Publié il y a 1 h - Mise à jour le 27.05.2026 - Rose Macauley - 3 min  - vu 169 fois

AU PALAIS Séparation explosive : l’acétone a eu raison de ce couple

AU PALAIS Contrarié par les gendarmes, il demande à son caniche d'attaquer

Contrarié, il lance des produits chimiques. 

- Rose Macauley

Elle en avait dans les cheveux, lui en aurait bu. Leur histoire passait devant le tribunal correctionnel de Nîmes, ce mardi.

« J’en avais sur les cheveux, le visage, les vêtements… ». C’est ce qu’a décrit une femme, victime de violences répétées de son conjoint. Habituée à des disputes récurrentes, en cette journée du 11 janvier, tout a dérapé. La victime aurait demandé à son compagnon de ranger un bidon, traînant dans la cuisine, où elle s'affairait à préparer le repas. Énervé, il lui aurait fait sentir le bidon, rempli de 5 L d’acétone, avant de lui vider dessus. Une version qu’Alexandre, le prévenu, conteste à la barre. Admettant avoir récupéré le bidon, il a expliqué l’avoir ouvert pour en sentir le contenu. « Elle a tapé dedans, j’en ai avalé, j’en avais plein les yeux », dit-il, avouant avoir déjà eu des « problèmes » avec les produits chimiques. Des problèmes dont il n’a pas fait mention plus précisément.

C’est alors que le prévenu aurait lancé le bidon à travers la pièce en réaction à la brûlure occasionnée par le produit chimique, toujours selon ses dires. L’homme d’une quarantaine d’années serait ensuite devenu fou, sous les yeux de sa compagne et de ses parents, intervenus suite à l’appel de leur belle-fille. Pourtant, l’homme se souvient d’une toute autre scène, dans laquelle il se serait essuyé les yeux, avant d’aller aider sa compagne à se nettoyer. Confronté à la vidéo de cette soirée de violences lors de sa garde à vue, il s’est empressé de consulter un psychologue, inquiet d’avoir d’éventuels « soucis de santé ».

Une journée, 50 appels

Prévenu pour ses accès de violence, le quadragénaire comparaît aussi pour des faits de harcèlement. Une fois la séparation acquise, Alexandre aurait multiplié les appels à son ex-conjointe. Selon les services de police, lors des trois premières semaines d’avril, pas moins de 235 appels sortants ont été comptabilisés sur le téléphone du prévenu, dont 50 sur la seule journée du premier avril. Des appels qui n’ont abouti à une conversation téléphonique que 40 fois dans le mois. La raison de cet acharnement ? Demander des nouvelles suite au rendez-vous pédiatrique de leur fils en commun, gérer le passage dans les bras de leur enfant ou encore des excuses plus saugrenues. « Mon fils l’appelle tous les soirs et parfois, il insiste un peu ». Du haut de ses 5 ans, il aurait, selon son père, participé à l’altération du quotidien de sa maman, lui occasionnant tout de même 4 jours d’ITT. Étrange…

Suivi par un psychologue, le prévenu a été diagnostiqué comme soumis à des troubles cycloniques, une forme de bipolarité qui ne serait pas nouvelle. Son ex-compagne, contactée par les enquêteurs, confie avoir été témoin d’épisodes de violences conduisant à la détérioration de son mobilier : « Il y avait des trous partout dans les murs », faisant écho à leur période de vie commune. Comme pour se justifier, il répond : « On parle de quelqu’un qui se luxe l’épaule en éternuant. » Une phrase lancée comme si elle expliquait toute l’affaire. Absente à l’audience, la victime « n’a plus d’estime d’elle-même », souligne l’avocate de la partie civile, faisant état des mois de violences quotidiennes subies par sa cliente. Réveil à coup de pied ou encore bousculades dans le lit conjugal, elle dépeint sa vie comme « un enfer domestique ».

À l’issue du procès, Alexandre a été relaxé pour les violences antérieures à l’épisode du 11 janvier. Les faits de harcèlement ont, eux, été requalifiés en appels téléphoniques malveillants. Des faits desquels il a été déclaré coupable. Pour l’épisode violent du 11 janvier, et les appels réitérés, il a été condamné à 5 mois d’emprisonnement avec sursis, à une interdiction de contact et à une interdiction de se présenter au domicile de la victime. Pour réparer son préjudice, il devra lui verser 1 500 € de dommages et intérêts et 1 000 € pour s’acquitter de ses frais d’avocat. « Vous avez fait peur à tout le monde », conclut Anne-Carine David, présidente à l’audience, face à une salle comble.

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
Rose Macauley

Justice

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio