Publié il y a 1 h - Mise à jour le 08.06.2026 - Corentin Dimanche - 2 min  - vu 66 fois

JUSTICE Un procès contre le protoxyde d'azote, "une drogue qui ne dit pas son nom"

Le commissaire Dumas et le procureur Grini.

Le commissaire Dumas et le procureur Grini.

- CD

Le tribunal d'Alès a "convoqué solennellement" dix consommateurs de protoxyde d'azote ce lundi pour "adresser un message". Une manière de rappeler les dangers du 'proto', mais surtout de demander "un vrai outil législatif" pour le combattre et ses dangers.

Ce lundi 8 juin, dix prévenus, tous d'une vingtaine d'années et interpelés en mars ou avril sur Alès étaient appelés à la barre du tribunal d'Alès. Parmi eux Kylian A., 25 ans, a été intercepté "en train de faire des ballons" un lundi matin à 8 h 30, après "une soirée avec une amie" sur un parking Netto. Dans ce cas, "des" signifie "5 ou 6 dans la soirée". Déjà connu et condamné pour usage et trafic de stupéfiants, violences avec arme, outrage à personne dépositaire de l'autorité publique, le prévenu les a achetés à 20 euros pièce dans une épicerie à Montpellier, pour profiter de l'"effet euphorique" de ce gaz hilarant.

Un gaz hilarant, qui est avant tout "une drogue qui ne dit pas nom, un fléau qui avance démasqué et néfaste à plusieurs titres" pour le commissaire Dumas, chef de la police nationale alésienne : "Il dévaste la santé publique et peut même dévaster des vies, on l'a vu non loin avec une jeune fille fauchée en trottinette à Nîmes et les trois adolescents morts dans une piscine à Tamaris." L'officier du ministère public du jour pointe aussi les problèmes de tranquillité publique liés aux épiceries de nuit et ceux d'écologie devant le recyclage impossible des bonbonnes. 

commissaire Dumas
Le commissaire Dumas était présent en tant qu'officier du ministère public. • CD

Cette "convocation solennelle", à l'initiative du tribunal de proximité, est aussi une manière pour les magistrats et autorités de demander un vrai "outil législatif" contre le 'proto'. Le Sénat s’est d'ailleurs prononcé pour une interdiction généralisée de la vente et de la détention, sauf exception pour certains professionnels.  Pour rappel, un arrêté préfectoral avait été pris le 28 novembre dernier pour encadrer strictement l’usage du protoxyde d’azote. Initialement prévu jusqu'au 2 février 2026, il a été prolongé jusqu’au 30 juin 2026 inclus.

Me Mendez, en défense de son client, a elle pointé l'absence de condamnation des vendeurs et les "carences de l'État" face à ce fléau. Alors qu'une amende de 150€, montant maximal possible, était requise par le ministère public, elle a été descendue à 100€ en raison de la situation du prévenu, au RSA. 

LIRE AUSSI : NÎMES Lutte contre le protoxyde d'azote : une ministre en visite

LIRE AUSSI : NÎMES Protoxyde d'azote : les dangers

LIRE AUSSI : GARD Protoxyde d’azote : un arrêté préfectoral pour lutter contre les usages dangereux

Le commissaire Dumas et le procureur Grini.
Le commissaire Dumas et le procureur Grini. • CD

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
Corentin Dimanche

Justice

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio