Publié il y a 1 h - Mise à jour le 09.07.2026 - Propos recueillis par Coralie Mollaret - 5 min  - vu 277 fois

MANDUEL Le maire David-Alexandre Roux se livre sur ses projets et son avenir politique

David-Alexandre Roux, 41 ans, nouveau maire (divers centre) de Manduel

David-Alexandre Roux, 41 ans, nouveau maire (divers centre) de Manduel 

- Coralie Mollaret

Rénovation des bâtiments publics, avenir de la cave coopérative, développement de la zone d'activité Magna Porta ou encore prochaines élections… Le nouveau maire de Manduel, David-Alexandre Roux, 41 ans, détaille ses premières actions.

Objectif Gard : Comment se passent vos premiers pas à la tête de la commune ?

David-Alexandre Roux : Notre équipe l’a emporté, dès le premier tour, dans une triangulaire, avec un score historique de 53 %. Cela n’était jamais arrivé (…) Ensuite, nous avons eu une passation chaotique avec le maire sortant, Jean-Jacques Granat : non-transmission des dossiers, conseil municipal d’installation imposé le samedi… En plus, Jean-Jacques Granat n’est même pas venu, tout comme sa tête de liste, Marine Pla ! Pendant trois mois, on ne l’a pas vu… Ils n’ont pas joué le jeu républicain.

« La passation avec l'ancienne majorité a été chaotique »

Il fallait peut-être qu’elle accuse le coup de la défaite…

La valeur des gens ne se mesure pas dans la victoire, mais dans la défaite. Quand j’ai pris une taule aux municipales de 2020, j’étais présent… Je regardais les élus de la majorité enfiler leurs écharpes !

Quels sont les premiers dossiers sur votre table ?

La coutume, là aussi, veut que, quelques mois avant les municipales, le maire sortant ne prenne plus d’initiative. Or, il a signé, le 13 mars, pour 300 000 €, un acte de préemption pour un bâtiment situé en face de l’école Fournier. Il voulait construire des logements et créer un parking. Sauf qu’il y a une association, une salle de fitness et une coiffeuse qui, elle, vient de s’installer. Elle a acheté son salon il y a un an. Elle n’était pas au courant… Ce projet n’était pas le nôtre, mais on ne peut pas revenir en arrière… Je vais freiner des quatre fers pour lui laisser le temps de se retourner. Dans les négociations que nous aurons, je vais essayer de voir comment on peut créer un fonds de commerce pour pérenniser son salon.

Y a-t-il d’autres décisions prises par la majorité que vous aurez à assumer ?

Le directeur général des services nous a indiqué, dès notre arrivée, qu’il y avait des travaux de rénovation, en particulier de désamiantage, à réaliser à l’école Fournier. Le coût est estimé entre 500 000 € et 1 M€. Nous n’étions pas au courant ! Des études ont été réalisées, mais le projet a été repoussé… Cet argent, nous avions prévu de le mettre ailleurs ! Nous avons aussi la toiture de l’école Dolto qui fuit… L’école de musique présente de nombreuses fissures (…) En fait, de manière générale, il y a eu un gros manque d’entretien des bâtiments publics. La précédente majorité avait choisi de mettre 700 000 € dans un parc… Ce sont des projets d’apparat. Figurez-vous que nous n’avons même pas de salle de conseil municipal !

Vos conseils se déroulent à la salle des Garrigues…

Oui. Nous sommes avec des tables de loto, une sonorisation où l’on n’entend rien… Nous allons déplacer le conseil municipal à la salle des associations, à l’étage. Plus tard, nous aimerions filmer et rediffuser les conseils municipaux. Il faut que nous évaluions le coût et la logistique à mettre en place.

« Nous découvrons aujourd'hui des bâtiments publics en mauvais état »

Quels sont vos autres projets ?

