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MARCOULE Grève illimitée à Areva Mélox contre la sous-traitance de la sécurité

Ce mardi matin, devant le site d'Areva Mélox, à Marcoule (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Ce mardi matin, devant le site d'Areva Mélox, à Marcoule (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Une épaisse fumée noire, celle des cagettes et des pneus, se dégageait de l’entrée du site Areva Mélox toute cette journée de mardi.

Devant le site du géant du nucléaire, un piquet de grève à l’initiative des syndicats CGT, CFDT, FO, CFC CGC et Unsa Spaen. Une grève illimitée contre la sous-traitance d’une partie de la sécurité du site, la protection de la matière nucléaire.

Un dialogue de sourds

C’est que les attentats et le contexte sécuritaire du pays obligent les sites nucléaires à renforcer leur sécurité. « Et les gars de la protection de la matière nucléaire se sont aperçus que des postes avaient été ouverts à la sous-traitance, pour 28 agents armés », affirme Gilles Noiroz, de la CGT. Les syndicats s’en sont émus auprès de la direction, qui les a conviés à une table ronde lundi.

« Nous avions lancé une réflexion, avec une consultation d’entreprises spécialisées pour des profils que nous n’avons pas sur site, de personnes entraînées et armées », reconnaît Marie Brunel, directrice de la communication d’Areva Mélox. Pour autant, « le service protection de la matière nucléaire n’a absolument pas vocation à être sous-traité », poursuit Marie Brunel. Et ce pour une raison simple : là où les hommes de la protection de la matière nucléaire peuvent intervenir en zone nucléaire comme en son non-nucléaire, les éventuels agents venus de sous-traitants viendraient en renfort, hors des zones nucléaires, pour des tâches de gardiennage.

Bref, la direction et l’intersyndicale se sont rencontrées, et la direction a décidé « de suspendre la consultation d’entreprises, de garantir qu’il n’y aurait aucune suppression de postes et de mettre en place une consultation pour trouver la meilleure stratégie pour le site », explique Marie Brunel. Sauf que la direction ne veut pas non plus renoncer à la perspective de recourir à la sous-traitance : « d’où le mouvement », note Gilles Noiroz. « L’intersyndicale a dit que tout gréement d’effectif devait être fait sur Mélox, et pas avec de la sous-traitance », précise Florent Hugon, de la CFDT, quand Laurent Thomassin de l’Unsa Spaen résume : « ils essaient de privatiser, ils n’y arriveront pas. »

« La privatisation n’est pas du tout le sujet », estime pour sa part Marie Brunel qui défend la position d’ouverture de la direction : « on appelle à un retour aux négociations, la porte est ouverte, on ne peut pas faire mieux. » Du côté de l’intersyndicale, on maintient ses positions, craignant notamment que la sous-traitance des tâches, « qui s’inscrit dans une logique comptable », pour Gilles Noirez, entraîne « petit à petit une baisse de la qualité de services », note Florent Hugon.

Pour l’heure, on semble s’être installés dans un dialogue de sourds, et Florent Hugon prévient : « on est équipés pour durer très longtemps, le mouvement peut être long. »

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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