Publié il y a 1 h - Mise à jour le 24.03.2026 - Rose Macauley - 3 min  - vu 564 fois

AU PALAIS Mort de Sihem : audition des témoins, « c’était ma meilleure amie »

Assises, box des accusés, Gard, Palais de justice de Nîmes

C'est depuis ce box, dans la salle d'audience de la cour d'assises du Gard, que Mahfoud Hansali écoute avec attention les différentes prises de parole.

- R.M.

Les témoins et amis de la jeune Sihem, dont le corps a été retrouvé sans vie en 2023 au niveau d’un chemin de randonnée de La Grand’Combe, ont pris la parole devant la cour d’assises du Gard. L’occasion pour les jurés et les magistrats de tenter d’éclaircir le mobile de ce crime sordide.

L’émotion a envahi la salle d’audience de la cour d’assises du Gard, en ce deuxième jour du procès de Mahfoud Hansali, accusé de meurtre en récidive de celle qui gardait ses enfants et qui était aussi la cousine de son ex-femme. Tour à tour, les amis proches de la lycéenne, qui a perdu la vie dans la nuit du 26 janvier 2023 dans le secteur d’Alès, sont venus parler de leur amie, souvent dans les larmes. « Sihem, c’était ma meilleure amie », explique une jeune étudiante, main tremblante à la barre. Les deux jeunes femmes, se connaissent depuis leur 10 et leurs 12 ans.

Tous consolident la version selon laquelle le prévenu aurait proposé un plan à la lycéenne. Une sombre histoire de faux kidnapping où Sihem jouerait la victime, ligotée. Mahfoud devait ensuite prendre une photo et l’envoyer à un intermédiaire, prétendument contre 100 000 €. 10 % de cette somme devait ensuite être reversée à la jeune majeure. « Elle savait que je ne l’aurais jamais laissé faire ça, c’était un risque énorme », explique la meilleure amie de la victime, assurant ne pas avoir été mise au courant du plan décrit comme « foireux » par un autre de ses amis.

« Je ne savais pas que
ça irait jusque-là »

Une de ses camarades de classe fait état d’un appel le jour des faits. « Elle m’a dit qu’elle était stressée, car elle allait faire le plan avec Mahfoud ». Interrogée par le président sur sa réaction en apprenant que le plan était en marche, elle soutien « je ne savais pas que ça irait jusque-là », en pleurs. « Si j’avais su je serais allée jusqu’à chez elle, j’en aurait parlé à ses frères, j’aurais appelé la police… », ajoute la jeune étudiante infirmière.

Interrogés sur l’éventuelle relation entre le meurtrier présumé et sa victime, les membres du cercle proche de Sihem rejettent en bloc cette version. « Ils se parlaient uniquement pour les enfants ou parce qu’on n’arrivait pas à communiquer à un moment donné, mais c’est tout », explique l’ex-compagne de l’accusé et cousine de la victime. D’autant que la mère de famille décrit sa relation avec sa cousine comme « très proche ». « Elle avait les clés de chez moi, elle venait souvent et s’occupait beaucoup de mes enfants ».

Une relation fraternelle ?

La version d’une relation plus fraternelle qu’amoureuse a également été relayée par les amis et collègues de la victime. « Si elle avait eu une relation avec lui, elle me l’aurait dit », lance son meilleur ami et collègue de travail. « Elle était belle et jeune, je ne pense pas qu’elle puisse être intéressée par ce genre d’homme », explique un autre de ses plus proches amis, avec qui elle à, entre-autres, passé une partie de la journée, la veille de sa disparition. La meilleure amie de la victime qualifie d’« impossible » l’existence d’une éventuelle relation. Pourtant, Christian Pasta n’a pas manqué de lui rappeler que Sihem était amenée à lui cacher des choses, notamment concernant le prétendu plan ayant conduit à son décès ce soir-là.

Depuis le box, Mahfoud Hansali garde la tête haute, l’air narquois et le regard fixe. Malgré les propos portés par les différents témoins entendus au cours de la matinée, le mobile de l’accusé conduisant à la mort de Sihem reste flou. D’autant que la défense, menée par les maîtres Jean-Marc Darrigade et Florent de Saint Julien s’attarde sur les quelques incohérences de la version des proches. Excitation de la victime la journée de sa mort, conversations entre Sihem et Mahfoud sur la plateforme cryptée Signal ou encore échanges SMS entre la maman de la victime et sa cousine évoquant que Mahfoud aurait « attendu qu’elle ait 18 ans ». Un sous-entendu qui, selon eux, corrobore la thèse de la liaison amoureuse. Le brouillard ne pourra être levé que par l’interrogatoire de l’accusé, s'il le décide. Il sera entendu cet après-midi.

>> Lire aussi : FAIT DU SOIR Mort de Sihem - "un meurtrier au caractère psychopatique"

Rose Macauley

Gard

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