26,23 millions d'euros. Tel est le montant de la dette actuelle de Bagnols/Cèze, 30 % de cette somme ayant été contractée en 2025. Le taux d'endettement communal s'élève à 89 %, avec une dette par habitant à 1 422 euros, alors que la moyenne nationale tourne autour des 900 euros. Les comptes sont ainsi rentrés en "phase de vigilance", avec 8,2 années nécessaires pour se désendetter.
Ces chiffres, hérités de l'ancienne municipalité, ont été présentés ce jeudi 25 juin par Denis Daude, adjoint aux Finances, devant un public bien plus nombreux qu'à l'accoutumée, dans le cadre du compte financier unique (chiffres détaillés en fin d'article), nouveau document financier qui remplace les anciens comptes administratif et de gestion des collectivités locales. Pourtant, et à l'inverse de ce que beaucoup redoutaient, les subventions aux associations, excepté Mosaïque en Cèze, n'ont quasiment pas chuté, la municipalité privilégiant l'abandon de projets coûteux.
"Votre politique n'a rien à voir avec les chiffres de la commune"
Malgré ces chiffres, Jérôme Jackel estime que la ville "n'est pas en faillite. La situation reste maitrisable, elle impose de la rigueur, oui, mais pas de l'austérité sociale." Pour Christine Muccio, avant même que la question des subventions n'arrive sur la table, diminuer ces dernières "relève uniquement de votre politique, ça n'a rien à voir avec les chiffres de la commune".
L'ancienne adjointe à l'Éducation ne tarde pas à obtenir réponse de la maire : "Nous héritons d'une situation financière critique, délétère, comparable à une pyramide de Ponzi. L'état des lieux est préoccupant, ce pourquoi nous voulons être transparents. Si la santé de la ville était à ce point florissante, pourquoi ne pas avoir climatisé les écoles ?" En ce sens, une commission de contrôle financier a été créée.
De 190 000 à 13 000 euros pour Mosaïque en Cèze
Ainsi, pour la mairie, le cinéma, évalué à 850 000 euros, sans compter les 400 000 à 500 000 euros de travaux à prévoir et l'absence de gestion locative, est "hors de prix pour Bagnols". "D'autres dépenses sont plus prioritaires, ce pourquoi nous ne donnons pas suite au projet de rachat des murs." Quant à la passerelle sur la Cèze, les dernières estimations sont à 1,58 million d'euros HT, contrairement aux 400 000 euros annoncés durant la campagne électorale.
Concernant les neuf spectacles annulés à La Pyramide, le déficit cumulé prévisionnel dépassait les 50 000 euros. Les trois spectacles estivaux du Mont-Cotton - Ben Mazué, Hit 80/90, Hélène Segara -, signés irrévocablement, représenteront eux une perte de 230 000 euros. "J'accepte que l'on perde de l'argent pour la culture, mais il y a une marge avec une perte abyssale. Nous ne nous attaquons ni à la culture ni aux associations (voir plus bas), cela me parait juste être du bon sens. Nous nous attaquons simplement au budget de fonctionnement, sans toucher au quotidien des Bagnolais", explique Pascale Bordes.
Même son de cloche pour Bagnols Plage, pour qui "la ville a déjà été généreuse" les années précédentes. Mais surtout pour le centre social Mosaïque en Cèze, qui percevait jusqu'alors 190 000 euros, mais ne touchera finalement que les 13 000 euros engagés dans le contrat de Ville : "Quand une commune, endettée ou non, verse une telle somme, elle a un droit de regard sur les comptes de l’association bénéficiaire. Mosaïque en Cèze a des droits, mais aussi des devoirs, elle ne s’y soumet pas et avance des prétextes fallacieux. Nous privilégions d’autres associations qui jouent le jeu et n’ont pas leur situation financière", justifie la majorité, rappelant que 70 % du budget de l’association sont dédiés aux salaires (voir réaction plus bas).
