Dans la hotte, sous le lit, dans le hall d’immeuble, voire sur le balcon du voisin du dessous, Reda, le prévenu, n’a pas manqué d’imagination pour cacher stupéfiants, sachets de conditionnement et armes à feu. C’est une perquisition faisant intervenir une équipe cynophile et deux unités de police, qui mène Reda, le prévenu du jour, devant le tribunal correctionnel de Nîmes. L’homme de 29 ans se serait également rendu responsable de deux escroqueries. L’une à propos du défaut de paiement de traites pour un véhicule loué dans le cadre d’un leasing. L’autre, concernant également un véhicule. Cette fois, il est prévenu d’avoir vendu une Peugeot 207 pleine de malfaçons.
Suite à un signalement anonyme, les services de police se sont rendus au domicile nîmois du prévenu. Les chiens de l’équipe cynophile n’ont pas tardé à marquer dans le logement, attestant alors de la présence de stupéfiants. Entre ses murs, deux têtes de plants de cannabis, une dizaine de pochons vides, des morceaux de sacs plastiques, une thermo-soudeuse, un fusil de chasse et un fusil à pompe ou encore des balances de précision ont été retrouvés par les enquêteurs. Autre cache efficace : la hotte, où plus de 10 000 € en liquide ont été saisis. Interrogé sur la présence de cette liquidité à son domicile, le prévenu répond : « L’argent, c’était un cadeau de mariage », dit l’homme de près de 30 ans depuis le box des prévenus.
Plus de 5 kg d’herbe
Soulignant la présence de pochons fichés de plusieurs logos différents dans l’appartement du prévenu, son avocat, maître Hugo Ferri, remet en question l’hypothèse donnant son client comme un trafiquant. « Il a l’attitude de quelqu’un qui consomme, pas qui revend », dit son conseil. Pourtant, un sac de couleur bleue a été retrouvé sur le balcon de l’appartement situé sous le sien. À l’intérieur : 8 téléphones et 3 kg d’herbe de cannabis. 2,12 kg d’herbe ont aussi été repérés par les enquêteurs, dans une petite valise, également cachée sur ce balcon. Selon les voisins, c’est Reda qui a tenté de camoufler ces sacs et valises.
Grâce à une plaidoirie habile de la défense, le prévenu a obtenu la relaxe pour les faits d’escroquerie. Une décision fondée notamment sur le contrôle technique constatant les malfaçons dans le véhicule vendu, datant de 7 mois après la vente. Un document décrédibilisant la thèse de l'escroquerie. Le tribunal, présidé par Anne-Carine David, n’a pas retenu la détention d’armes comme chef de prévention. Ces armes n’ayant pas fait l’objet d’une expertise. Reda a donc été relaxé pour ces faits également.
Concernant la détention de stupéfiants, maître Hugo Ferri fait état, tout au plus, d’un rôle de nourrice, appuyant ses propos sur le fait qu’il n’est prévenu que de faits de détention. Une plaidoirie qui a suffi à convaincre les magistrats, qui l’ont déclaré coupable de ces simples faits. Il a écopé de 3 ans d’emprisonnement, dont 1 avec sursis probatoire. Une peine légèrement au-delà des réquisitions du parquet. Dans ce cadre, il va avoir l’obligation de se soigner, de travailler et de payer les sommes dues au Trésor public. Le numéraire a été confisqué. D’autant que les armes à feu et les stupéfiants ont été détruits au cours de la procédure. Le prévenu va devoir exécuter la partie ferme de sa peine derrière les barreaux. « Il y a un temps pour la sanction », conclut Anne-Carine David face à Reda, en pleurs…