Un ordre du jour court, mais crucial pour le devenir économique de Bagnols/Cèze. Un nouveau conseil municipal d'opposition a été installé : sortie de Jean-Yves Chapelet, démissionnaire. Entrée de Christian Baume, « virtuellement » installé, ce jeudi 16 avril, car absent lors de la séance. Les conseillers municipaux, emmenés par la maire Pascale Bordes, ont adopté le règlement budgétaire et financier. La délibération clé du conseil municipal a ensuite été évoquée : le débat d'orientation budgétaire 2026. Comme Bagnols/Cèze compte plus de 3 500 habitants, et comme le veut la procédure, le DOB devait être fixé.
Le rapporteur désigné a présenté les enjeux : « Ce débat d'orientation budgétaire a pour objectif de discuter des principales évolutions des finances communales et des priorités qui sont affichées dans le budget primitif », a introduit Denis Daude. Leur ligne de conduite est la suivante : « Le budget 2026 sera très prudent. » La mairie sortante a été épinglée, concernant sa gestion du budget.
« Une situation financière bien dégradée »
Une critique a été lancée à propos des nombreux travaux lancés sous le mandat de l'ancien maire Jean-Yves Chapelet : « Je vais reprendre le chapitre 5 du rapport. On nous a laissé en héritage une situation financière bien dégradée, sinon critique. C'est la conséquence d'une gestion qui est engagée ou déjà réalisée, avec des travaux pharaoniques, comme la traversée de la Cèze, et des chantiers de voiries, soit 857 000 euros. Des travaux réalisés, pour la plus grande majorité, en fin de mandat », a fustigé l'adjoint aux Finances. Une vision que Michèle Fond-Thurial n'a pas partagée. La conseillère municipale d'opposition l'a fait savoir publiquement.
Michèle Fond-Thurial, « l'avocat de la défense »
« Je trouve que le réquisitoire est sévère, quand vous dites que la situation est catastrophique. Je vais donc me faire, pardonnez-moi l'expression, l'avocat de la défense, et l'avocat de la dépense aussi. Je ne suis pas une spécialiste de la finance, mais je me suis intéressée à trois indicateurs financiers, qui sont simples et lisibles : l’épargne nette. Vous le soulignez, de votre point de vue, qu'il est très faible. Il faut effectivement qu'il ne soit pas évidemment inférieur à 0. Quand on affiche un taux à 0,6, il n'est pas considéré comme catastrophique, quand on compare avec d'autres communes », a-t-elle argumenté.
Avant de faire une demande précise, sur le second point, à la municipalité en place, du groupe Rassemblement national : « Je n'ai pas trouvé ce chiffre. Je serais intéressée de le connaître. C'est le taux de rigidité structurel. Il permet de mieux réfléchir à l'amélioration de l'épargne, en actionnant les bons leviers des dépenses de fonctionnement », a soulevé l'ancienne seconde adjointe bagnolaise. Son troisième point a été abordé ensuite. Avec la volonté toujours, pour l'élue d'opposition, de ne pas alarmer la population, mais plutôt de la rassurer.
La durée de désendettement débattue
« L'indicateur 3, c'est la capacité de désendettement. C'est-à-dire le temps nécessaire à une collectivité pour rembourser sa dette. Vous dites qu'il est à 8 ans. Il est considéré comme très acceptable un délai jusqu'à 10 ans. Pour moi, le chiffre n'est pas catastrophique ». Enfin, la question de l'audit financier a été remise sur la table : « Je sais que les audits coûtent chers. J'espère que vous aurez un intérêt pour les finances de la commune, pour que cela ne soit pas trop excessif. » Puis, en conclusion, Michèle Fond-Thurial a tenu une nouvelle fois à nuancer la réalisation de travaux : « Il y a des projets structurants pour une commune qui coûtent cher. » Même si elle le concède en fin de propos : « Il y a encore du boulot à faire pour la voirie. »
Pascale Bordes : Que cela coûte le moins cher possible au contribuable
Le financement de la passerelle Maïa est revenu au cœur des discussions. La maire a donné son avis et expliqué sa méthode : « Vous avez dit que ce n'était pas le projet le plus prioritaire. Je partage votre sentiment. Ce sont des finances publiques. Ce que je veux, c'est que cela coûte le moins cher possible au contribuable. Je veux que cela soit un projet efficace qui rende service à la population. Sur cette passerelle, aucun des critères n'est réuni », à ses yeux.
Jérôme Jackel estime le prix de l'audit
Jérôme Jackel a pris à son tour la parole pour exprimer son opinion sur le DOB. Celui-ci s'est appuyé sur des chiffres : « À l’époque, j’avais alerté sur le seuil critique, qui est passé de 11 à 12. Chaque Bagnolais a une dette de 1 449 euros. Tout ce que j'avais présagé, cela arrive. Il faut s’assurer des finances de la ville. Un audit coûte entre 40 000 et 60 000 euros. Au même titre que le PLU que l'on a payé 62 000 euros. On espère que selon le résultat, on saisira bien le préfet. On vote pour le DOB actuel », a validé le conseiller d'opposition.
Après ces deux prises de parole successives, Pascale Bordes et sa majorité ont "pris acte" de la tenue du débat d'orientation budgétaire 2026. Le prochain conseil municipal aura lieu le mercredi 29 avril à 18h à la salle multiculturelle.