Pendant que le Parti socialiste cherche encore la bonne formule pour s'entendre et que le centre comme la droite semblent se diriger vers une multiplication des candidatures, le Rassemblement national avance sans hésitation. Même si Marine Le Pen devait être empêchée par la justice, les Français savent déjà qui porterait les couleurs de l'extrême droite : Jordan Bardella. À gauche, la situation est finalement assez comparable. Un candidat domine déjà le paysage : Jean-Luc Mélenchon. Et sa démonstration de force, dimanche à Saint-Denis, lors de son premier grand meeting de prétendant à l'Élysée, a confirmé qu'il faudra compter avec lui en 2027. Malgré les critiques, souvent justifiées, suscitées par certaines de ses prises de position, le leader insoumis continue de mobiliser. Réunir plus de 20 000 personnes un an avant l'élection présidentielle n'est pas à la portée de n'importe quel parti. Certes, LFI a fait venir des militants de toute la France. Mais quel autre mouvement politique est aujourd'hui capable d'un tel rassemblement ? Peu, voire aucun. Surtout, Jean-Luc Mélenchon ne s'est pas contenté de commenter l'actualité. Retour de la retraite à 60 ans, SMIC à 1 700 euros, loi contre la pédocriminalité et les féminicides, démantèlement de l'empire médiatique de Vincent Bolloré : il a remis sur la table des propositions qui tranchent avec le climat politique actuel. Mais au-delà du programme, c'est une certaine idée de la France qui s'est exprimée dimanche. Une France qui refuse la stigmatisation et la recherche permanente de boucs émissaires. Une France qui se veut fière d'elle-même sans avoir besoin de désigner des ennemis intérieurs. Symbole frappant, les traditionnels « On est chez nous », habituellement entendus dans les rassemblements de l'extrême droite, ont cette fois résonné dans un meeting de Jean-Luc Mélenchon. Comme si certains ressorts émotionnels du débat politique étaient devenus incontournables. Jusqu'à la Marseillaise entonnée à la fin du meeting, le leader insoumis a cherché à démontrer que le patriotisme et l'attachement à la nation pouvaient aussi être revendiqués par la gauche. « Ce sera eux ou nous », lançait déjà Jean-Luc Mélenchon il y a quelques années. À Saint-Denis, cette formule a semblé retrouver toute son actualité. À moins d'un an de la présidentielle, le paysage politique se structure déjà autour d'un affrontement de plus en plus assumé entre deux visions radicalement opposées de la France.
Publié il y a 1 h -
Mise à jour le 08.06.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL Mélenchon à Saint-Denis, premier acte de la présidentielle
Le leader LFI Jean-Luc Mélenchon lors du meeting à Saint-Denis.
- Photo DR Capture vidéo LFIEn réunissant plus de 20 000 personnes, Jean-Luc Mélenchon a démontré qu'il restait un acteur central de la prochaine bataille pour l'Élysée.
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Abdel Samari