Objectif Gard : Comment qualifiez-vous 2025 pour l’activité du SDIS 30 ?
Colonel Carret : Ce n’est pas une année anodine parce que c'est une année où on a fait la Une des journaux et potentiellement on pourrait penser qu’il ne s’est rien passé dans le Gard.
Ce qui est faux ?
Il s'est passé plein de choses, mais l'efficacité du système a été correcte, aucun feu n’a dégénéré et on est là pour ça. Ça a été une année très intense. En termes d'hélicoptères bombardiers d'eau, c’est la deuxième année avec le plus d’activité. Il y a eu des gros feux dans l’Hérault et les Bouches-du-Rhône et nous étions au même niveau en termes de risque. Il y a aussi un petit facteur chance qui a fait que les départs de feu se sont enchainés et qui n'ont pas mis en difficulté notre dispositif.
En termes d'activité, 2025 a été une grosse année ?
Moins qu'en 2022, mais c’est une année qui a été relativement intense et nos chiffres opérationnels sont toujours en augmentation. Il y a la saison des feux de forêts mais aussi l’activité de tous les jours dans un département touristique.
L’incendie de Montdardier a été le fait marquant de l’année dernière. Comment l’avez-vous combattu ?
C’est un feu qui part des Cévennes et qui est détecté tardivement. L’origine du feu est un oiseau qui s’est posé sur une ligne électrique et qui s’est électrocuté. Ce feu s’est déroulé en même temps que celui de Marseille, qui a mobilisé la majorité des moyens aériens au détriment de Montdardier, mais ça fait aussi partie des critères de choix. On l’a traité avec des moyens terrestres et des feux tactiques allumés dans la nuit pour éviter que l’incendie se propage dans une zone sensible.
Dans le Gard, des zones sont-elles plus exposées que d’autres ?
Comme toujours, c’est la présence humaine qui génère le risque-feu. Ce sont les zones qui sont les zones urbanisées, les zones de circulation où on a effectivement le plus de départs de feu que des zones éloignées. Ça ne veut pas dire que les zones éloignées ne sont pas des zones qui posent un problème parce que, comme elles sont effectivement éloignées, moins urbaines, on a souvent des détections tardives, donc il faut aussi faire très attention. D'ailleurs, nos deux hélicoptères sont positionnés de façon à couvrir l'ensemble du département en moins de 15 minutes.
En observant 2025, peut-on anticiper 2026 ?
Non pas du tout, la seule chose qu'on mesure si je prends un peu de recul, c'est qu’effectivement à cause du réchauffement climatique, on a, on a quand même une fréquence de journées à risque qui augmente, on a surtout des feux qui sont beaucoup plus virulents qu'avant. C'est un vrai sujet, mais on a aussi une évolution de la nature avec des zones agricoles qui sont abandonnées, avec des modes de culture agricoles qui évoluent. Les zones d'appui qui étaient des zones agricoles permettaient de gérer les gros feux. Ces zones d'appui n'existent plus.
Vous allez quitter le Gard, à la fin du mois, parlez-vous de votre prochaine fonction ?
Je vais prendre la responsabilité d'être le conseil national de forêt pour le chef d'état-major de la sécurité civile qui est placé auprès du directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises.
Que retiendrez-vous de votre passage dans le Gard ?
L'engagement de l'équipe qui a bossé avec moi. Par rapport à mon arrivée en 2017, on est arrivé à monter de façon très très importante la qualité du secours distribué à la population et le niveau de sécurité pour les sapeurs-pompiers. C'est une vraie victoire collective. La deuxième vraie victoire, et c'est peut-être la plus importante, c'est qu'en neuf ans, on n'a pas eu de pépin grave et on n'a pas perdu de sapeur-pompier.