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VILLENEUVE-LEZ-AVIGNON Recenser les « profs décrocheurs » : la section FCPE du lycée Jean-Vilar regrette « la maladresse »

Le lycée Jean-Vilar à Villeneuve-lez-Avignon. (Marie Meunier / Objectif Gard)
Le lycée Jean-Vilar à Villeneuve-lez-Avignon. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Le 22 avril, un message de la section FCPE du lycée Jean-Vilar a enflammé une grosse polémique. Les auteurs parents d'élèves invitaient à recenser "les profs 'décrocheurs', afin d'en donner la liste au DASEN". Et ainsi de "communiquer par retour le nom et la matière des enseignants qui n'auraient donné aucune visio lors des semaines de cours en distanciel, aucune leçon sur ENT ou Pronote, n'auraient proposé ni corrigé aucun exercice".

Qualifiés d'incitation à la délation par beaucoup, notamment par le secrétaire départemental du SNALC (Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur), les mots employés créent un profond malaise envers les professeurs. Rapidement, la FCPE du Gard a publié un rectificatif et explique que ces propos découlent d'une "mauvaise compréhension" du mail initial.

Mardi dernier, le conseil d'administration au lycée villeneuvois s'est tenu à huis clos. Les professeurs de Jean-Vilar ont eu une réunion en visio ce jeudi également. Après cela, la section FCPE du lycée a rédigé suite à l'incident un courrier adressé aux professeurs et aux parents d'élèves : "Nous sommes désolés que nos propos aient pu choquer, notamment les enseignants. Notre intention n’était ni de dénigrer ni d’agresser. Aussi, nous regrettons autant la maladresse de nos mots que les violences qu’ils ont entraînées", est-il indiqué en introduction.

La section FCPE du lycée Jean-Vilar dit avoir conscience "des efforts considérables attendus des élèves et de leurs professeurs lors de l'enseignement à distance", et rappelle qu'elle avait envoyé un courrier au DASEN en février pour souligner "le professionnalisme de beaucoup d'enseignants".

Mais la section n'en démord pas en avançant : "Nous restons mobilisés pour recenser, dans cette période d’enseignement à distance comme en dehors, toute heure de cours non dispensée dont seraient privés les élèves, et chaque fois que c’est possible, aider à la mise en œuvre de solution palliative. Mais il est clair pour nous que ce recensement n'est en aucun cas destiné à être remonté nominativement au DASEN ou à la direction de l'établissement." On est loin des excuses publiques qu'espéraient les représentants du personnel du lycée Jean-Vilar...

Toutefois, l'intersyndicale départementale éducation disent "avoir reçu favorablement les excuses". Les syndicats rappellent que "la liberté pédagogique est inscrite dans le statut des enseignants et que seuls les inspecteurs pédagogiques et les personnels de direction sont fondés à juger, selon leurs prérogatives respectives, de l’implication d’un enseignant et de sa manière d’appliquer les programmes nationaux."

Et d'ajouter : "Les enseignants sont conscients des malentendus qui peuvent être générés par l’écart entre les attentes scolaires et celles des familles. L’intérêt des élèves suppose néanmoins que chaque membre de la communauté éducative respecte sa place et celle des autres intervenants."

Marie Meunier

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