C’est une affaire d’extorsion qui a intéressé le tribunal correctionnel de Nîmes, le vendredi 23 janvier. L’affaire débute à l’occasion d’un accident de voiture. Le responsable, n’étant pas en mesure de régler les frais, s’est arrangé avec les deux prévenus du jour pour une transaction de la main à la main. Le prix est fixé à 500 €. Un premier versement de 300 € est versé par le jeune homme. S’estimant lésé vis-à-vis du prix demandé, il n’a pas donné le reste de l’argent. Et ça n’a pas plu au propriétaire de la voiture endommagée.
Ni une ni deux, les deux prévenus ont convoqué l’auteur de l’accident. Une fois sur place, la situation a dégénéré. « Vous lui avez mis un coup de tête monsieur », dit Anne-Carine David, présidente à l’audience. Blessée, la victime s’est alors pliée aux exigences de son bourreau, qui est venu accompagné de plusieurs de ses amis. « Mes collègues, ils étaient là pour me retenir », explique Brahim. Pourtant, selon le tribunal, la présence de ces hommes avait plutôt vocation à intimider le prévenu. La victime, apeurée, a donc retiré 200 € au distributeur. Brahim lui en a ensuite demandé 500 de plus, pour combler le soi-disant retard de paiement.
L’appât du gain
Flairant le bon filon, Brahim en veut plus. « J’ai demandé s’il avait de l’argent liquide chez lui pour me rembourser ». Brahim et Aboubakar ont donc suivi la victime jusque chez lui, pour tenter de remplir un peu plus leurs poches. Arrivé chez lui, le jeune homme aurait appelé sa maman, pour lui demander de l’argent. Sentant que son fils ne se trouvait pas dans son état normal, cette dernière a refusé. Après une fouille de l’appartement, Brahim a rejoint Aboubakar, resté sur le palier. Ce dernier s’est ensuite procuré la carte bleue de la victime. Une photo de lui a été prise par la caméra de vidéosurveillance d’un distributeur automatique.
Face à la nonchalance apparente des prévenus, la présidente lance : « C’est l’un des délits les plus punissables qui existent ». Une remise en question brutale pour les deux hommes. « On imagine l’état de panique de la victime », souligne le ministère public au cours de ses réquisitions. « Son intention, c’est de récupérer ce qui lui appartient », dit maître Hugo Ferri, intervenant aux intérêts de Brahim, sans justifier son comportement qu’il qualifie d’« irréfléchi ». Maître Chrystèle George, elle, adopte une stratégie de défense différente : « Quand les faits se déroulent, il n’est même pas là », explique-t-elle, faisant référence à la visite de l’appartement de la victime.
Sursis simple et sursis probatoire
À l’issue des délibérations, les deux prévenus ont été reconnus coupables des faits. Ils ont tous deux écopé de 15 mois de détention avec sursis. Brahim, n’ayant pas de casier judiciaire, a bénéficié d’un sursis simple. Travaillant dans le nucléaire, il est exempt d’inscription de cette mention sur le bulletin n°2 de son casier judiciaire. Aboubakar, connu de la justice, a lui été contraint à un sursis probatoire avec une obligation de travail, de paiement des sommes dues à la victime et au trésor public et à une interdiction de contact avec la victime.