Publié il y a 1 an - Mise à jour le 14.01.2023 - Anthony Maurin - 2 min  - vu 1434 fois

GARD L’eau, une ressource menacée

Phénomène de pollution dans un ruisseau de Saint-Martin-de-Valgalgues. Photo DR/OG

Depuis plusieurs années, la France connaît des étés secs, voire caniculaires. Les nappes phréatiques sont asséchées et le stress hydrique subi par la végétation est accentué par le déficit pluviométrique important.

Ce phénomène n'est toutefois pas récent. Depuis que les relevés météorologiques existent, les étés excessivement chauds ont été fréquents. Ce qui est nouveau, c'est la répétition de ces phénomènes sur un été. On parle de vagues de chaleur. Leur durée et leur intensité, parfois plus de dix journées consécutives où le mercure dépasse les 36°C, ne permet pas de faire descendre le thermomètre en-dessous des 24°C la nuit.

Sècheresse (photo d'illustration Norman Jardin)

Le 28 juin 2019, les départements du Sud, dont le Gard, ont connu un épisode de chaleur d'une intensité exceptionnelle pulvérisant tous les précédents records de chaleur. Le mercure est monté jusqu'à plus de 45°C à Gallarques-le-Montueux, juste derrière Vérargues dans l'Hérault qui détient le record national avec 46°C. Ces épisodes dits exceptionnels devraient se reproduire dans les décennies à venir, obligeant à repenser la gestion de l'eau tant pour les besoins humains qu'agricoles.

Industrie et pollution des rivières

La pollution industrielle n'est pas plus nouvelle que la sècheresse. L'eau sortant des tanneries et des filatures était déjà exécrable, causant de nombreuses intoxications. Les établissements dangereux et potentiellement insalubres étaient d'ailleurs recensés. On y retrouve de nombreuses filatures durant l'essor de l'activité séricicole dans le Gard (dans la deuxième moitié du XIXe siècle).

Phénomène de pollution dans un ruisseau de Saint-Martin-de-Valgalgues. Photo DR/OG

Réglementairement, il faut toutefois attendre une loi du 20 avril 1932 pour une réelle prise en compte des risques industriels en matière de pollution.

La pollution agricole

Le département du Gard étant plus rural qu’autre chose, ses plaines sont cultivées. Mais aussi les flancs de ses montagnettes. L'essor de l'agriculture intensive avec l'usage incontrôlé des engrais et des pesticides dépasse largement la capacité d'autoépuration des milieux terrestres et aquatiques en s'accumulant dans les écosystèmes dont les rivières et les nappes phréatiques. En effet, les engrais (nitrates, composés d'azote et phosphates, composés de phosphore) et les pesticides (fongicides, herbicides et insecticides) sont les deux principaux types de substances à l'origine des pollutions agricoles. Les nitrates et les phosphates, éléments nutritifs essentiels à la croissance des plantes, contaminent les nappes phréatiques lorsqu'ils sont utilisés à trop fortes doses. Ils se retrouvent dans les cours d'eau favorisant par l'excès de nutriment la végétation aquatique.

Les tracteurs n'étaient pas les plus polluants... Loin de là (Photo Archives S.Ma)

La respiration des plantes diminue la quantité d'oxygène nécessaire aux espèces animales. On retrouve les pesticides dans de nombreuses régions comme en Occitanie pour la viticulture. Des mesures effectuées en 2013 ont montré que les cours d'eau du Gard, Vidourle et Cèze notamment, n'étaient pas épargnés avec 10 à 20 microgrammes relevés par litre.

Ces pollutions d'origine agricole se retrouvent dans la mer après avoir contaminé les rivières et les nappes phréatiques. Des moyens existent pour remédier à long terme à cette pollution, comme la restitution de zones humides, jouant le rôle de filtre naturel ou encore la plantation de haies. Au boulot !

140 agents sur le pont pour un exercice de simulation d'une pollution maritime. (Photo : Préfecture du Gard)

Anthony Maurin

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