Publié il y a 2 mois - Mise à jour le 01.05.2024 - Anthony Maurin, Louis Valat, Thierry Allard et Camille Graizzaro - 5 min  - vu 870 fois

GARD Des manifestations du 1er mai pluvieuses mais revendicatives

La manif du 1er mai 2024 à Nîmes (Photo Anthony Maurin)

La manif du 1er mai 2024 à Nîmes (Photo Anthony Maurin)

1er mai pluvieux, mais 1er mai quand même : les traditionnelles manifestations de la Fête du Travail se sont tenues à Nîmes, Alès, Bagnols ou encore Beaucaire, l'occasion pour les syndicats de s'en prendre aux dernières réformes gouvernementales, et d'évoquer la situation internationale. 

Nîmes

La manifestation nîmoise du 1er mai est une tradition pour de nombreuses familles. Cette année, comme pour les vendeurs de muguet, l’habitude a eu du mal à s’adapter à la pluie.

Le cortège, classique, de l’intersyndicale. Un autre, plus détaché, de LFI était aussi de la partie. Les manifestants pour le cessez-le-feu en Palestine suivaient la marche tout comme quelques membres d’Attac pour une action anti-riches.

La manif du 1er mai 2024 à Nîmes (Photo Anthony Maurin)
La manif du 1er mai 2024 à Nîmes (Photo Anthony Maurin)

"C’est vrai que c’est un peu bizarre que tout le monde défile ensemble mais c’est comme ça… Je ne dis rien, il faut montrer que les gens sont mécontents. La Palestine, LFI ou Attac font ressentir un malaise dans notre pays et plus encore dans le Gard, département fragile" assure Jérôme, venu avec Mathis, son fils de 10 ans. "C’est ma première manifestation, je sais que c’est important mais il y a peu de monde. Les gens ne sont pas des escargots" rétorque le jeune.

La manif du 1er mai 2024 à Nîmes (Photo Anthony Maurin)
L'action d'Attac (Photo Anthony Maurin)

En plus de celle de Nîmes, Alès, Bagnols-sur-Cèze, Beaucaire, Le Vigan ou encore Vauvert organisaient leur propre rassemblement. Pour Mireille, "Nous sommes dilués sur le territoire mais nous sommes partout ! Le Gouvernement fait passer ce qu’il veut, les Français baissent la tête et courbent le dos. Nous devons dire non à cette nouvelle manière de voir le travail, de soumettre les salariés, de leur imposer des choses improbables et surtout de les payer en-dessous d’un salaire décent. Tout a augmenté, nous sommes tous pris à la gorge, c’est pour ça que j’espérais que cette manif réunirait plus de monde que ça." 

Alès

À Alès, malgré une pluie continue, entre 400 et 600 personnes - à vue d'œil - ont manifesté dans les rues du centre-ville entre la place de la mairie et la sous-préfecture à l'occasion de la journée internationale des travailleurs. Le cortège, en réponse à l’appel des syndicats CGT, Solidaires et FSU, s’est élancé de la place de la mairie à 11 heures, après une série de discours débutée une demi-heure plus tôt, notamment celui de Martine Sagit, secrétaire générale de l’Union Locale de la CGT d’Alès : "Aujourd’hui, c’est encore une journée de lutte. Le 1er mai 2024 a toujours son sens, son utilité. Le combat des travailleurs et des travailleuses n’est toujours pas terminé tant que notre force de travail n’est pas considérée à sa juste valeur. Tant que l’être humain n’est pas libre de son émancipation. Tant que l’être humain sera exploité. Tant que certains humains sont mis de côté, et que notre jeunesse et nos anciens sont dans la misère, nous lutterons pour des droits et pour la dignité humaine."

Le cortège alésien a démarré de la place de la mairie en direction de la place de la Cathédrale, en suivant les quais Jean Jaurès et Boissier de Sauvages, avant d'atteindre la sous-préfecture. • Photo Louis Valat

Les syndicats et les forces politiques de Gauche étaient présents en nombre, avec des figures telles que Michel Sala, député LFI de la 5e circonscription du Gard, ainsi que Patrick Malavieille, candidat communiste aux élections européennes. Giovanni Di Francesco, Jean-Michel Suau, ou encore Arnaud Bord, du Parti socialiste, figuraient également parmi les participants à la manifestation. Bien que le mouvement de contestation contre la réforme des retraites ne soit plus au premier plan de la colère sociale, les revendications demeuraient encore nombreuses ce mercredi matin. Justice sociale, baisse du temps de travail, pouvoir d’achat, augmentation des salaires, égalité des salaires entre hommes et femmes, extrême-droite, cessez-le-feu en Palestine… À noter pour ce dernier point, la présence remarquée du Collectif de solidarité pour la Palestine pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. "Nous exigeons un cessez-le-feu immédiat, à Gaza et en Cisjordanie, ainsi qu’un démantèlement de toutes les colonies". Cette matinée de mobilisation a donc été marquée par une diversité de revendications, de part et d’autres, mais toutes convergent sous le même mot d'ordre : "Nous en avons assez de subir."

