Publié il y a 1 h - Mise à jour le 12.06.2026 - Tony Duret - 2 min  - vu 279 fois

ÉDITORIAL La drôle de conception de la démocratie au PS…

Au Parti socialiste, les militants votent et la direction nationale décide s'ils ont bien voté. 

Les élections sénatoriales n’auront lieu que dans plus de trois mois, le 27 septembre prochain. Pourtant, elles agitent déjà le petit monde politique gardois. Et comme les responsables locaux sont rarement décevants, jamais à court d’une manœuvre lorsqu’un mandat est en jeu, l’actualité prend parfois des allures de comédie. Certains en rient, d’autres s’en désolent. Mercredi soir donc, les militants socialistes étaient appelés aux urnes pour désigner celui qui pourrait porter leurs couleurs aux sénatoriales. Trois candidats sur la ligne de départ: le sénateur sortant Denis Bouad, le président de la Banque alimentaire Joseph Pronesti et le conseiller départemental de Bagnols-sur-Cèze Alexandre Pissas. À l’arrivée, ce dernier s’impose assez facilement avec 45 % des suffrages. Au passage, un chiffre interpelle : seulement 285 militants ont participé au vote dans l’ensemble du département… Peut-être que si les socialistes ne se déplacent plus, c’est qu’ils se lassent du spectacle offert par certains de leurs représentants. Car Denis Bouad, il y a encore quelques semaines, avait assuré qu’il ne repartirait pas. Mais on serait revenu le chercher. Presque malgré lui. Une sorte de retour du sauveur. Le Zidane de la Coupe du monde 2006. Sauf que le coup de boule pourrait bien être pour Alexandre Pissas. Pourquoi aurait-il à craindre alors qu’il a remporté le suffrage des militants gardois ? Parce qu’au Parti socialiste, gagner un vote interne ne garantit pas l’investiture finale. Alexandre Pissas en sait quelque chose. En 2020 déjà, dans un scénario identique, les instances nationales du Parti à la rose ont préféré donner l’investiture à Denis Bouad, allant ainsi à l’encontre du vote des militants. À quoi sert leur vote s’il peut être écarté au dernier moment ? Les résultats du scrutin de mercredi sont donc à prendre avec beaucoup de pincettes. Au Parti socialiste, la démocratie est une affaire d’interprétation. Ou d’amitiés…

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