L’ambiance est électrique à Saint-Hilaire-de-Brethmas. Comme au premier tour, trois candidats s’affronteront dimanche : le maire sortant Jean-Michel Perret (38,02 %) face à deux candidats divers droite - mais pas sur la même ligne, puisqu’ils n’ont pas réussi à s’allier - Gaël Mancuso, novice en politique soutenu par le député RN Pierre Meurin (39,66 %), et Sylvie Galtier (22,32 %), actuellement dans l’opposition.
Une triangulaire classique ? Pas vraiment. Car un acteur inattendu s’est invité dans la campagne… via notre page Facebook ! Claude Dhombre, promoteur bien connu du bassin alésien, notamment à l’origine de la zone commerciale Porte Sud à l’entrée d’Alès, a commenté un article consacré à Gaël Mancuso : « Un grand maire par rapport à la nullité que vous avez », écrit-il sans détour. Les électeurs de Saint-Hilaire-de-Brethmas, qui ont reconduit à deux reprises Jean-Michel Perret, apprécieront… L’entrepreneur poursuit en vantant les perspectives qu’offrirait l’élection de Gaël Mancuso : « Au moins avec lui, on pourra avoir du padel international et peut-être un golf et une économie saine, pas basée que sur du social ou des décharges ». Il conclut en appelant Sylvie Galtier à se rallier à Gäel Mancuso.
Une sortie loin d’être passée inaperçue. Première à réagir, Sylvie Galtier, qui a fait le choix courageux de se maintenir au deuxième tour, misant sur l’intérêt général plutôt qu’une très belle place dans la future majorité, répond sans détour : « Notre commune n’est pas à vendre ! Quand des intérêts immobiliers puissants s’intéressent de près à notre territoire et viennent soutenir un candidat sans compétence, inconnu du paysage politique local, nous sommes en droit de poser des questions. Peut-on vraiment parler d’indépendance de sa part ? » Elle s’interroge pour la suite : « Demain, qui prendra réellement les décisions ? Les habitants… ou ceux qui financent et soutiennent en coulisses ? »
De son côté, Jean-Michel Perret choisit l’ironie : « Le golf est un sport tellement populaire et accessible au plus grand nombre (refusé en référendum par 60 % des habitants de Saint-Hilaire) et il n’est pas interdit de rêver avec un terrain de paddle dont il a déposé un permis en pleine zone inondable rouge qui a été refusé par les services de l’État ». Le maire fait ici référence au référendum citoyen de 2016, au cours duquel 60 % des votants s’étaient opposés au projet de golf. À défaut de golf, on comprend que, désormais, Claude Dhombre voudrait mettre les Saint-Hilairois au padel. Et à un niveau « international ». C’est flatteur pour les habitants, mais peut-être un brin optimiste. De plus, les terrains de padel ont fleuri dans la région.
Face à la polémique, Claude Dhombre a exercé un droit de réponse assurant « n’avoir aucun choix de candidat ». C’était utile de le préciser car pas forcément évident. Il affirme aussi n’avoir « pris aucune position publique visant à soutenir le candidat M. Mancuso, ni tout autre postulant à cette fonction. (…) À ce titre, je revendique expressément une position de neutralité vis-à-vis de cette commune et du scrutin en cours. » Une défense qui peine toutefois à effacer l’impression laissée par ses propos initiaux. À Saint-Hilaire-de-Brethmas, le golf refait surface là où on ne l’attendait plus : en plein campagne (municipale).