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ÉDITORIAL Il y a aussi des migrants au Rassemblement national !

Yoann Gillet Laurence Gardet (Photo Anthony Maurin).
Yoann Gillet et sa binôme Laurence Gardet, candidats RN aux élections départementales sur le canton de Nîmes 2  (Photo Anthony Maurin).

Entre Marguerittes et Nîmes, il n’y a que huit kilomètres. Huit petits kilomètres qu’a décidé de parcourir Yoann Gillet, l’un des leaders du RN gardois (Rassemblement national). Une épopée - il en conviendra - moins risquée que celle de traverser des océans en kwassa-kwassa (*). Le trentenaire s’est contenté d’emprunter la route d’Avignon, direction : le canton de Nîmes 2. Son but ? Se présenter aux élections Départementales des 20 et 27 juin. Il y a six ans, ce même Yoann Gillet candidatait sur le canton de Marguerittes.

Comme dans toute migration, celle du trentenaire n’est pas dénuée d’intérêt. Au contraire. Ces derniers mois, les quartiers prioritaires de Nîmes 2 (Mas de Mingue et Chemin-Bas-d’Avignon) ont fait la Une de l’actualité. Théâtre de règlements de comptes liés au trafic de drogue ou tirs de mortier d’artifice sur un fourgon de policiers… Ces faits divers nous émeuvent. Un émotion dont se nourrissent certains comme Yoann Gillet qui se présente en « porte-parole » du canton. Un porte-parole, c’est tout ? Pas étonnant puisqu’en matière sécuritaire, le conseil départemental n’a aucune compétence ! La stratégie politique de Yoann Gillet n’en reste pas moins habile. Répondant à nos émotions, le RN se nourrit également de notre ignorance politique. À sa décharge, bien des partis l'ont fait avant lui... Certes, différemment.

Plus qu'ailleurs, cette épopée frontiste met la pression sur les autres candidats. S'ils veulent l'emporter, les élus sortants, Christian Bastid et Amal Couvreur, devront se surpasser pour défendre leur bilan et présenter un projet. Le tout, en lien avec les prérogatives de la collectivité. Quelques actions transpirent déjà telle que la reconstruction du collège Jules-Vallès, qui s'est accompagnée d’une mixité scolaire grâce au travail conduit avec les villages environnants, comme Poulx. Il y a aussi les 9 M€ d’aides attribués aux associations du canton sur la période 2015-2020. Des subventions permettant, par exemple, à La Pléiade d'aider chaque année 3 000 personnes à constituer un dossier de retraite ou à changer de logement.

Ces actions ont-elles été suffisantes ? De quoi auront besoin les habitants du canton ces six prochaines années ? Les électeurs en seront les seuls juges les 20 et 27 juin. Mais autant que les plaidoiries des candidats se portent sur les besoins concrets du canton de Nîmes 2, comprenant aussi les quartiers de Courbessac ou de la route d’Uzès. La démocratie n’en ressortira que grandie. Finalement c’est à se demander si les migrants, politiques ou économiques, ne nous poussent pas à réfléchir davantage sur nous-mêmes.

Coralie Mollaret 

* Des petits canots avec lesquels des migrants, en provenance notamment des Comores, utilisent pour rejoindre le département français de Mayotte. 

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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