Publié il y a 1 an - Mise à jour le 30.07.2022 - corentin-migoule - 3 min  - vu 456 fois

CORBÈS Avec la nouvelle station de traitement de l'arsenic, l'eau redeviendra potable

La station de traitement de l'arsenic de Corbès a été inaugurée ce vendredi matin. (Photo Corentin Migoule)

La maire de Corbès, Monique Crespon-Lherisson, et Christophe Rivenq, président d'Alès Agglomération. (Photo Corentin Migoule)

Ce vendredi matin, quatre mois après le lancement des travaux, la nouvelle station de traitement de l'arsenic de Corbès a été inaugurée. 250 000 euros ont été investis pour rendre à nouveau potable l'eau de la commune.

Depuis "quatre-cinq ans" à en croire Monique Crespon-Lherisson, maire de Corbès, les eaux captées au niveau du puits communal enregistrent des concentrations en arsenic qui, à certaines périodes de l'année, atteignent voire dépassent la limite de qualité fixée à 10 microgrammes/litre par la réglementation française en matière de distribution d'eau potable. En 2020, puis en 2021, cela a contraint Alès Agglomération à déclarer par deux fois, en accord avec l'agence régionale de santé (ARS), l'eau impropre à la consommation.

Dans pareils cas, le délégataire de service public en charge de la production (Veolia Eau) se charge de fournir des bouteilles d'eau aux services municipaux à destination de la population. C'est actuellement le cas pour les Corbèsiens depuis plusieurs semaines, puisque l'eau a une nouvelle fois été déclarée impropre à la consommation du fait d'un nouveau et "léger" dépassement de la norme sur l'arsenic depuis le 4 juillet.

250 000 euros hors taxes

Pour endiguer ce fléau identifié depuis plusieurs années, la municipalité corbèsienne avait envisagé la mise en place d'une station de traitement de l'arsenic avant d'y renoncer en raison du coût déraisonnable qu'elle représentait pour une commune de 150 habitants. Seulement depuis, les compétences eau et assainissement sont revenues à Alès Agglomération, en application de la loi NOTRe. Ainsi, les élus communautaires ont, dans la foulée, concocté le programme "Alès Aggl’eau 2030" qui prévoit des investissements afin de mettre aux normes des installations d’eau potable, assurer une remise en état, renouveler les réseaux et équipements sur les communes concernées.

Ce qui a donc profité à Corbès où, quatre mois après le début du chantier, la station de traitement de l'arsenic, cachée dans la forêt, en contrebas de la voie du Train à vapeur des Cévennes, a été inaugurée ce vendredi matin. Un projet qui n'aurait "jamais vu le jour si la solidarité communautaire n’existait pas", a martelé le président d’Alès Agglomération, Christophe Rivenq, remercié plusieurs fois par la maire, Monique Crespon-Lherisson, consciente que la commune n'aurait pas pu assumer seule le débours d'une telle somme (250 000 euros hors taxes et hors frais d'études). 70% du montant revient à l'Agglo, tandis que le Département financera les 30% restants.

Un média filtrant (hydroxyde de fer) suivi d'une adsorption de l'arsenic et d'une chloration gazeuse assurent la traitement de l'eau. (Photo Corentin Migoule)

Désormais, grâce à un procédé spécifique faisant usage d'un média filtrant, l'eau prélevée en milieu naturel est filtrée à 100%. Alors que la concentration en arsenic de l'eau avait atteint 11 microgrammes/litre, elle chute à 0,11 microgrammes/litre à la sortie du filtre, ce qui lui confère une marge très confortable au regard de la norme nationale. "Il était temps", a réagi Monique Crespon-Lherisson, qui y est aussi allée de son anecdote : "Il y avait des dames d'origine biélorusse en séjour sur la commune qui venaient sans cesse chercher des bouteilles d'eau. Quand j'ai demandé pourquoi elles en prenaient autant, elles m'ont dit qu'elles se lavaient la tête avec car elles pensaient que l'arsenic allait leur faire tomber les cheveux (rires)." 

De son côté, Christophe Rivenq, qui se satisfait pleinement de ces "excellents résultats", s'est laissé aller à un "petit coup de gueule". En effet, l'actuelle non-conformité de l'eau ne pourra être levée que lorsque l'ARS communiquera officiellement le résultat de sa propre analyse. Un organisme de santé qui, malgré l'invitation du président de l'Agglo à se prononcer rapidement au regard du caractère "urgent", tarderait à le faire. "Cette station fonctionne. L'eau est bonne. Mais tant que l'ARS ne donne pas son feu vert, nous ne pouvons pas déclarer officiellement l'eau potable sur Corbès. On espère pouvoir le faire dès lundi !", a conclu Christophe Rivenq.

Corentin Migoule

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