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FAIT DU JOUR Chloé Ridel, cette énarque qui aimerait compter dans le Gard

(Photo : droits réservés)
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Âgée de 30 ans, cette jeune énarque a grandi dans la maison familiale de Ledenon. Chloé Ridel n’exclut pas de s’engager en politique dans le Gard. Du moins, lorsque les conditions le permettront. Portrait. 

« Le Gard, c’est chez moi ! », lance un brin revendicative Chloé Ridel, 30 ans. La jeune fille de 30 ans n’est pas une totale inconnue du monde politique gardois. Chloé Ridel est la fille du chef d’entreprise Gilles Ridel, ancien président de l’Agence de développement économique de Nîmes métropole, à l’époque où le Centriste Yvan Lachaud en était le président. Chloé Ridel s’est également affichée l’an dernier au coté du Parti radical de Gauche à Nîmes, qui se désolait de la division de la Gauche à la Présidentielle. La situation n’a guère évolué. 

Chloé Ridel continue d’écrire sa propre histoire. D’ailleurs quelle est-elle ? Née en région parisienne, l’étudiante a passé son bac au lycée Daudet de Nîmes. « Quand j’étais enfant, je venais dans la maison familiale de Lédenon puis avec ma famille, nous sommes venus nous y installer », raconte la jeune femme qui, pendant ses études, était serveuse à la Grande Bourse. Le bac en poche, la jeune femme réussit le concours d’entrée à Sciences-po Paris et y décroche sa licence et son master.

De la Martinique à Bruxelles en passant par la Chine

Les études lui réussissent. Chloé Ridel décroche le concours d’entrée de l’École nationale d’administration (ENA), promotion Georges Orwell. Basée à Strasbourg, cette école forme depuis 1945 les hauts fonctionnaires de France. Elle sera supprimée cette année et remplacée par l’institut du service public. Une expérience « très enrichissante avec deux ans de scolarité et des périodes de stage où l’on rencontre des profils très variés ». Son premier stage est d’ailleurs un dépaysement total : Chloé Ridel se retrouve auprès du préfet de la Martinique à Fort-de-France pendant six mois, de juillet à décembre 2015.

« C’est difficile pour une femme blanche de 23 ans », confie-t-elle, « il y a beaucoup d’inégalités entre les créoles blancs, les békés, qui représentent 2% de la population mais qui possèdent 80% des richesses. Les populations créoles noires, plus nombreuses, sont les plus pauvres ». Cette inégalité se retrouve malheureusement au sein de la fonction publique « avec une hiérarchie facile au sein de l’État ». Aux Antilles, « les pouvoirs des préfets sont plus étendus qu’en métropole comme le contrôle des prix, des forces militaires. Tout le monde connaît le préfet là-bas ! » 

Son deuxième stage se déroule à la Commission européennes à Bruxelles. À l’époque, le Français Pierre Moscovici est commissaire européen aux affaires économiques. « Nous étions en pleine crise avec la Grèce et son ancien ministre Yánis Varoufákis qui critiquait vivement les plans d’aides de l’Europe pour résorber la dette grecque », se souvient Chloé Ridel. Cette expérience « m’a énormément appris sur le rapport de force en politique ». Son troisième stage se fera en entreprise, à l’Établissement public pour l’aménagement de la région de la Défense : « Notre mission était de vendre du foncier avec des espaces aériens à des entreprises ». 

Diplômée de l’ENA, Chloé Ridel intègre le ministère de l’Économie à Paris : « Je préparais les réunions des ministres de l’économie des pays de l’Union européenne. C’est à l’époque du Brexit ». En 2019, la Gardoise part six mois à Bucarest en Roumanie pour aider le pays à prendre la présidence de l’Union européenne. De retour en France, Chloé Ridel siège au Conseil d’administration de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures : « Une banque créée pour concurrencer le Fonds monétaire international qui finance notamment les nouvelles routes de la soie. » Une manière pour la France et l’Europe d’avoir un œil sur les affaires des Chinois.

« J’ai toujours avancé à l’œil, à l’intuition » 

Depuis la crise sanitaire, Chloé Ridel a intégré la cellule d’aide pour les entreprises en difficulté à Bercy. En parallèle, la jeune femme s’intéresse à la politique. Elle a créé son association « Mieux voter » : « les modes de scrutin ne tombent pas du ciel, on peut les changer pour que les électeurs s’expriment réellement ». L’idée est de demander aux électeurs d’évaluer tous les candidats sur une échelle de cinq graduants allant d’excellent à rejeté. Un système adopté notamment dans le cadre de la primaire populaire qui a investi l’ex-ministre Christiane Taubira à la Présidentielle 2022.

Si elle n’a jamais adhéré à un parti politique, Cholé Ridel se verrait bien faire de la politique « dans le Gard où j’ai toutes mes attaches affectives ». Reste à savoir quand et comment ? « Je vais quitter le ministère au printemps, ça fait plus de 5 ans que j’y suis… Je suis quelqu’un de volontaire mais c’est vrai qu’en ce moment le paysage politique avec l’éclatement de la Gauche n’est pas idéal », confie la jeune femme prometteuse qui explique : « J’ai toujours avancé à l’œil, à l’intuition. » Et de regretter : « À Nîmes, il n’y a aucune culture pour faire vivre ces jeunes qui n’ont pas eu d’autre choix de faire leurs études ailleurs.»

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com 

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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