C’est dans la nuit du 21 au 22 juillet 2024 que deux prévenus se seraient rendus responsables du vol de pièces automobiles sur deux voitures Wolksvagen T-Roc, l’un stationné à Saint-Bonnet-du-Gard, l’autre à Bezouce. Malgré leur vol, Khalil et Tayeb, n’ont pas souhaité payer le péage. C’est à cause de cette maladresse qu’ils ont pu être interpellés, au niveau du péage d’Arles, tentant de forcer le passage. Le service des douanes a alors procédé à un contrôle, peu avant 8 h, le 22 juillet. Surprise : des pièces automobiles semblables en tout point à celles dérobées ont été retrouvées dans le coffre du fourgon des deux hommes. Cerise sur le gâteau, le véhicule conduit n’est pas assuré.
Interrogés sur la présence des pièces automobiles dans le fourgon, les deux hommes de nationalité algérienne évoquent les avoir achetées sur le marché aux puces de Fos-sur-mer, le jour même. Problème : le 21 juillet est un dimanche. Le marché, lui, se tient tous les samedis matin. D’autant qu’en-dehors des pièces de véhicules, la camionnette contient des outils, comme une visseuse. Autre élément : un témoin décrit avoir vu un homme dont la description est proche de celle de Khalil, s’accroupir au niveau du véhicule de Bezouce, vers 5 h du matin cette nuit-là.
Un périple inexpliqué
En-dehors du péage d’Arles, le véhicule des deux prévenus a été repéré à plusieurs endroits sur l’autoroute. Les villes d’Avignon, de Nîmes, et même de Béziers ont fait partie de leur parcours nocturne. Des directions qui laissent peu de suspense quant à la crédibilité de leur version. Ils racontent s'être perdus, pour expliquer ce périple. Ils sont tous les deux renvoyés devant le tribunal correctionnel de Nîmes, ce mardi 10 mars 2026. Seul l’un deux - Tayeb - est présent à l’audience. Khalil, lui, a été jugé par défaut.
« Il est du droit du prévenu de se défendre en disant n’importe quoi », souligne Stéphane Bertrand, procureur de la République, avant de requérir une peine d’emprisonnement de 18 mois pour chacun, tenant compte pour l’un de son casier judiciaire et pour l’autre de l’absence d’assurance et son véhicule et des faits concernant le péage. Il a également demandé 5 ans d’interdiction du territoire à l’intention de Tayeb. « Mise à part y commettre des actes de délinquance, nous n’avons pas la moindre idée de ce qu’il peut faire de plus », ajoute le représentant du ministère public.
Les deux prévenus ont été déclarés coupable par le tribunal en formation collégiale, présidé par Anne-Carine David. En répression, Tayeb a été condamné à 12 mois d’emprisonnement, sans interdiction du territoire, étant le père d’un enfant de nationalité française. Khalil, lui, écope de 18 mois d’incarcération avec mandat d’arrêt. À l’issue, il sera interdit de territoire français pendant 5 ans. Concernant les litiges au péage, il devra régler 500 € à Vinci autoroutes.