Objectif Gard : Quel était l'intérêt principal de l'assemblée générale des buralistes du Gard ?
Ghislaine Mazoyer : C’est très important parce que nous revenons sur l’actualité de l’année écoulée. Cela nous permet d’échanger avec les instances comme les douanes et la gendarmerie.
C’est aussi l’occasion d’aborder les préoccupations des buralistes ?
Bien sûr et c’est toujours pareil. Il y a le trafic transfrontalier avec l’Espagne, et les épiceries de nuit. Nous avons aussi évoqué l’insécurité car nous subissons des braquages et cambriolages.
Diriez-vous que c’est de plus en plus difficile d’être buraliste ?
C’est compliqué parce que nos revenus baissent en raison de tous les trafics. Malheureusement nos charges restent les mêmes et il faut subsister.
Vous y parvenez de quelle façons ?
On se diversifie avec le paiement de proximité, les relais colis et tout ce qui peut compenser les pertes, mais nous n’y arrivons pas. Dans le Gard, pratiquement tous les buralistes subissent une baisse de leur chiffre d’affaires.
Avez-vous des propositions à faire à l’État pour améliorer la situation financière des buralistes gardois ?
Nous avons beaucoup d’attentes. Nous voulons plus d’augmentation du prix du tabac car en Espagne, le paquet de cigarettes est à 6 €, alors que chez nous il coûte 13 €. Nous demandons aussi une revalorisation de notre rémunération tabac et jeux. Depuis des années, notre rémunération Française des jeux n’évolue pas et il n’y a que 5 % du prix du jeu qui est reversé au buraliste. Pour le tabac, c’est 8,35 % du prix du paquet.
Des secteurs géographiques sont plus impactés que d’autres dans le Gard ?
Oui, notamment en ville, comme Nîmes et Alès, parce qu’il y a la concurrence des épiceries de nuit. Dans certains secteurs, les buralistes ne vendent plus rien et sont en liquidation. Mais dans les villages, c’est aussi difficile parce que les clients désertent les bureaux de tabac.
Pensez-vous que la stratégie de l'État pour faire chuter le nombre de fumeurs est la bonne ?
Non et on est tous énervés. Les clients nous disent qu’ils sont allés acheter les cigarettes en Espagne. Nous ne pouvons pas leur en vouloir, car c’est une question de pouvoir d’achat. On ne blâme pas le client. La France a voulu faire baisser le nombre de fumeurs, mais elle n’y est pas parvenue. Le problème s’est juste déplacé. On a toujours autant de fumeurs, mais ils ne viennent plus chez nous. L’État perd des milliards d’euros de taxes, les buralistes aussi, mais ça n’a pas l’air de gêner les autorités qui ont pourtant besoin d’argent.
Que revendiquez-vous au sujet des commerces qui vendent illégalement du tabac ?
À Nîmes, il y a beaucoup d'épiceries de nuit qui sont fermées temporairement par la préfecture, mais ce n’est pas suffisant. Pour nous, il y a urgence, il faut fermer définitivement les commerces hors-la-loi.