Nous sommes en train de travailler avec les vignerons à l’achat de la cave coopérative. Elle est désaffectée depuis des années. Ce sera notre projet de mandat. L’idée serait d’en faire un nouveau bâtiment public. On y déplacerait la crèche qui, aujourd’hui, est enclavée dans le cœur de la commune. On pourrait créer une salle polyvalente — Manduel n’en dispose pas actuellement — puis des salles modulables pour les associations qui manquent de locaux et, pourquoi pas, des halles couvertes, un bar à vin, un restaurant en rooftop… Il faudra sans doute démolir et désamianter la cave. Nous aimerions conserver la façade historique. Jean-Jacques Granat voulait, lui, détruire la cave pour créer des logements. Un promoteur s’était déjà positionné…

Manduel fait partie de Nîmes Métropole. Qu’attendez-vous de cette intercommunalité ?

D’abord, j’y exerce une délégation au titre de ma vice-présidence à l’aménagement des zones d’activités économiques. Nous sommes dans une phase de recensement de l’espace disponible. Forcément, je suis assez attentif à la zone autour de la gare de Nîmes-Pont-du-Gard, qui se situe sur notre commune. Mais pas seulement… Il y a toutes les autres zones, comme la Porte Ouest ou la zone du Tech.

Souhaitez-vous du logement sur Magna Porta comme, un temps, vous l’aviez demandé ?

Si nous pouvons remplir cette zone uniquement avec des activités économiques, c’est l’idéal. Pour autant, nous pouvons avoir une vision pragmatique et voir ce qui se présentera. Je ne suis pas fermé à l’idée de repenser la zone d’activité à l’image de ce qui s’est fait à Castelnau-le-Lez avec la zone Eurêka, qui comprend aussi une partie logements. Parce qu’aujourd’hui, est-on en capacité de faire la fine bouche ? Sur cette zone, nous avons eu droit à tout : au parc d’attractivité, au parc sur la romanité… En plus, quel périmètre sera retenu ? Tous les terrains seront-ils aménageables ? Faudra-t-il réduire le périmètre ? Les études, en cours, le détermineront. Aménager 30 hectares ou 60 hectares, ce n’est pas la même chose. Il faut être pragmatique, sortir quelque chose et répondre à un besoin.

Départementales : « Si j’ai un intérêt à être candidat pour ma commune, je le serai »

Quel regard portez-vous sur la prise de fonction de Vincent Bouget, maire de Nîmes et président de Nîmes métropole ?

Ça se passe très bien. Il est très consensuel et à l’écoute de tous les élus, quelle que soit leur sensibilité. C’est une bonne chose. J’espère que cela durera tout le mandat. Nous travaillons en confiance, les vice-présidents sont réellement aux commandes de leurs délégations.

Pour qui allez-vous voter aux sénatoriales ?

Aucune idée ! Le sénateur sortant, Denis Bouad, n’est pas encore venu nous voir. Laurent Burgoa, oui. Un maire a besoin d’élus de terrain, les pieds ancrés dans le territoire.

Serez-vous candidat aux élections départementales ?

Rien n’est décidé pour l’instant. Tout reste ouvert, il faudra voir la configuration politique. Si j’ai un intérêt à être candidat pour ma commune, je le serai.

Enfin, pour en savoir un peu plus sur vous, comment conciliez-vous votre vie personnelle avec l’action publique ?

J’ai 41 ans. J’ai deux enfants, Amy et Louis, âgés de 4 et 7 ans. Ce sont des choix de vie. Nous nous organisons avec ma femme qui, par ailleurs, est directrice d’un hôtel à Nîmes. Moi, je suis secrétaire général de la commune de Vallabrègues. Je suis passé à mi-temps. C’est un choix familial, un aménagement de vie concerté. Ça n’aurait pas été possible autrement (...) En m’asseyant dans le fauteuil de maire, j’ai senti le poids des responsabilités et le souci d’apporter satisfaction aux administrés. Je ne rêvais pas d’être maire… D’ailleurs, ici, on ne m’appelle pas « Monsieur le maire », on m’appelle « le petit Roux ». Mon père est d’ici, mon grand-père aussi, il était menuisier dans les années 1950. Nous sommes tous allés à l’école Nicolas-Dourieu. Mon fils y est scolarisé aujourd’hui…

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