« On veut des entreprises à Tarascon et à Saint-Gaudens. On veut de l’industrie papetière et de l’emploi. Fibre Excellence est un pilier de la filière bois en France. Ce sont 5 000 emplois qui pourraient être impactés d’ici un an, et 10 000 emplois directs et indirects à plus long terme. Mais ces usines ne fermeront pas. Nous serons mobilisés ! », attaque la présidente de la Région Occitanie, particulièrement déterminée. Actuellement en redressement judiciaire, le groupe joue son avenir mercredi 17 juin devant le tribunal de commerce de Toulouse.
« C’est une audience cruciale », souligne la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, lors d’une conférence de presse réunissant de nombreux responsables politiques et syndicaux aux côtés de la présidente de Région. « Nous ne laisserons pas Fibre Excellence fermer. C’est le premier producteur de pâte à papier. » En effet, l’entreprise fournit, à elle seule, près des trois quarts de la pâte à papier consommée en France, notamment pour la fabrication de mouchoirs ou d’emballages.
Carole Delga et Sophie Binet se montrent également très vigilantes face aux intérêts exprimés par certains groupes pour une éventuelle reprise. « Nous ne voulons pas d’un projet porté par des liquidateurs, par des rapaces », avertit la présidente de Région. « On est encore au moment où il faut agir », lance la responsable syndicale, appelant le gouvernement à prendre ses responsabilités. Un peu plus tôt dans la matinée, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, leur avait assuré dans un courrier de « la mobilisation complète » de l’État sur ce dossier, affirmant suivre la situation « depuis désormais de nombreux mois ». À quelques jours de l’échéance judiciaire, 670 salariés, eux, sont toujours dans l’incertitude.