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UZÈS « On achève bien les gros », le documentaire de Gabrielle Deydier de nouveau sur le petit écran

Gabrielle Deydier, originaire d'Uzès, est devenue obèse à l'adolescence. Elle raconte son histoire à travers le documentaire "On achève bien les gros" qui passera sur Arte ce mardi 8 juin à 22h20. (photo documentaire On achève bien les gros)
Pendant longtemps, Gabrielle Deydier s'est interdit d'aller à la piscine. Aujourd'hui, elle met de côté la peur "de déranger le regard des gens" et suit ses envies. (photo : documentaire On achève bien les gros)

Ce mardi 8 juin, à 22h20, la chaîne Arte diffusera le documentaire "On achève bien les gros", réalisé par Gabrielle Deydier avec Valentine Oberti et Laurent Follea. On y découvre l'histoire de Gabrielle Deydier, quadragénaire native d'Uzès et obèse depuis l'adolescence. Une partie du documentaire a été tournée à Uzès, auprès d'une classe du lycée Gide où la protagoniste a elle-même étudié. 

"J'ai tendance à dire que je mesure un Kylie Minogue et que j'en pèse trois." C'est par cette phrase teintée d'humour que commence le documentaire "On achève bien les gros". Si aujourd'hui Gabrielle Deydier arrive à se détourner de son obésité, elle n'est pas passée par des étapes faciles.

Gabrielle Deydier a vécu son enfance à Uzès, dans le quartier des Amandiers. Elle a commencé à prendre du poids à son arrivée au lycée. (photo : documentaire On achève bien les gros)

La Gardoise a passé son enfance "plutôt normale" dans le quartier populaire des Amandiers à Uzès. Bonne camarade, bonne élève, le ciel a commencé à s'obscurcir à l'arrivée en seconde. Des troubles anxieux apparaissent, Gabrielle, diagnostiquée surdouée, ne se sent plus en phase avec les autres élèves. À la fin de l'année scolaire, elle commence à prendre du poids. Sa mère l'emmène chez un médecin spécialiste pour maigrir. Trois mois plus tard, Gabrielle a pris 30 kg.

Bac raté deux fois

Elle enchaîne alors les traitements hormonaux, avec tous les effets indésirables que cela comporte, les régimes jusqu'à développer des troubles alimentaires... Avec son poids en plus, elle n'arrive pas à terminer la randonnée prévue de longue date avec sa classe et s'attire les foudres de sa professeure qui l'accuse "d'avoir piqué la place à quelqu'un de valide". Au mal-être se conjuguent la violence et le jugement des autres. La Gardoise ratera son bac deux fois, avant de l'obtenir.

Suivra une longue errance médicale : "En six ans, j'ai vu six endocrinologues différents. C'est le 7e, quand j'avais 23 ans, qui m'a détecté la bonne maladie." Elle enchaînera les formations, se heurtant souvent au refus des employeurs de la prendre en stage. Des fois par rapport à son poids. À 35 ans, après un nouveau fait de "grossophobie" au travail, elle se décide à écrire son livre "On ne naît pas grosse" et le sort en 2017 aux éditions de la Goutte d'or. Sur les pages, elle couche son témoignage douloureux : le déni, l'échec scolaire, les maladies imaginaires.

Suite à ce livre, Valentine Oberti contacte Gabrielle Deydier pour tourner le documentaire "On achève bien les gros". On y découvre Gabrielle de retour au lycée Gide. Les émotions ressurgissent, au point que la Gardoise ne sait pas si elle va y arriver. Finalement, elle prend son courage à deux mains et rencontre ces élèves de seconde pour parler "grossophobie", complexes, moqueries, confiance en soi, intimité ; le tout sans tabou.

Dans le documentaire, on voit Gabrielle Deydier discutait avec une classe de secondes du lycée Gide à Uzès, "son ancien bahut". Elle parle de ce qu'elle a vécu, mais aussi de complexes, "grossophobie", intimité... (photo : documentaire On achève bien les gros)

Dans le documentaire, on découvre le quotidien de Gabrielle, loin d'être adapté aux personnes en surpoids. "Au niveau des politiques publiques, on n'a pas anticipé cette obésité qui a doublé en 15 ans. La prévention, les régimes ne suffisent pas. Hélas, tout le monde ne maigrit pas", dresse l'auteure. En filigrane, elle a poussé sa réflexion encore plus loin avec son futur roman "Metabo", une dystopie où être gros serait un délit : billet d'avion refusé, renvoi...

À l'écran, on la voit aussi s'intéresser à d'autres thèmes comme la violence psychologique que subissent les personnes grosses ou encore la chirurgie bariatrique... 52 minutes d'images, sans jamais tomber dans le pathos, mais qui appellent à la tolérance et à l'inclusion. Qu'elles soient dans les esprits mais aussi dans les politiques ou dans la vie du quotidien.

Marie Meunier

"On achève bien les gros" sur Arte, à 22h20. Visible sur le site internet d'Arte en cliquant ici.

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