Patrimoine
Publié il y a 1 an - Mise à jour le 31.10.2021 - marie-meunier - 3 min  - vu 653 fois

VILLENEUVE-LEZ-AVIGNON De grands travaux s'annoncent à la livrée de la Thurroye

La livrée de la Thurroye a été édifiée vers 1340 par le cardinal de Deaux. (DR)

En 1316, la papauté s'installe à Avignon et cela a des conséquences sur la ville de Villeneuve-lez-Avignon. De nombreux cardinaux décident d'y établir leurs "résidences secondaires" fastueuses. Certains de ces palais ou livrées cardinalices sont encore visibles aujourd'hui. C'est de là que la Ville tire son surnom de "cité cardinalice". 

Lors du dernier conseil municipal, l'assemblée délibérante a adopté à l'unanimité l'acquisition de parcelles bâties sises impasse de la Thurroye. "Ces parcelles représentent environ 260m2 et sont situées dans le périmètre du site patrimonial remarquable. Le bien fait partie intégrante de l'ancien palais du cardinal de Deaux. On l'appelle aussi la livrée de la Thurroye. Elle est inscrite au titre des Monuments historiques depuis le 8 janvier 2003", introduit Pascal Crépin, conseiller municipal villeneuvois délégué au Patrimoine.

C'est vers 1340 que le cardinal de Deaux a fait édifier ce palais. Le cardinal de Bologne a, en 1356, adjoint une grande salle de réception contre l'aile sud du bâtiment, conçue de plain pied pour accueillir le pape Innocent VI, handicapé. Le cardinal Pierre de Thurroye est le dernier à avoir cité dans cette livrée en 1410 et lui a légué son nom. Un pan entier de l'histoire villeneuvoise réside donc dans ce bâtiment.

Des plafonds et décors peints remontant à la construction au XIVe siècle encore présents

Aujourd'hui, l'immeuble situé sur les deux parcelles est inoccupé. "Une partie avait été aménagée en habitation avec de nouveaux percements, l'autre partie qui a servi d'atelier est partiellement conservée, avec une charpente, des plafonds et des décors peints de l'époque de la construction, soit le 2e quart du XIVe siècle", poursuit le conseiller municipal. Mais il se trouve que l'effondrement d'un morceau de la toiture et le manque d'entretien depuis plusieurs siècles altèrent le bâtiment.

"La commune souhaite donc réhabiliter cette partie de la livrée pour en faire un espace culturel-associatif permettant ainsi de sauvegarder et de restaurer ce patrimoine exceptionnel", présente Pascal Crépin. Une belle destinée qui permettra aux associations de bénéficier d'un lieu pluridisciplinaire, mais qui va nécessiter avant de grands et chers travaux. Il faudra restituer les décors peints originels dans le respect des prescriptions de la Conservation régionale des Monuments historiques, des services de la DRAC Occitanie et de l'architecte des Bâtiments de France. Ce qui n'est pas une mince affaire...

Bien que le bien soit estimé à 240 000€ HT, la commune l'a acheté pour 161 000€ (+14 000€ de frais d'agence), "au regard de son état de vétusté, de l'urgence de sa sauvegarde et de l'intérêt général du projet."

Un bâtiment compliqué à requalifier et avec beaucoup de contraintes

L'opération a suscité un grand engouement jusque sur les bancs de l'opposition villeneuvoise. "On a signalé à plusieurs reprises qu'il manquait de tels espaces et surtout une maison des associations et des ateliers d'artistes. On est très favorable à ce projet", a réagi Anne Daniel (liste sociale, écologique et solidaire). Monique Novaretti (Union citoyenne) est heureuse de voir que ce bâtiment "un peu à l'abandon depuis quelques années" va subir des restaurations : "Il y a une façade arrière qui donne sur le restaurant qui est vraiment remarquable, dans son jus du XIVe siècle. Le prix semble plus que correct compte-tenu de celui de départ. Beaucoup de promoteurs ont aussi jeté l'éponge à cause de la complexité de la rénovation avec les Monuments historiques."

Elle-même réside dans cette cour et espère que les travaux se feront dans le respect des riverains. Et Pascale Bories, la maire, de rebondir : "Ce bâtiment est un élément majeur de notre patrimoine et il nous a semblé inconcevable de le laisser se dégrader." La valeur patrimoniale a convaincu la municipalité, parce que "réhabiliter" un tel bien est loin d'être chose aisée. Y installer du logement est impossible à cause du manque de fenêtres et de l'impossibilité d'en créer par son classement aux Monuments historiques. "C'est un sujet complexe. On va avoir besoin de vous Mme Novaretti (qui est aussi conseillère régionale, ndlr), d'être accompagnés financièrement et techniquement par différents partenaires", ajoute la Première magistrate.

Marie Meunier

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