Société

UZÈS Mas Careiron : le dialogue de sourds continue, le directeur retenu

Les manifestants ont envahi le CTE avant de retenir le directeur Pierre Nogrette (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Les manifestants ont envahi le CTE avant de retenir le directeur Pierre Nogrette (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Après onze mois de conflit entre la direction du centre hospitalier uzétien du Mas Careiron et l’intersyndicale au sujet du plan d’économies et d’un rapprochement avec l’hôpital local, le Comité Technique d’Etablissement (CTE) qui se tenait ce matin s’annonçait tendu.

L’intersyndicale avait appelé les personnels à la mobilisation, alors que l’ordre du jour du CTE contenait le fameux plan d’économies.

Le personnel de l’hôpital de jour obtient gain de cause

Très vite, les représentants syndicaux du CTE sortent de la salle de réunion pour annoncer deux nouvelles aux manifestants : la fusion avec l’hôpital local semble s’éloigner, puisque le collège médical s’y oppose, et l’hôpital de jour Gambetta n’intègrera finalement pas les murs du Mas Careiron : « une villa va être achetée entre le Carrefour et la pharmacie, et des travaux vont être faits », annonce le représentant syndical, sous les applaudissements.

Des membres du personnel de l’hôpital de jour se disent « complètement satisfaits » après « des mois de lutte pour continuer à soigner hors des murs du centre hospitalier. »

Deux bonnes nouvelles pour l’intersyndicale, mais pour autant, le plus gros reste à voir, à savoir le gel du plan d’économies de la direction pour l’année en cours. Et les syndicats avaient prévenu : si le directeur Pierre Nogrette s’entêtait, ils envahiraient la salle. Ça n’a pas loupé.

Le directeur retenu « la journée, la nuit, la semaine s’il le faut »

Ainsi, comme lors du conseil de surveillance il y a quelques mois, la salle de réunion a été envahie, dans un vacarme assourdissant. « Monsieur Nogrette, vous l’aurez compris le personnel ne lâchera pas, lance Fabrice Aimé de FO. Les négociations, vous ne voulez pas en entendre parler. On va les faire à notre manière ! »

Le directeur reste impavide. Fabrice Aimé reprend : « il nous faut une tierce personne pour négocier, vous vous en foutez complètement, vous êtes mandaté par l’ARS. » Edouard Gloanec de Sud Santé sociaux poursuit : « vous méprisez tout le monde, on veut un vrai interlocuteur pour de vraies négociations. »

Les syndicats vont ensuite lui proposer « le gel du plan d’économies pour 2015, et la fixation d’une date en septembre pour ouvrir des vraies négociations. » Pierre Nogrette, toujours aussi calme, répond simplement d’un « non » presque inaudible à la proposition, provoquant un tollé général, avant de refuser de s’expliquer sur son refus : « je parlerai en CTE tout à l’heure. » A ce moment, le CTE est déjà interrompu depuis trois bons quarts d’heure.

Et c’est parti pour un nouveau bras de fer, qui risque de durer : à l’heure où nous écrivions ces lignes, le directeur était toujours retenu par le personnel. « Le personnel est prêt à y passer la journée, la nuit, la semaine s’il le faut », nous a indiqué le Dr Philippe Gasser, de l’Union Syndicale de la Psychiatrie. Dans l'après-midi, "nous avons appris qu'un médiateur serait nommé par l'ARS à la demande de la préfecture" affirme Sébastien Castagnier de la CGT, qui précise "on attend le fax."

Le conflit se durcit donc de plus en plus, et le prochain conseil de surveillance de l’établissement, le 26 juin, s’annonce plus explosif que jamais.

Retrouvez l’intégralité de nos articles sur le conflit social du Mas Careiron ici.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

3 réactions sur “UZÈS Mas Careiron : le dialogue de sourds continue, le directeur retenu”

    1. Si on ferme accueillerez vous chez vous a notre place les personnes âgées isolées seules chez elles, sans véritable lien familial en état d’incurie, qui ont tenté d’en finir d’une manière ou d’une autre ?? (Ces personnes sont accueillis dans notre service de géronto psy et ce n’est qu’un service parmi beaucoup d’autres.) Tout le monde n’as pas les moyens de se faire soigner en clinique psy privée .
      Réfléchissez avant de dire de souhaiter notre fermeture. …!! Et venez ne serais ce qu’un jour bosser avec moi dans mon service et on en reparle …! Joël Aide soignant ..!

  1. Réponse à Christian : non MR on ne pleure pas pour entrer à l’hôpital le Mas Careiron…. On « candidate » MR et, si l’on possède à la fois et les diplômes, et les compétences pour prendre soin de malades atteints de pathologies mentales, on peut y travailler. Concernant les jours de congés « illégaux », en fait ils correspondent à des repos compensateurs ; quant à écrire qu’il faut fermer l’hôpital avez-vous pense aux répercussions sur cette population de malades…. qui les prendra en charge et où ? Et les retombées économiques sur l’Uzege…. il suffit de poser la question aux commerçants… Il serait étonnant qu’il approuve votre proposition de fermer un hôpital dans un bassin d’emploi bien pauvre….soyez adulte Mr … n’écrivez pas n’importe quoi.

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