Publié il y a 28 jours - Mise à jour le 24.06.2024 - Thierry Allard et Coralie Mollaret - 5 min  - vu 2130 fois

FAIT DU JOUR Législatives : les six circonscriptions passées au crible

Les Gardois sont aussi appelés aux urnes les 30 juin et 7 juillet

- Photo d'illustration Anthony Maurin

En France, les députés sont des représentants de la nation élus sur des territoires locaux que l'on nomme  « circonscriptions ». Le Gard en compte six. La rédaction a passé en revue chaque territoire avec sa composition, localisation et ses forces en présence. Décryptage. 

La 1ère circonscription, de Nîmes à Beaucaire 

Au sud-est du Gard, la première circonscription regroupe une partie de la ville de Nîmes, ses villages environnants comme Caissargues ou Bouillargues ainsi que le territoire de Beaucaire Terre d’Argence. Les enjeux sont à la fois urbains avec les quartiers nîmois de Pissevin/Valdegour ainsi que La Moulinelle à Beaucaire. Cette circonscription est aussi agricole avec les terres fertiles, irriguées par BRL, la compagnie d’aménagement du Bas-Rhône et du Languedoc. Côté industrie, l’aéroport nîmois connaît un certain essor avec le développement d’un hub européen autour de la sécurité civile. De nouvelles écoles de pilotage ont ouvert sur ce site, propriété de Nîmes Métropole, désireuse de poursuivre le développement de lignes commerciales.

Il y a deux ans, aux dernières législatives, le Nîmois et candidat RN Yoann Gillet a battu la députée sortante, Françoise Dumas. Aux élections européennes du 9 juin, l’extrême-droite est arrivée en tête du scrutin, agrégeant plus du tiers des votants. Arrivé en deuxième position, LFI rassemble 13,49% des votants. Ce n’est donc pas un hasard si le candidat LFI Charles Ménard, déjà candidat en 2022, repart au combat. Comme lui, la candidate Valérie Rouverand de la majorité présidentielle, Loumy Bourghol du camp républicain et Isabelle Leclerc, de Lutte ouvrière, tenteront leur chance pour déloger le sortant. Ce territoire compte environ 90 000 électeurs.

La 2e circonscription, de la Petite Camargue à Sommières 

Au sud du Gard, cette circonscription se compose de la Petite Camargue et remonte jusqu’à Sommières. Les enjeux liés au tourisme avec la cité balnéaire du Grau-du-Roi sont prépondérants, tout comme l’industrie avec les Salins du midi et le site Perrier. En remontant la RD 979, les manades de taureaux forgent l’identité du territoire, tout en aménageant l’espace et en y développant l’économie. En revanche, cette circonscription est soumis aux aléas climatiques avec la remontée du sel dans les vignes et l’érosion du littoral. Dans ce secteur, le chômage reste élevé malgré le développement des zones d’activités de Gallargues et d’Aimargues.

Il y a deux ans aux Législatives, le député RN sortant Nicolas Meizonnet a été réélu. Aux Européennes du 9 juin, le parti de Marine Le Pen enregistre sur cette circonscription ses meilleurs scores. Et si l’on ajoute celui de Reconquête, l’extrême-droite représente plus de la moitié des électeurs. Le député espère une réélection dès le premier tour. Face à lui, cinq adversaires veulent déjouer ses plans : Stéphane Mansson (Lutte ouvrière) ; Véronique Jullian (Écologie au centre) ; Sophie Pellegrin-Ponsole (Horizons) ; Kathy Guyot (PS-Front populaire) ; et Catherine Bolle (Les Républicains). Au total, cette circonscription rassemble environ 96 000 votants. 

La 3e circonscription, du Pont du Gard à Marcoule

La 3e circonscription se situe à l’est du Gard, ses principales villes sont Bagnols-sur-Cèze, Villeneuve-lès-Avignon, Aramon et Remoulins. Elle se distingue par son tissu économique, marqué par une industrie développée autour du site nucléaire de Marcoule et de la zone industrielle de l’Ardoise et, plus au sud, de l’usine Sanofi d’Aramon. Le tourisme, avec le Pont du Gard, fait aussi partie des points forts de ce territoire, comme l’agriculture, marquée par une prééminence de la viticulture. La 3e circonscription compte environ 122 000 habitants, dont 96 285 inscrits sur les listes électorales pour les élections européennes du 9 juin dernier. Le taux d’abstention y a été de 42,42 % des inscrits. 

Elle a pour députée Pascale Bordes (RN) depuis 2022. La députée sortante est candidate à sa propre succession, face à six autres candidats : Christian Baume (Horizons), Sabine Oromi (Nouveau Front populaire), Florent Grau (Les Républicains - Nouvelle énergie), Daniel Jean (divers droite), Christophe Prévost (divers) et Valery Fourmi (Lutte ouvrière). En 2022, Pascale Bordes l’avait emporté au second tour face au député sortant Anthony Cellier (Renaissance) avec 51,32 % des voix. Lors des élections européennes du 9 juin dernier, la liste du Rassemblement national conduite par Jordan Bardella a obtenu 40,63 % des voix de la 3e circonscription, contre 12,61 % pour la liste Ensemble conduite par Valérie Hayer et 12,46 % pour la liste d’union à gauche conduite par Raphaël Glucksmann. 

