Publié il y a 1 h - Mise à jour le 06.04.2026 - BP et CD - 4 min  - vu 113 fois

FAIT DU JOUR Pour Pâques, les chocolatiers gardois redoublent encore d'inventivité

Les fameux bolides en chocolat, innovation 2026 pour faire rayonner les yeux des enfants.

- Crédits : Baptiste Petit

Au 5 square de la Bouquerie, en plein cœur de Nîmes, les chocolatières Courtin s'affairent depuis plusieurs semaines pour préparer Pâques, un moment crucial dans la saison pour lequel elles ont créé des bolides en chocolat. À Alès, la pâtisserie Victoria Bruno mise sur la valeur sûre : le chocolat au lait, cher aux enfants.

La vitrine déborde de couleurs et de formes, et l'odeur du chocolat envahit le square dès que l'on pousse la porte. Dans cette boutique à la fois chaleureuse et gourmande, le temps semble suspendu, loin de l'agitation du monde et des turbulences des marchés financiers qui font trembler la filière cacao depuis plusieurs mois.

L'équipe de la chocolaterie Courtin.  • Crédits : Baptiste Petit

Des nouveautés qui font la différence

Chaque année, la maison Courtin s'attache à proposer de nouvelles créations qui viennent enrichir les classiques que les fidèles clients attendent avec impatience. Cette année, la grande nouveauté, c'est le bolide de sport. Une petite voiture en chocolat, accompagnée d'un petit personnage, qui a tout pour séduire les plus jeunes. Mais ce sujet a une particularité que peu de chocolats peuvent revendiquer : il est conçu pour durer au-delà de la dégustation. "En fait, le petit sujet, l'enfant le gardera pour s'amuser", explique-t-on en boutique avec le sourire. Une façon maligne de transformer un plaisir éphémère en souvenir qui reste.

Les fameux bolides en chocolat, innovation 2026 pour faire rayonner les yeux des enfants. • Crédits : Baptiste Petit

Mais la voiture n'est pas la seule nouveauté de cette édition 2026. La maison a également imaginé des nids avec des oiseaux et des ruches avec leurs petites abeilles, deux créations qui évoquent le renouveau printanier et l'éveil de la nature. Des sujets poétiques, dans l'air du temps, qui viennent compléter un catalogue déjà bien fourni. Car les grands classiques sont toujours là, fidèles au poste : poules, cloches, œufs bien sûr, mais aussi les petits chats, les petits hiboux et la désormais incontournable licorne. "Un bel assortiment", résume sobrement la vendeuse, avec la fierté tranquille de ceux qui savent que le travail est bien fait.

La hausse du cacao ? Courtin absorbe le choc

C'est le sujet qui préoccupe toute la filière chocolatière depuis plusieurs mois. Le prix du cacao a atteint des niveaux historiques sur les marchés internationaux, une flambée inédite liée aux mauvaises récoltes en Afrique de l'Ouest, principale région productrice mondiale. Pour beaucoup de chocolatiers, la question d'une répercussion sur les prix de vente s'est posée avec acuité. Chez Courtin, la réponse a été claire et sans équivoque : on ne touche pas aux prix des sujets de Pâques. "Oui, il a augmenté. Et nous, on n'a pas augmenté notre prix de sujet de Pâques. On a laissé les mêmes prix que l'année dernière", confirme la vendeuse.

La Maison Carrée en chocolat au mileu de nombreux produits. • Crédits : Baptiste Petit

Un choix fort, qui témoigne d'un attachement sincère à la clientèle nîmoise, et d'une volonté de ne pas pénaliser les familles à un moment de l'année qui est avant tout synonyme de partage et de plaisir. Et visiblement, ce geste est apprécié. La fréquentation de la boutique ne semble pas souffrir du contexte économique tendu. "Je n'ai pas trouvé que ça s'était limité", observe la vendeuse. Les clients continuent de venir, de choisir, de s'offrir quelques instants de douceur sucrée au cœur de cette période printanière.

Quant à l'impact des tensions géopolitiques mondiales sur l'approvisionnement en matières premières et la production de chocolat ? Là encore, la réponse est rassurante. "Pour l'instant, je ne le ressens pas", dit-on au comptoir. Une sérénité qui contraste avec les signaux d'alarme que lancent certains industriels du secteur, et qui s'explique sans doute par le modèle artisanal de la maison, moins exposé aux soubresauts des marchés mondiaux que les grands groupes.

Noël devant, Pâques derrière, mais les deux comptent

Contrairement à une idée reçue tenace, Pâques n'est pas la période reine pour les chocolatiers. Lorsqu'on aborde la question des saisons commerciales, la vendeuse de Courtin ne laisse aucune ambiguïté : "Noël est beaucoup plus important. Et après, en deuxième position, c'est Pâques." Un classement qui peut surprendre, tant l'association entre Pâques et chocolat paraît évidente et quasi universelle dans l'imaginaire collectif.

Mais la différence s'explique facilement. À Noël, la chocolaterie reçoit de grosses commandes des entreprises du coin "À Noël, on travaille avec les entreprises et ils font beaucoup de commandes de ballotins." Pâques, en revanche, "c'est très famille. Les familles se reçoivent, avec beaucoup d'enfants." Deux dynamiques qui sont donc totalement différentes.

Et si le contexte général a pu peser en amont sur le moral des consommateurs et freiner temporairement les achats, la dynamique semble s'être bien rétablie à l'approche du week-end pascal. "Ça a impacté en amont. Et là, maintenant, non. En fait, les fêtes sont bien fêtées quand même. Surtout Pâques avec la chasse aux œufs et les traditionnelles cloches.

"Toujours un gros week-end"

La rue Albert 1ᵉʳ d'Alès fait elle dans le classique, toujours efficace et prisé : "On fait des chocolats au lait, avec 38 % de cacao, et du chocolat noir à 70%. Les graines proviennent d'Afrique ou d'Amérique du Sud. Tous nos sujets sont garnis de petits œufs pralinés, de la nougatine, des petites fritures maison avec des goûts différents. Les nids en meringue avec des petits œufs et petits paquets de chocolat fonctionnent très bien", présente la pâtisserie Victoria Bruno.

pâtisserie Victoria Bruno Pâques
RF

Là aussi, la passion pour Pâques et sa gourmandise ne faiblit pas, surtout qu'elle "s'adresse davantage aux enfants". Ce pourquoi le chocolat au lait reste le produit n°1 de ce début d'avril. Une cible jeune pour une période courte qui en fait, là aussi, une période en deçà des fêtes : "Noël est la plus grosse période, puis vient la galette des rois. Pâques est troisième, notamment puisque cela tient en un week-end, alors les deux autres s'étalent sur un, voire plusieurs mois." Un amour éternel pour cette célébration printanière qui ne faiblit pas malgré la crise : "On n'est pas revenu aux prix d'il y a deux ans, mais ils ont un peu diminué. Pâques engendre beaucoup de repas familiaux, c'est toujours un gros week-end pour notre partie pâtisserie."

Le principal reste là : quelles que soient les turbulences du monde, le plaisir du chocolat, lui, reste intact.

pâtisserie Victoria Bruno Pâques
RF

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