La République comme, à Nîmes, on ne l’avait jamais célébrée. Ce lundi, la nouvelle municipalité organisait l’évènement « À la table de Marianne ». Un pique-nique géant, sur table ou dans l’herbe, rythmé par des démonstrations artistiques et acrobatiques. Les élus de la nouvelle majorité étaient présents, en nombre. Mais pas de discours officiels, ni de séquences protocolaires. Place aux arts, à la convivialité et aux rencontres… Le tout, autour d’une seule idée : la République et ses symboles. D’ailleurs, dès 18 heures, à l’entrée des Jardins de la Fontaine, de jeunes femmes remettaient à chaque participant un ruban tricolore.
« Moins superficiel qu’un feu d’artifice ! »
La foule commence à s’attabler. Un acrobate, lui aussi, s’installe… Carrément sur une table, la tête en bas. Sans doute plus confortable pour lui. Observant les premières performances, l’adjoint à la Culture, Denis Lanoy, revient sur l’esprit de cette soirée : « Le 14 juillet, c’est une fête populaire. Réunir les gens autour des valeurs de la République a donc du sens. Dans l’histoire de France, il y a eu de grands banquets républicains tout au long du XIXe siècle, où l’on débattait du sens que l’on voulait donner à la société. »
Cocarde tricolore épinglée sur sa chemise rose, un participant se réjouit : « Ça fait 25 ans que l’on attend ça… Si vous voyez ce que je veux dire (…) Fêter la République comme il se doit, c’est nouveau. Et un banquet, c’est moins superficiel qu’un feu d’artifice ! » Sa fille et sa petite-fille le rejoignent : « Ça permet aussi de partager un moment en famille. Ça fait plaisir ! » À quelques mètres de là, Pinky, 40 ans, venue de Manduel, a suivi une amie. « Elle a vu cet événement sur les réseaux sociaux et nous y a embarqués. On a même prévu les jeux de société ! », lance-t-elle, avant qu’un voisin ne lui propose un verre de vin rouge et un morceau de fromage.
Entre spectacles et messages citoyens
L’idée de ce banquet est née des services Culture et Festivités de la ville de Nîmes. La commande publique, d’un montant d’un peu moins de 50 000 euros, a été confiée au Spot, à son directeur artistique Laurent Kilani et à ses partenaires. Dans les jardins, un speaker diffuse des messages de paix et de tolérance. Des Mariannes distribuent également des cocardes en papier sur lesquelles les participants sont invités à écrire un message. Ils seront ensuite remises à la Ville, « comme un véritable acte citoyen », « le point de départ d’une nouvelle façon de faire dialoguer la ville et ses habitants ».
Près du bassin des jardins, une foule s’amasse pour assister à la performance de la funambule Tatiana-Mosio Bongonga, de la compagnie Basinga. Avant de s’élancer, l’artiste rappelle que sans son équipe, qui la soutient à chaque instant, rien ne serait possible. Une métaphore de notre organisation sociale ? Le nouveau maire de Nîmes, Vincent Bouget, admire la prouesse et se réjouit du succès de cette première édition : « Franchement, on est contents. On a la chance d’avoir une soirée où la température est agréable. C’est un moment où tout le monde se rassemble. C’est gratuit. Les gens viennent d’un peu partout… »
Vincent Bouget : « Ici, on se réapproprie la République »
Une cocarde en papier à la main, un participant a écrit au maire ce message : « Ce pique-nique est en accord avec ma démarche. Je vous demande de lutter contre les groupes d’extrême droite. » Vincent Bouget l’assure : « Ici, on se réapproprie la République. » Lundi soir, 3 900 personnes étaient présentes, selon les organisateurs. Une première édition réussie qui en appellera d’autres. En attendant, la journée du 14 juillet, marquée par la demi-finale France-Espagne de la Coupe du Monde, offrira sans doute une nouvelle occasion de faire société.