y a plus de consommateurs, il n’y a plus de trafic", souligne le lieutenant-colonel Sylvain Guilhon.
Les perquisitions ont conduit à la saisie de deux kilogrammes de stupéfiants, de six véhicules, de nombreux articles contrefaits et de plus de 50 000 euros d’avoirs criminels. Une procédure pour blanchiment d’argent a également été ouverte.
Trois individus, suspectés d'être les principaux organisateurs du réseau, ont été placés en détention provisoire - dans l’attente de leur procès - après leur comparution immédiate vendredi dernier, devant le tribunal judiciaire de Tarascon. Les cinq autres mis en cause ont fait l'objet d'une COPJ et seront donc convoqués ultérieurement. Parallèlement, des mesures administratives pourraient être engagées sous l'autorité préfectorale, dans le cadre de la loi du 13 juin 2025 : expulsion locative, interdiction de paraître dans certains lieux en lien avec le trafic de stupéfiants, etc.
Cette opération s’inscrit dans une stratégie offensive revendiquée par la gendarmerie. "On est sur une quinzaine de procédures depuis le début de l'année, dont deux réseaux d’ampleur démantelés", précise le commandant de la compagnie d’Arles.