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LE 7H50 de Valérie Rouverand : « Dans l’Anru, 950 familles doivent être relogées »

Valérie Rouverand (Photo : DR)

En charge de la rénovation urbaine pour Nîmes métropole, l'élue communautaire s’occupe du relogement de 950 familles ainsi que de la reconstruction de 507 logements sociaux dans les villages de l’Agglo.

Objectif Gard : L’État, la ville de Nîmes, les bailleurs sociaux : la rénovation urbaine concerne beaucoup d'acteurs. Quelle est concrètement la mission de Nîmes métropole ?

Valérie Rouverand : Justement, l’Agglo cordonne tous ces acteurs. Quand l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) n’est pas satisfaite, c’est à nous qu’elle s’adresse. Nous nous occupons également du relogement et de la reconstitution d’une partie de l’offre de logement social sur les villages de Nîmes métropole.

Une enquête sociale en amont

Combien de logements seront-ils détruits et combien de familles sont-elles à reloger ?

Nous avons prévu la destruction de 1 200 logements et 950 familles doivent être relogées sur cinq ans. Nous avons déjà commencé à le faire avec le contingent des bailleurs sociaux. Nîmes métropole a mis en place une charte de relogement avec la création d'un comité technique et stratégique (Agglo, ville de Nîmes, État ainsi que les trois bailleurs sociaux) qui se réunit tous les mois et demi. 

Où ces familles seront-elles relogées ?

Avant tout relogement, une enquête sociale est menée pour connaître leurs besoins. Certaines personnes ont vu partir leurs enfants et sont dans des logements trop grands, d'autres ont vieilli… À l’issue de cette étude, nous faisons trois propositions. Concernant la localisation : 40% des relogements se feront hors quartier prioritaire (*), 30% dans un quartier prioritaire et 30 % dans l'Agglo. Concernant l’Agglo et les quartiers prioritaires, 40% des logements seront neufs. 

Si les familles ne sont pas satisfaites de ces trois propositions, que se passe-t-il ?

On sait que les habitants sont attachés à leur quartier. Seulement le but de l’Anru, c'est de favoriser la mixité sociale. Rester en l’état ne sert à rien. Si une personne refuse trois fois, c’est qu’il y a de la mauvaise volonté.

Le relogement en dehors de Nîmes risque d’être compliqué pour certaines familles qui n’ont pas de voiture. Et les transports en commun ne sont toujours adéquats... 

Pour avoir vu des lots sortir de terre dans les villages, je peux vous dire qu’il y a un vrai changement de qualité de vie avec de petits immeubles de trois étages. Les tours, c’est terminé ! On se concentre d’abord sur les volontaires, en travaillant avec les associations et les conseils citoyens. Nous tenons aussi compte des résultats de l'enquête sociale. Notre objectif n'est pas de mettre en difficulté les familles. 

« Quand je suis arrivée, les maires étaient hostiles »

Concernant la reconstruction de logements sociaux, comment allez-vous procéder ?

Sur les 1 200 logements à démolir, 900 sont à reconstruire, dont 507 sur l’agglomération et 489 sur Nîmes. En décembre, nous voterons notre PLH (Plan logement habitat) avec la programmation de ces constructions. Actuellement, nous travaillons avec les maires de 16 communes ciblées par la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain), dont 11 communes particulièrement carencées en première couronne. D’autres, en deuxième couronne, ont un potentiel foncier. 

Quelles sont ces communes ?

Pour l’instant, je ne préfère pas les dévoiler. Je tiens à insister sur le fait que rien ne se fera sans l’accord des maires.

Le sujet est visiblement polémique. À cinq mois des municipales, la construction de logements sociaux est-elle un repoussoir électoral ?

Nous ne travaillons pas dans l'appréhension mais plutôt, dans l’opportunité et la solidarité. Ces constructions de logements par les bailleurs sont des investissements directs. Ces appartements bénéficieront aussi aux habitants des villages puisque que 70% d'entre eux y sont éligibles. Ça permet aussi aux municipalités de se mettre en conformité avec la loi, comme l’a fait le maire de Milhaud. Quand je suis arrivée, les maires étaient hostiles. À force d’explications, on y arrive.

Les relations entre la Ville et l’Agglo sont conflictuelles. N’est-ce pas difficile de travailler ensemble ?

Parfois... Mais regardez, avec Laurent Burgoa, en charge du dossier pour la ville, nous avons mené ce projet jusqu’au bout. Nous avons travaillé afin de le rendre réalisable d'ici 2024 - et non sur 10 ans comme envisagé l’an dernier. Nous sommes parvenus à décrocher un financement à hauteur de 50% pour les opérations sur Pissevin et Valdegour. La rénovation urbaine, on doit la réussir pour les habitants.

Propos recueillis par Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

* Quartier prioritaire : Les quartiers prioritaires de la "politique de la ville" sont des territoires d'intervention du ministère de la Ville, définis par la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014. Leur liste et leurs contours ont été élaborés par le commissariat général à l'égalité des territoires.

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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