Politique

MUNICIPALES À Nîmes, Daniel Richard : « J’aimerais bien vendre du rêve aussi ! »

Le candidat aux municipales à Nîmes Daniel Richard (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Pour la première fois, le Club de la presse et de la communication de Nîmes et du Gard organisait ce lundi matin une série d’interview des candidats aux municipales nîmoises.

Tous les médias locaux étaient présents pour « une conférence de presse inversée », comme la qualifiera le président du Club, Guillaume Mollaret, avec les questions de l’ensemble de la presse gardoise ainsi qu’une question posée par un autre candidat. La matinée a vu défiler cinq candidats sur les sept en lice, le maire sortant Jean-Paul Fournier ayant fait le choix de décliner l’invitation, et David Tebib ayant un impératif d’ordre familial. Place à Daniel Richard, candidat écologiste.

Objectif Gard a publié des extraits d’un arrêt de la cour d’appel d’Aix qui a décidé de vous révoquer de votre poste de directeur général de Souléiado. Pas parce que vous êtes en guerre avec votre associé, qui est votre fils, mais parce que les salariés critiquent votre gestion, et dénoncent du « harcèlement moral ». En outre, les magistrats vous reprochent d’avoir voulu vous faire payer des factures alors que l’entreprise était en procédure de sauvegarde. Êtes-vous encore légitime pour gérer une ville comme Nîmes alors que vous avez failli dans votre rôle de chef d’entreprise ?

Alors, déjà il faut que je vous dise que j’ai quand même été étonné que ce document faisant état d’un différend entre deux actionnaires soit utilisé lors d’une campagne électorale. La République a des travers, c’est comme ça. Je suis arrivé pour sauver Souléiado. Plutôt que de partir aux Bahamas j’ai mis mon patrimoine dans la société en six ou sept ans. J’ai bossé pendant six ou sept ans à faire des collections, des magasins. Aujourd’hui j’ai 50 % de Souléiado, et je suis le créancier principal, de très loin. Ce jugement est en cassation, il y a d’autres procédures en cours. Quant aux témoignages, si j’avais été un harceleur, je n’aurais pas eu la carrière que j’ai eu. J’ai toujours travaillé avec les syndicats. J’ajoute que toutes les personnes avec qui j’ai travaillé ne sont plus dans l’entreprise, mon fils les ayant fait partir. Après, le différend avec mon fils est un différend entre actionnaires.

Certes, mais êtes-vous légitime pour gérer Nîmes ?

J’ai géré des sociétés de 6 000 à 7 000 personnes avec succès. Je considère que cette question n’est pas une vraie question. Je conteste la question elle-même.

Vous souhaitez une rénovation énergétique des bâtiments municipaux ? Comment pose-t-on des panneaux photovoltaïques sur les 100 hectares du secteur sauvegardé ? Quid de l’isolation extérieure, solution la plus efficace sur ces mêmes bâtiments ?

Premièrement l’isolation va avec le photovoltaïque. Si on veut être intelligent, il faut d’abord faire des économies d’énergie. Vous avez raison, sur l’ensemble du parc immobilier les problématiques sont différentes. Il faut faire un plan de rénovation, et d’indépendance énergétique, soit par immeuble, soit par coopératives, soit par fermes énergétiques qui seront légèrement à l’extérieur de Nîmes. Il y aura des bâtiments où on ne pourra pas le faire mais il faut le faire partout où c’est possible. Ce n’est pas quelque chose qui va se faire en six ans, mais vous avez vu les records de chaleur. Il faut aller vite. 

Comment plante-t-on 65 arbres par jour ouvrés ? Et surtout, où ?

Ce n’est pas moi qui vais les planter. J’ai planté personnellement environ 10 000 arbres pour compenser mon carbone lors des voyages en avion. On plante des petits arbres. 100 000 c’est aussi un chiffre symbolique. Ça représente 200 hectares sur les 16 000 de la ville. Si vous prenez les 90 écoles de Nîmes, ça fait un arbre par enfant par an. C’est nécessaire au niveau de l’éducation d’inciter les enfants à planter leur arbre. Au-delà, c’est la santé mentale des habitants, des études montrent que dans une ville végétalisée, les habitants vivent mieux ensemble.

100 000 arbres sur six ans, selon les services municipaux, à 600 euros l’arbre (fourchette basse, NDLR), cela coûte 10 millions d’euros par an. C’est cinq fois les investissements réalisés sur les écoles en 2019. C’est 30 % de plus que pour la culture, c’est augmenter de 50 % le budget pour les investissements urbains. Vous n’avez pas l’impression de vendre du rêve ?

J’aimerais bien vendre du rêve aussi, on en a besoin quand même ! Votre calcul est un calcul. Vous savez aussi qu’on sponsorise les arbres, qu’on va chercher des budgets. Un des torts de la Ville et de l’Agglo est de faire financer la majorité des projets par les contribuables. On a des partenariats qui peuvent se constituer. Ce dont manque Nîmes, c’est du lien social. Pour reconstituer le lien social il faut des lieux, des arbres, de la vie.

En cas d’élection, vous fermerez l’incinérateur. Où iront les ordures ménagères ?

C’est un problème qui n’est pas Nîmois et que beaucoup de villes connaissent. L’incinérateur est un problème franco-français. Pour moi, le problème de l’incinérateur est en fin du traitement des déchets. La première chose que nous disons est qu’il faut réduire les déchets à la source. Quand les villes le font, elles réduisent de 50 %. Ensuite il faut recycler. Des villes font 70 %. Ensuite, il reste 30 %. Quand vous incinérez, combien reste-t-il de total ? Pour 100 tonnes, 30 tonnes que vous enfouissez. Un incinérateur, c’est comme si vous balanciez votre poubelle chez le voisin, sauf que le voisin, c’est le monde entier.

Vous dites que si vous n’êtes pas élu dans la majorité, vous partirez. Où est le respect des électeurs ?

On sera élus. C’est votre question qui n’est pas bonne. Nous serons élus.

Un homme de votre âge peut-il incarner le renouvellement ?

Aujourd’hui, la ville de Nîmes est dans une telle situation depuis 20 ans que je dirais presque que n’importe quel âge serait meilleur. C’est une ville qui remporte les prix de pauvreté, d’insécurité, 103e sur 109 en attractivité. Vous pensez que des entreprises vont s’installer dans un lieu qui n’attire personne ? Rendez-la belle, vivante, que les gens se parlent, qu’on puisse enfin vivre. Aujourd’hui c’est une main basse sur une ville qui souffre. Je débats avec vous. Monsieur Fournier ne veut pas venir. Il me méprise et méprise ses citoyens. Nous sommes dans une République bananière. Pendant que je vous parle, il est peut-être en train de donner des cadeaux offert par Océan dans les quartiers populaires. Personne ne le dit !

Question posée par le candidat Stéphane Gilli : « Encore une fois, les Verts semblent avoir fait des alliances contre nature afin de ratisser un maximum de voix. Ne penses-tu pas que les Nîmois soient fatigués de ce type de méthode ? »

Nous verrons au scrutin, je ne pourrai répondre qu’en fonction des résultats. Il faut un tissu de personnes dévouées. Nous soutenons les associations. Je n’ai pas d’étiquette politique. J’ai regroupé des gens sans étiquette et des partis parce qu’il y a urgence. La ville est en danger. Nous sommes la seule liste où les partis ont voté pour la tête de liste, le Parti communiste français ce n’est pas le cas. Aucun autre parti n’a eu un vote. Au niveau démocratique en suis très fier.

Propos retranscrits par Thierry Allard

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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