La douce acoustique du h2 et le parquet en bois portent la musique jusqu'au dernier rang du balcon.
Dans la salle, quelques silhouettes en uniforme. Des gendarmes blessés, venus écouter leurs camarades musiciens. Sous la baguette du colonel Sébastien Billard, l’orchestre a déroulé un programme très français, populaire, comme savent le faire les grandes formations d’harmonie. D’entrée, Berlioz et sa Marche hongroise de La Damnation de Faust ont posé le décor. Puis Bizet et des extraits de L’Arlésienne et le saxhorn solo de Corentin Morvan ont rappelé que le sud n’est jamais très loin.
Des classiques classiques
Le voyage s’est poursuivi entre la Sicilienne de Fauré, la Danse espagnole du Tribut de Zamora de Gounod et la Bacchanale de Samson et Dalila de Saint-Saëns, pièce spectaculaire où les cuivres ont fait parler la poudre. Mention particulière aux flûtes, très remarquées au fil du concert particulièrement au moment Morricone, apportant des respirations plus délicates dans cette architecture sonore dominée par les cuivres, trompettes, trombones, cors et tubas, mais aussi saxophones, notamment les saxophones altos et ténors. Et au milieu une harpe et deux contrebasses.
La seconde partie a pris un virage plus familier, la douce Gymnopédie de Satie visité par Debussy et revisitée par l'Harmonie, l’exubérante España de Chabrier, Chostakovich, puis un détour par le cinéma avec Ennio Morricone et John Williams. Quand les premières notes de Star Wars ont résonné, le public a déposé les armes et s’est abandonné à Dark Vador.
Une soirée généreuse, applaudie debout, dans laquelle la musique militaire s’est faite civile dans un concert vertueux.