« Voici les gens de Lunel, qui en font toujours quelqu’une, un jour comme des étourneaux, ils allèrent pêcher la lune, la lune était couchée, ils croyaient qu’elle s’était noyée, et ils allèrent la pêcher, avec un panier troué. » Ici, on n’est pas comme ailleurs ! Le carnaval se fête, en général, pour Mardi Gras. Cette année la date était le 17 février. Dunkerque ou Venise s’en tiennent là, mais Lunel, que nenni !
En ce 11 avril, les « carnavaleux » était de sortie en cette période printanière. Axé autour de la légende du pescalune et des amours contrariés de Ninon et Albin, le carnaval local embarque le public pour un moment de convivialité et de fête où toutes les bonnes volontés seront bienvenues pour cette grande fête.
« Bon, les vrais carnavals ne se font pas à cette date, mais on n’est pas comme tout le monde, nous, on est à Lunel ! L’essentiel, ici, c’est qu’il fasse beau mais pas trop chaud ! », explique avec pragmatisme Jeannot.
Pour rappel légendaire… Ninon et Albin s’aimaient malgré le désaccord de leurs parents. Un jour, le baron fit un cauchemar, « la lune vaincue par le soleil venait d’être chassée du ciel pour toujours ».
Le jeune couple raconta qu’il avait pourtant vu la lune au milieu de l’eau lors de leur promenade. On confectionna une canne à pêche qui comportait un grand panier d’osier. Mais la lune ne put être récupérée. Alors le rabbin, touché par la gentillesse d’Albin, lui donna la solution. Pour ramener la lune au-dessus de Lunel, Ninon devait devenir sa fiancée.
D'un point de vue symbolique, le carnaval marque surtout une période de passage entre l'hiver et le printemps. À l'époque où l'agriculture rythmait la vie des populations, cette période était particulièrement importante : il fallait chasser les dernières traces de l'hiver pour accueillir le renouveau de la nature.
Retour au carnaval 2026. Ici, l’Arlequin était un pescalune. Habitants, parents, enfants, amis, visiteurs pouvaient venir déguisés pour déambuler dans les rues de la cité en musique autour des chars et sous une pluie de confettis.
Objectif ? Comme tous les carnavals, partager un véritable moment intergénérationnel et sans frontières durant lequel chacun doit pouvoir s’amuser et profiter pleinement de la fête. Et ça, c’est simple mais nécessaire à la bonne vie en communauté car aucun thème n’est réellement imposé, seule la créativité est reine.
« On se régale ! », lâche un pitchounet déguisé en… Déguisé ! « Je ne sais pas trop, on peut dire que c’est beaucoup de choses, mais je ne me suis pas habillée comme tous les jours. Oui, ça fait un peu sportive dans l'idée alors que je ne pratique pas, mais c’est aussi ça carnaval ! », lance sa maman. De l’autre côté de la chaussée, d’autres carnavaleux. Ici, on passe du bon temps, ensemble. Sophie et Baptiste sont venus en famille. Une tribu chamarrée qui anime son petit monde. « Nous adorons ce moment qui allie les traditions du Nord, de la Provence et bien sûr les nôtres. Je sais que la date ne veut rien dire, mais, après tout, n’est-ce pas le but de carnaval ? »
Le rassemblement débute logiquement sur les allées Baroncelli, devant l’entrée du parc Jean-Hugo après le repas méridien. Le ventre un peu chargé, les « joueurs » pourront tenter les services des maquilleuses présentes pour faire des retouches de dernier moment. 14h30, l’heure du grand départ du corso est venue !
Neuf chars, 600 kilos de confettis distribués, des mascottes, des majorettes, de la musique et le public déambuleront dans les rues de la cité pescalune. Les enfants peuvent même prendre des photos souvenirs avec Casimir, Stitch, les membres de la Pat’Patrouille, des Pokémon via Pikachu, même le Poudlard Express avec Hagrid et Harry, mais aussi des personnages de l'univers de Mario ou encore des héros Marvel et bien sûr des chars plus traditionnels…
« C’est trop beau ! », affirme Yanis, huit ans. Nadia, sa mère, l’a accompagnée pour cette sortie déguisée. « Je ne m’attendais pas du tout à voir des vrais costumes. Certains ont fait des efforts, pas comme nous… On n’a pas l’habitude de faire le carnaval mais nous sommes venus par curiosité ! Les prochains jours seront plus nuageux, voire pluvieux, et surtout plus frais, donc c’était la sortie idoine, non ? Et en plus, on rigole bien. »
Une fois le défilé dans les rues de la ville, le cortège du carnaval se retrouve dans l’enceinte du parc Jean-Hugo, où musique, buvette, petite restauration et animations pour les enfants ont permis de prolonger la fête avec verdure, gourmandise et convivialité.