D'abord la formation, puis potentiellement la "résistance". À la tête d'une équipe municipale renouvelée aux deux tiers, plus jeune et moins expérimentée, mais déterminée à apprendre, Julie Lopez-Dubreuil, à peine sortie d'une campagne "courte mais intense", se projette déjà sur les six à sept prochaines années. "Le noyau dur de l’équipe sortante, désormais aguerri, permettra de transmettre et d’échanger avec ces nouveaux élus", explique l'élue sortante.
"Nous sommes élus par la population, mais soumis aux ordres de l’État par l'intermédiaire du préfet, on verra ce qu'il en est dans les prochaines années..." Face aux incertitudes politiques et économiques à venir, ce mandat pourrait donc être centré autour de la "résistance" : "On peut vite faire face à des situations très complexes. Je ne suis pas encartée, mais j’ai des convictions profondes et je n’accepterai pas n’importe quoi", affirme-t-elle. La formation des élus et l'étalement des projets, pour éviter l’endettement, resteront une priorité, comme lors du mandat précédent.
Transition écologique et autonomie locale au cœur des priorités
Le mandat s’annonce marqué par une forte ambition environnementale, portée sur la rénovation de l'école, des économies d’énergie, l'entretien du patrimoine hydraulique et forestier, la création de réserves foncières et le développement d’espaces de compostage collectif. Les jardins et vergers communaux, ainsi que la récupération des eaux grises pour les bâtiments publics, figurent aussi parmi les projets phares.
La résidence des Mares, destinée aux aînés et dotée de douze logements accessibles, un jardin et une pièce commune, devrait voir le jour prochainement. Tout cela alors que l'élue poursuit ses études à Sciences Po Lyon : "Ça n'a pas été ma priorité ces derniers temps, j'ai trois devoirs en retard !", se souvient et sourit celle qui aura sa remise de diplôme d'établissement Ruralité et Mandat communal en juin prochain.
Aménagements urbains et mobilités douces
La sécurité et l’aménagement du village sont aussi à l’ordre du jour. Les entrées du village, notamment côté Alès, seront sécurisées, la vitesse limitée aux abords de l’école, et la voirie entretenue. La fluidité sur la RD 50 sera repensée, tandis que les mobilités douces, l’ombrage et la végétalisation du parking du Provençal seront développés. Un nouveau cimetière est également à l’étude.
Culture, patrimoine et participation citoyenne
Les chantiers participatifs (entretien, aménagements), la rénovation de l’église et de l’ancien temple en espace associatif, ainsi que l’aménagement de l’aire de jeux du foyer et de l’espace central entre l’école et la bibliothèque, sont prévus. La refonte du budget participatif et les événements culturels à Sauvages, couplés à la préservation des ruines, complètent cette dynamique. Les balades citoyennes dans les quartiers reprendront également.
Démission de l'opposition : "Dommage pour notre système démocratique"
Au lendemain du conseil municipal d'installation, les 19 colistiers d'Ensemble pour Saint-Jean-du-Pin, dont 4 étaient élus dans l'opposition, ont démissionné*, malgré leurs 45,16 % et 387 voix, soit seulement 83 de retard sur 'Vivre Saint-Jean-du-Pin'. "C'est surtout dommage pour leurs électeurs et ça remet en question notre système démocratique, ça m'a surpris. Nous les avons toujours écoutés et laissés s'exprimer, répond la première édile. Nous avons parfaitement respecté le processus électoral et les lois liées aux élections."
Et d'assurer : "La politique ce n'est pas que l'opportunisme, ils se plaignent de n'avoir aucune voix à l'office municipal de la culture, qui gère le festival du rythme de Saint-Jean-du-Pin. Il compte cent bénévoles et pas un seul de leurs colistiers en fait partie...", répond la première édile. Conséquence directe : le conseil municipal sera composé de 15 élus et non 19, les quatre conseillers d'Ensemble pour Saint-Jean-du-Pin n'étant pas remplacés.
Communiqué de la liste "Ensemble pour Saint-Jean-du-Pin" :
Les 19 élus de la liste "Ensemble pour Saint-Jean-du-Pin" ont décidé de démissionner collectivement du conseil municipal, ce qui signifie qu’ils n’auront aucun représentant au sein de cette instance pendant les 6 prochaines années, décision prise à l’unanimité. « Il ne s’agit en aucune façon de remettre en cause le résultat des urnes car pour provoquer de nouvelles élections, il aurait fallu qu’un tiers des élus de l’ensemble du conseil municipal démissionnent, soit 7 conseillers, or nous n’avons que 4 élus ». Pour expliquer leur choix, ils poursuivent : « Pendant les 6 ans du précédent mandat, nous avons eu à déplorer un manque d’inclusion au sein du conseil municipal dans les projets et la concertation. Deux évènements récents sont venus conforter notre position. Tout d’abord la censure par la suppression illégale de notre tribune d’expression dans le bulletin municipal n° 68 d’octobre 2025, sous prétexte de période de réserve liée aux élections municipales. Pourtant, dans ce même bulletin, il y avait une photo de la maire, seule, effectuant son petit marché ! D’autre part, pour les élections municipales de ce 15 mars 2026, comme la loi nous y autorisait, nous avions demandé un poste d’assesseur, c’est à dire une personne de notre liste chargée du cahier des émargements. Nous ne l’avons pas obtenu ; la maire nous a déclaré qu’elle était la présidente du bureau de vote et que c’est elle qui décidait » ! Les candidats de la liste " Ensemble pour Saint Jean du Pin " rappellent qu’au cours du précédent mandat, ils n’avaient déjà obtenu aucun délégué titulaire ou suppléant au Syndicat mixte d'électricité du Gard, au syndicat DFCI des Basses vallées cévenoles, aucun des huit élus délégués à l’Office municipal de la culture (OMC), aucun de cinq membres désignés du CCAS, etc. Ils concluent ainsi : « ce n’est pas la conception que nous avons de la démocratie participative et ces derniers évènements nous ont amenés à prendre cette décision car ils prouvent à eux seuls et s’il en était encore besoin, que le nouveau mandat sera à l’image du précédent ».
Adjoints :
- 1ᵉʳ adjoint : Didier Lauriol, à l'urbanisme et aux travaux
- 2ᵉ adjoint : Karine Lopez, aux affaires scolaires et à la communication
- 3ᵉ adjoint : Michael Daniel, aux associations, sports et jeunesse
- 4ᵉ adjoint : Aurélie Bonnet Piana, aux affaires sociales
- 5ᵉ adjoint : Philippe Merli, aux finances