La Tour G1 des Escanaux démolie en septembre
La concertation publique sur l'avenir des Escanaux étant arrivée à terme le 17 avril, l'heure était venue d'en délibérer. La première étape de curage tiendra jusqu'en septembre 2026, la démolition sera lancée le 15 septembre.
Ont aussi été validés un partenariat avec le Rugby Club Bagnols Marcoule et le ministère des Armées, un autre dans le cadre des objectifs du projet éducatif de territoire.
Le CFU en détail :
Les recettes atteignent 49 millions d'euros et les dépenses 46,6 millions, mais le résultat de l’exercice 2024 repris en 2025, en déficit de 4,5 millions d'euros, offre un résultat de clôture en négatif de 2,1 millions d'euros. Pour détails, 13,7 millions des recettes proviennent des impôts directs locaux, à savoir la taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe d'habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l'habitation principale, la taxe foncière sur les propriétés non bâties, la cotisation foncière des entreprises. La dotation globale de fonctionnement, versée par l’État constitue, elle, 7,9 millions de recettes.
Les charges de personnel et frais assimilés représentent un tiers des dépenses, les dépenses de charge sept autres millions et les autres charges de gestion courante 3,4 millions d'euros.
Le CFU de la Caisse des Écoles connait lui un excédent de vingt mille euros, celui de la Zone du Berret un déficit de 106.000 euros, causé par l’annulation du stock initial.
Principales subventions aux associations et clubs sportifs :
- HAND-BALL BAGNOLS GARD RHODANIEN : 90 000 €
- FOOTBALL CLUB BAGNOLS PONT : 50 000 €
- RUGBY CLUB BAGNOLS MARCOULE : 16 000 €
- SPORT OLYMPIQUE BAGNOLS MARCOULE NATATION : 7 000 €
- BAGNOLS TENNIS GARD RHODANIEN : 4 700 €
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GYMNASTIQUE LA ROSE BLEUE : 3 000 €
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BASKET-BALL ASCC : 2700 €
Le montant total, pour une quarantaine de bénéficiaires, s'élève à 195 450 €, soit 8 000 euros de moins qu'en 2025.
Autres subventions :
Les associations culturelles perçoivent 18 850 euros, dont 5 500 euros pour le club taurin et 3 000 euros pour Est-Vie'Danse. Le secteur Solidarités reçoit 13.000 euros.
Les associations de parents d'élèves reçoivent chacune 250 euros, celles des anciens combattants 200€. Ces montants sont équivalents ou en deçà de 1 000 euros à 2025.
Réaction de l'association Mosaïque en Cèze
Ce désengagement financier met en danger immédiat l’activité de deux centres sociaux implantés en Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville (QPV). Cette perte représente plus de 20 % du budget total de l’association avoisinant les 900.000 € et remet en cause l’équilibre même de la structure.
Ce sont 650 familles adhérentes, des milliers d’habitants directement impactés et des actions concrètes qui disparaissent : accompagnement de proximité ; soutien à la parentalité ; activités éducatives et culturelles ; médiation et accès aux droits.
C’est également un coup d’arrêt brutal à l’emploi local. L’association emploie aujourd’hui 15 professionnels (13,13 équivalents temps pleins).
Pour répondre à la dynamique engagée, la croissance des effectifs pour 2026 était de passer à 18 salariés (16,13 équivalents temps pleins).
La suppression de la subvention entraîne : l’abandon immédiat des recrutements en cours ; un risque sur les emplois existants ; une dégradation des conditions de travail.
Ce sont des emplois qualifiés, non délocalisables, ancrés dans les quartiers.
L'affaiblissement de la structure entraînera moins de présence éducative et sociale, une augmentation des situations d’isolement, une pression accrue sur les services publics, une fragilisation du tissu associatif local.
Cette décision politique entraine un transfert de charge vers d’autres institutions, un risque d’aggravation des difficultés sociales, une perte d’investissement sur la prévention.
Chaque euro retiré aujourd’hui risque de coûter plus cher demain.