De Roquemaure à Gallargues-le-Montueux en passant par Remoulins et les échangeurs nîmois, pas moyen d’entrer ou de sortir de l’autoroute dès 4h et jusqu’à plus de 8h. Pourquoi ? Les agriculteurs poussaient un coup de gueule.
« Nous soutenons les collègues éleveurs. Ici, nous avons un peu d’élevage avec le taureau de Camargue et la vaccination des vaches, au titre de races bovines rares, nous concerne », explique David Sève, président gardois de la FDSEA, syndicat majoritaire dans le département.
« Nous n'acceptons pas le traitement qu'ont reçu les agriculteurs en Ariège. Nous voulons vivre de notre métier et que nos produits soient payés à leurs justes valeurs. On veut garder notre souveraineté alimentaire car l'agriculture traverse une énorme crise agricole, nous étions obligés de montrer notre mécontentement. »
Mais, vous le savez, les agriculteurs n’ont pas que cela en travers de la gorge… « Nous disons non à l'accord Mercosur. Nous ne voulons pas d'interdiction sans solution avec des alternatives techniques et économiques concrètes. Nous disons aussi non à la taxe sur les engrais azotés. »
Idem côté assurance récolte. Les paysans gardois comptent bien exclure les années d'aléas climatiques du calcul de la moyenne de référence. Les céréales ? « Il faudra réévaluer à la hausse les prix d'intervention, aujourd'hui ridiculement bas. Nous demandons l’application sans délai du plan de soutien à la filière viticole et nous faciliter l'accès à l'eau pour le stockage, l’irrigation. » La simplification administrative, encore et toujours, est également de mise.
Dans le calme, cette nuit, plusieurs convois composés de 80 tracteurs se sont dispatchés sur le territoire aux abords des entrées d’autoroutes. 70 gendarmes et 40 policiers, renforcés par un escadron de gendarmerie mobile (60 gendarmes) étaient présents avec 15 sapeurs-pompiers pour assurer le bon déroulement des blocages prévus.
Car blocages il y a eu. Dans l’ordre et le calme, sans dérapage, comme souvent avec les agriculteurs. Sans vouloir enquiquiner les Gardois, ils voulaient leur signifier leurs problématiques.
Des perturbations, assez importantes, ont peut-être énervé quelques automobilistes, mais le gros de la troupe a su jouer le jeu de l’attente et de la compréhension. Il n’était pas rare d’entendre, malgré la pluie et le vent, des klaxons en soutien à la cause.
Les entrées et sorties de Roquemaure, Remoulins, Nîmes-Est, Garons, Nîmes-Centre, Nîmes-Ouest et Gallargues-le-Montueux étaient bloquées dès 4h et le furent jusqu’en début de matinée pour les camions qui ont été filtrés sur les coups de 8h30.
Si les blocages devaient être maintenus jusqu’à midi, ce type d’action pourrait être à nouveau organisé d'ici à la fin de l’année. Le but ne sera pas d’enclencher la grande lutte avant les fêtes, mais bel et bien en début d’année si les demandes ne sont pas écoutées et mises en pratique. Après…