Bagnols-sur-Cèze

À Bagnols, ils étaient une centaine selon les syndicats sous un ciel maussade lâchant quelques gouttes, à avoir répondu à l'appel de la CGT, de FSU et de Solidaires pour dénoncer "l'expolitation des salariés", lancera Charles-Henri Roché, pour la CGT. Le tout alors que de nouvelles mesures ont été annoncées dernièrement par le gouvernement. Par exemple, sur la simplification des bulletins de salaire, "oublier le détail du bulletin de salaire, c'est oublier ses droits", estime le syndicaliste CGT, qui considère plus largement que la trajectoire dénoncée s'accentue. "Cette politique n'est pas un échec, c'est un choix, estime Charles-Henri Roché. En vingt ans, les dividendes ont été multipliés par 4,5, c'est là qu'on retrouve la dégradation de nos conditions de vie, de notre système de santé, de l'école." Et la CGT de revendiquer notamment "la hausse du SMIC à 2 000 euros bruts". 

Ce matin, lors de la manifestation à Bagnols • Photo : Thierry Allard

"Emmanuel Macron et le gouvernement accentuent les politiques d'austérité et multiplient les cadeaux aux entreprises en faisant les poches des chômeurs, en attaquant les malades", lancera ensuite David Crunelle, de FSU. Et ce alors que "des nouvelles coupes budgétaires sont annoncées en 2024" et que le point d'indice des fonctionnaires ne devrait pas être revalorisé, déplore-t-il. "Les services publics sont l'objet de nombreuses attaques", affirmera plus tard Marta Nicolas pour Solidaires, avant de citer, par exemple, "la casse du statut de fonctionnaire" et appelant à "un 1er mai de lutte". Mais aussi un 1er mai de paix : les trois organisations syndicales appelant à "une paix juste et durable" en Israël et Palestine. 

Beaucaire

A Beaucaire, les Unions Locales de la CGT de Beaucaire et Tarascon (13), accompagnés de la Fédération syndicale unitaire (FSU) ont mené une action conjointe, avec une procession entre la mairie de Beaucaire et celle, de l'autre côté du Rhône, de Tarascon. Quelques « camarades », pour la plupart des retraités, se sont donc réunis, peut-être plus par tradition en ce premier mai que pour une réelle manifestation. Quelques revendications générales, comme l’augmentation du SMIC ou le renforcement de la protection sociale ont bien été évoquées, de même que l’appel à « une paix durable et juste entre les peuples ».

A Beaucaire, quelques valeureux "camarades" ont bravé la pluie pour rallier la mairie de Beaucaire à celle de Tarascon, de l'autre côté du Rhône. • C. Graizzaro

« On voit depuis quelques années la droitisation de Macron, on est vraiment attaqués. Maintenant on a plus du tout confiance envers le gouvernement, on est là un peu par tradition, mais aussi pour se battre contre cette caste sociale. » indique Alain, un manifestant. « Ce qui est regrettable c’est qu’il n’y ait pas plus de monde, surtout des jeunes » s’attriste Paul, un autre manifestant.

« J’aimerais avoir une pensée émue pour mes camarades de Stradal à Beaucaire, qui malheureusement a lancé un PSE et qui fermera en juillet. » annonce Thierry Point, membre du bureau de l’UL CGT Beaucaire lors de son allocution en début de parcours, « C’est bien malheureux que le tissu industriel s’en aille ».

Alexandra Niola, secrétaire générale de l’UL CGT Tarascon, appuie elle sur le sujet de la répartition des richesses : « On considère que les travailleurs créent la richesse. Et actuellement, le gouvernement s’en prend aux petits, aux chômeurs, aux retraités… alors que le capital continue de grandir chaque année. Ce n’est pas juste : on nous dit qu’il faut faire la réforme des retraites pour économiser 12 milliards d’euros, quand à côté on en dépense 50 milliards pour l’armement. Évidemment, on est pour la paix, mais pas au dépend des salariés. »

Jean-François Milesi, secrétaire général de la FSU, lui est là pour manifester contre les nouvelles réformes scolaires, notamment les classes de niveau. « L’école a toujours été un facteur d’émancipation de l’être humain, et avec ces réformes, on va totalement à l’opposé de cet objectif. Les gamins vont être parqués souvent en fonction de leurs origines ou de leurs difficultés. »

Les organisateurs ont proposé, après l’allocution, de se rendre à la mairie de Tarascon en voiture à cause de la pluie, mais les manifestants ont sorti leurs parapluies, et s’y sont tout de même dirigés, à pied. « Sinon, venir aujourd’hui n’avait pas de sens ».

Anthony Maurin, Louis Valat, Thierry Allard et Camille Graizzaro

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