Publié il y a 55 min - Mise à jour le 28.05.2026 - Faustine Falgon - 2 min  - vu 112 fois

AU PALAIS Face à un père violent, une famille se cache dans sa cave

Palais de justice gendarmerie tribunal judiciaire

L'homme comparaît depuis le box, à deux pas des victimes, main dans la main sur le banc des parties civiles.

- Rose Macauley

Énervé par la boisson et par une porte qui n’a pas été ouverte à temps, cet homme s’est rendu responsable de violences sur sa compagne, mais également sur sa fille. Il comparaît devant le tribunal correctionnel de Nîmes, ce mardi 19 mai.

C’est parce que la porte n’a pas été ouverte assez rapidement au goût du prévenu que la soirée de cette famille a dégénéré. Arrivés en France il y a une dizaine d’années, une famille d’origine brésilienne est victime d’un père qui fait parler les poings, plus que les mots. L’homme a passé la soirée à s’alcooliser avec un ami, avant de regagner son domicile. En frappant violemment à la porte, il a réveillé sa femme et sa fille aînée, âgée de 17 ans. Une fois la porte ouverte, le père de famille s’est mis à tout casser dans la maison : télévision, table basse et même téléphone… Avant de s’en prendre à sa femme et à sa fille. Un coup au visage plus tard, l’adolescente s'en est sortie avec une blessure à la lèvre. Pendant l’altercation, des insultes ont fusé. Le père, ancien légionnaire, aurait même déclaré vouloir tuer sa femme à l’aide d’un couteau.

Profitant d’une accalmie lors de la douche du prévenu, la mère de famille et ses trois enfants sont allés chercher de l’aide auprès des voisins, mais en vain. Ils se sont retrouvés face à des portes closes. Ne trouvant aucune solution, ils se sont cachés dans la cave pendant ce qui aura semblé être, pour la fille aînée, « plusieurs heures ». Le courage de l’adolescente face à cette situation a largement été souligné par les avocats des parties civiles : « C’est une héroïne et elle souhaite trouver la paix. » Sans surprise, cette soirée d’horreur n’est que la face visible d’une histoire familiale tumultueuse. « L’alcool, ce n’est pas bon pour moi. J’ai bien compris que madame voulait se séparer », explique le prévenu, attristé. Pourtant, il n’a pas toujours fait correspondre ses paroles à ses actes. Placé sous contrôle judiciaire après la soirée du 8 mars, il a finalement été placé en détention provisoire. Et pour cause, il a bravé l’interdit en tentant de reprendre contact avec son épouse.

Installé dans le box, le prévenu écope d’une peine mixe. À l’énoncé de la sentence, son visage se crispe. Il est condamné à 12 mois d’emprisonnement dont six assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans. Dans ce cadre, il va devoir réparer les dégâts causés, il a l’interdiction de reprendre contact avec sa femme et ses enfants, l’interdiction de paraître au domicile familial, et l’obligation d’engager un processus de soins pour tenter de contrer sa violence et sa consommation excessive d’alcool. Par ce jugement, il est astreint au paiement de 15 000 € de dommages et intérêts à sa femme, 800 € au titre des frais d’avocat des victimes et 1 € symbolique au titre du préjudice subi par la jeune adolescente, qui se montre très forte, assise aux côtés de sa mère sur le banc des parties civiles.

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