Comme chaque dernier dimanche d'avril depuis la loi du Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation a cette année encore célébré la mémoire des victimes de la déportation durant la Seconde Guerre mondiale. Une journée d'hommage pour ne pas oublier, et surtout de pas reproduire.
À Nîmes, « Le chemin courageux du témoignage »
La Journée du souvenir des victimes de la déportation permet de sensibiliser le milieu scolaire à l'internement et aux déportations de répression et de persécution. Des actions éducatives sont entreprises afin d'informer et d'inciter les élèves à se poser des questions, en lien avec les fondations et les associations de mémoire.
Mais ce dimanche matin, devant le monument aux morts des Martyrs de la Résistance et de la Déportation, il n’y avait point d’écoliers, de collégiens ni de lycéens. C’est Jean-Paul Boré le président de la délégation du Gard de l’AFMD (Les amis de la fondation pour la mémoire de la déportation), qui a rappelé : « Les survivants ont pris le chemin courageux du témoignage. »
À ce jour, il a été recensé 1 161 déportés gardois (262 femmes et 899 hommes), 670 pour des raisons politiques (491 juifs dont 66 enfants) et 719 décès lors de cette déportation, dont 440 juifs (61 enfants) et 279 politiques. Seulement 442, dont 65 juifs et 377 politiques, ont pu rentrer dans le Gard à l’issue de la Seconde Guerre mondiale.
À l’issue de cette unique prise de parole, les représentants institutionnels ont participé au dépôt de gerbes dans la crypte du monument. La cérémonie s’est ensuite terminée par la sonnerie aux morts, une minute de silence et la Marseillaise.
À Alès, "sensibiliser pour armer"
C'est en petit comité, avec "quelques jeunes présents, mais trop peu nombreux" que l'hommage a été rendu à Alès. Un homme à "celles et ceux arrachés à leur vie et à leur humanité", victimes des horreurs nazies. Alors que Roger Bogdanski, président de l'Union Locale des Anciens Combattants et victimes de guerre est revenu sur l'histoire, condamnant fermement "le travail forcé, la soif, la faim et le traitement infligé aux victimes du Reich" à l'époque, jusqu'à "la déshumanisation pseudo-médicale et la mort par le gaz", le maire a parlé futur : "L’indifférence est le terreau de toutes les dérives, prévient Christophe Rivenq. Nous devons sensibiliser les jeunes, non pas pour les accabler mais pour les armer, qu’ils soient vigilants."
La cérémonie s'est conclue par une remise de médaille à Stéphane Duong, directeur de la police municipale alésienne.