« Les élèves parlent le taki taki, la langue du fleuve »
Marion Pouedras rejoint à la rentrée le plus grand collège du Gard, à Vauvert. Elle enseignait l’an dernier à la frontière de la Guyane et du Surinam, dans un lycée construit en maisonnettes en bois.
L’imprimante, les affaires personnelles, des meubles… tout a été emballé dans des cartons le 13 juin. Direction le porte-container. Il y a de longues procédures administratives au départ, à l’arrivée, et trois semaines de voyage en mer. « On espère que tout sera arrivé à Marseille fin août », souhaitent Marion Pouedras et Jacob Hancquart. Début septembre, ils entament une nouvelle vie. Après quatre ans à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, ces trentenaires s’installent dans le Gard. Marion enseignera l’anglais au collège de Vauvert. Jacob sera affecté dans une école gardoise.
Jacob, 34 ans, a passé son bac en Guyane, lorsque ses parents fonctionnaires travaillaient dans ce département d’outre-mer. Après des études d’anglais à Toulouse, il retourne passer le concours de recrutement de professeur des écoles à Cayenne. Son dossier administratif se perd. Cet imbroglio le contraint à repasser l’examen dans l’académie de Paris. Il le réussit et exerce dans le très paupérisé XVIIIe arrondissement de Paris. Sa compagne Marion enseigne dans un collège REP+ de Sarcelles. Tous deux partent en vacances en Guyane. L’année suivante, ils demandent leur mutation. Une pure formalité.
Académie très peu attractive
« C’est une académie très déficitaire …