La 4e circonscription, du Gardon au Rhône

Très étendue, la 4e circonscription va du Gardon au Rhône depuis son redécoupage de 2010. Elle compte une partie d’Alès (les cantons d’Ales 2 et 3) et le canton de Pont-Saint-Esprit, en passant par Saint-Ambroix, Barjac et Lussan. Peuplée d’environ 125 000 habitants, elle comptait 95 743 inscrits sur les listes électorales lors des élections européennes du 9 juin dernier. Le taux d’abstention y a été de 44,48 % des inscrits. Comme la 3e circonscription, elle se distingue par son industrie, avec un important pôle du côté d’Alès, et un autre tourné vers le nucléaire à Pont-Saint-Esprit, ses deux plus grandes villes. Le tourisme y occupe également une grande place, avec trois des quatre Plus beaux villages de France du Gard, tout comme la viticulture. 

La 4e circonscription a pour député Pierre Meurin (RN) depuis 2022. Le député sortant est candidat à sa propre succession. Il sera opposé à quatre autres candidats : Nadia El Okki (Ensemble), Arnaud Bord (Nouveau Front populaire), Pierre Martin (Les Républicains) et Jérôme Garcia (Lutte ouvrière). En 2022, Pierre Meurin avait gagné l’élection avec 54,16 % des voix, contre le candidat de la NUPES Arnaud Bord (45,84 %). Lors des élections européennes du 9 juin dernier, la liste du Rassemblement national conduite par Jordan Bardella a obtenu 42,93 % des suffrages sur la circonscription, loin devant la liste d’union de la gauche conduite par Raphaël Glucksmann (11,49 %) et la liste Ensemble conduite par Valérie Hayer (9,95 %). 

La très vaste 5e circonscription, de la Grand’Combe au Piémont 

À l’ouest du Gard, la 5e circonscription est le territoire le plus vaste avec 139 communes. Un territoire très rural, s’étirant de la Grand’Combe au Vigan, redescendant sur Alès et le Piémont cévenol. Cette circonscription connaît ainsi toutes les problématiques liées à la ruralité : le manque de transports en commun et de services publics. En 2019 selon l’Insee, 22 % de la population avait un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté. Cette part s’élève à 14,5 % en France métropolitaine. Député sortant, l’Insoumis Michel Sala a été élu aux dernières Législatives. Cette circonscription est donc la seule à Gauche dans le Gard.

Au scrutin européen du 9 juin, le RN a convaincu, ici aussi, plus d’un tiers des votants. Pour l’emporter, il faudra rassembler sur son nom le plus largement possible. Qui sera le plus convaincant des sept candidats entre Emmanuel Espanol, (sans étiquette) ; Léa Boyer (Les Républicains) ; Alexandre Allegret-Pilot (soutenu par Éric Ciotti et le Rassemblement National) ; Michel Sala, (Front populaire) ; Agnès Olinet (Lutte ouvrière) ; Nordine Tria (divers) ou Catherine Daufès-Roux (Renaissance - Majorité présidentielle) ? Aux 99 000 électeurs de sceller leur sort le 30 juin. 

La 6e circonscription, de Nîmes à l'Uzège

Il s’agit de la plus jeune circonscription du Gard, créée en 2012. Ce territoire abrite 24 communes, dont une partie de Nîmes et le très cossu Pays de l’Uzège. Territoire urbain et périurbain, l’on retrouve ici plusieurs enjeux : le tourisme, mais aussi les transports avec le développement de la gare Nîmes-Pont-du-Gard et de sa zone d’activité économique Magna Porta qui, à terme, devrait créer de l’emploi avec l’implantation d’entreprises.

Aux législatives 2022, le député Modem sortant Philippe Berta a été réélu. Aujourd’hui, l’édile ne se représentant pas, c’est son suppléant Aurélien Colson qui part au combat. Parviendra-t-il à conserver le seul et unique siège de la majorité présidentielle dans le Gard ? Cinq autres candidats sont en lice : Laura Affortit (divers Droite) ; Clément Stevant (Les Républicains) ; Aïcha Terbech (Lutte Ouvrière) ; Nicolas Cadène (EELV - Nouveau Front populaire) ; Sylvie Josseand (Rassemblement National). Aux Européennes du 9 juin, à l’instar des circonscriptions, le RN fait la course en tête avec 36%. En deuxième position, c’est la liste PS/Place publique qui récolte 14,23% et 12,44% pour les Macronistes. La liste LFI, elle, arrive quatrième avec 9,79%. Au total, ce territoire compte 85 000 inscrits.

Thierry Allard et Coralie Mollaret

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