Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 16.02.2024 - Anthony Maurin - 4 min  - vu 386 fois

L’INTERVIEW Philipe Marchelek : "Mettre en relation les bons candidats qui ont les bons prérequis avec les entreprises"

Le Purple campus de Nîmes-Marguerittes présente une nouvelle filière qui a du sens pour le territoire et son avenir. Le diplôme d'études universitaires scientifiques et techniques Préparateur/technicien en pharmacie. Le directeur Philippe Marchelek l’explique. Interview.

Objectif Gard : Quels sont les enjeux de la formation ?

Philippe Marchelek : Mettre en relation les bons candidats qui ont les bons prérequis avec les entreprises pour que les contrats d’apprentissage aillent au bout. On sait qu’un des enjeux de l’apprentissage, c’est de faire les bons mariages d’emblée pour éviter des ruptures, même si dans le domaine de la santé c’est plus rare. On doit veiller à avoir les bons prérequis, surtout pour un DEUST.

Le DEUST remplace un brevet professionnel, c’est bien ça ?

Nous terminons la sortie de notre première promotion DEUST en juin prochain, mais nous avons entamé la deuxième session. Il y a actuellement des élèves en première année qui sortiront donc en 2025 après la formation de deux ans qui a pris la place du brevet professionnel Préparateur en pharmacie qui s’arrête au bénéfice de ce diplôme universitaire.

Pourquoi cette création ?

L’enjeu de ce diplôme est le gros travail de construction qu’il faut faire en partenariat avec l’Université, qui établit les programmes en discutant avec nos formateurs et les profs de la faculté. Les équipes pédagogiques œuvrent encore pour finaliser le dernier semestre, nous sommes très fiers de ce partenariat. Nous avons aussi un nouveau partenaire, d’Alzon, qui va ouvrir lui aussi 30 places dès la rentrée prochaine en complément.

Comment choisissez-vous les filières à créer ?

Chaque année, nous formions une trentaine d’apprentis et Éric José, le président des pharmaciens du Gard, a estimé qu’on pouvait étoffer un peu. Nous le faisons car nous allons passer de 60 à 80 nouveaux. En tout, ici, sur le site de notre campus d’Alès et à d’Alzon, on va avoir dans le département du Gard une capacité de réponse aux pharmaciens.

C’est beaucoup !

On espère que ça ne fera pas trop, mais la profession demande ça, la fac aussi. Il y a nécessité de former en masse car il va y avoir des manques. Nous nous mettons en ordre de marche pour cela. En tout, il y aura entre 120 et 130 places chaque année dans le Gard, maillées sur le territoire entre Nîmes et Alès. Ainsi, nous répondrons sans doute aux besoins du territoire gardois.

Comment se répartiront les apprentis sur le territoire ?

Purple est présent à l’échelle de l’Occitanie, mais le DEUST ne l’est que sur six campus de l’ancienne région Languedoc-Roussillon : à Alès, Nîmes, Montpellier, Béziers, Carcassonne et Perpignan (le lycée Greta au CFA de Montpellier fait grimper le chiffre à 380 apprentis DEUST, NDLR). On espère avoir un roulement de croisière de 400 apprentis.

Les débouchés sont réels ?

Globalement, la santé est en tension. Il y a aussi un problème d’attractivité et de concret chez les jeunes. Il faut aller les chercher ! Ils n’ont pas la bonne représentation du métier, on doit leur apporter, leur expliquer, leur donner des éléments de réflexion car ils sont encore immatures. C’est à nous de leur expliquer les modalités et les poursuites d’études après le bac en ciblant les bons profils à partir des bacs généraux et des options en physique-chimie ou en biologie.

Ce métier est pourtant méconnu…

Préparateur en pharmacie, les jeunes en entendent parler mais sans trop savoir ce que c’est, ni même sans connaître le parcours pour y arriver. C’est quelque chose qu’il faut travailler, mais le fait que nous parlons maintenant d’un diplôme universitaire devrait contribuer à l’attractivité. On revalorise le métier, on voit déjà un écart sur nos jeunes en deuxième année par rapport aux premières années qui sont déjà bien conscients des choses. Ils ont repéré cette formation en voyant tout son intérêt alors que l’année d’avant, avec la méconnaissance du diplôme, les premiers choix sur Parcoursup n’étaient pas forcément d’aller sur un DEUST.

Être attractif est essentiel ?

Petit à petit, on y arrive. Il y a un vrai besoin et celles et ceux qui choisissent ces études sont assurés de travailler. L’attractivité, c’est aussi la poursuite et après le DEUST on peut aller au-delà sur une Licence professionnelle ou sur les nombreuses passerelles pour repartir sur des études en pharmacie pour les meilleurs. La filière santé est à valoriser, elle a des débouchés et, en plus, ils sont en local car nous formons pour cela.

L’apprentissage est conçu sur-mesure ?

L’apprentissage c’est ça ! On ne travaille que sur des formations en lien avec les besoins actuels des entreprises de notre tissu économique. Chaque année, à Purple, nous mettons en sommeil des formations, nous en créons de nouvelles. Pour cela, nous partons des besoins des entreprises ou les syndicats qui nous font remonter leurs manques chaque année. On s’adapte, c’est toute la force de l’apprentissage !

D’autres formations viendront agrémenter la vie du campus ?

On ouvre, à la rentrée 2024, deux nouvelles formations suite à cela. Un BTS Comptabilité-gestion, et un Bac pro maintenance des systèmes de pilotage industrialisés en industrie car le tissu gardois en avait besoin. Il faut trouver des solutions… Pour répondre à d’autres besoins des pharmaciens, nous ouvrons un diplôme de branche, le Certificat de qualification professionnelle en dispensation du matériel médical en officine. On répond vraiment aux besoins !

Anthony Maurin

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