Politique

DÉPARTEMENT Le collaborateur du Bon Sens Républicain sur la sellette

Anthony Belin, chargé de mission du groupe Le Bon Sens Républicain au département.
Anthony Belin, chargé de mission du groupe Le Bon Sens Républicain au département.
Anthony Belin, chargé de mission du groupe Le Bon Sens Républicain au département.

Anthony Belin est dans le collimateur des conseillers départementaux, proches du sénateur-maire de Nîmes, qui n'ont plus confiance en lui. Cet imbroglio traduit les difficultés de fonctionnement du groupe d'opposition sur certains dossiers.

Lundi 19 octobre. Assis en salle de réunion, les élus du Bon Sens Républicain examinent attentivement les rapports avant la séance publique de vendredi. Chaque délibération est passée à la loupe, l'objectif étant d'arrêter une position commune lors du vote. Cette discipline fait la force du groupe. Mais ce lundi matin, l'atmosphère est assez tendue. Sur une feuille que chiffonne nerveusement un élu, est inscrit le second sujet des discussions : le fonctionnement du groupe. "En fait, il était question essentiellement des reproches des élus nîmois adressés à Anthony Belin", confie le conseiller départemental d'Alès 3 Frédéric Gras, qui compte parmi les soutiens du collaborateur. À 26 ans, Anthony Belin est un proche de Laurent Burgoa. En conflit avec le cabinet du maire de Nîmes, ce dernier a trouvé refuge, il y a quelques mois, au Département en tant que chargé de mission du Bon Sens Républicain. Partisan d'une droite décomplexée, le militant appuie régulièrement le président de groupe dans ses prises de positions autour de la lutte contre le djihadisme ou le Gard en Paca. Des postures parfois jugées malvenues ou malmenées par sa propre famille politique.

Taxe sur l'électricité : la lettre de la discorde

L'ire des élus nîmois a été déclenchée par un courrier envoyé par Anthony Belin, suite au rejet de la hausse de la taxe sur l'électricité. Loin d'un tour de force idéologique et unitaire, ce vote a surtout révélé les clivages au sein même de la droite. Fortement invités par Jean-Paul Fournier à voter cette hausse, en cohérence avec la politique conduite à Nîmes ou Saint-Gilles mais également, pour négocier plus sereinement avec l'exécutif socialiste, les élus -majoritairement favorables au rejet du rapport- sont allés à l'encontre du sénateur-maire. Joint par téléphone, Richard Tibérino et d'Eddy Valadier, deux élus proches de Jean-Paul Fournier, ont refusé de s'exprimer. Toutefois, leur entourage est plus bavard : "Anthony Belin a envoyé cette lettre aux élus (exceptés à ceux de Nîmes, NDLR) pour expliquer que Fournier et Lachaud n'avaient pas à se mêler des affaires du Département". Un casus belli pour les Nîmois, anciens du RPR. "Avant d'être maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier est surtout secrétaire départemental Les Républicains. C'est lui qui a donné l'étiquette aux candidats avec laquelle des gens comme Frédéric Gras ont pu être élus", fait remarquer notre source.

Du côté des élus fiers du rejet de cette taxe, l'argumentaire est sensiblement différent : "Les Gardois ne sont pas que nîmois", plaide Frédéric Gras qui n'en reste pas moins compréhensif : "ces élus auraient pu voter favorablement, ça ne nous aurait pas dérangés, on aurait compris. (…) Par contre, ils ne doivent pas utiliser Anthony Belin comme bouc émissaire. C'est un collaborateur compétent qui, grâce au site Internet nous fait connaître auprès des Gardois, connaît ses rapports et nous aide quotidiennement". Seulement, la lettre n'est pas le seul reproche qui a été formulé au chargé de mission. Sur le rejet des 150 000 euros de subventions allouées aux syndicats, "Anthony Belin a menti aux élus. Pour justifier le rejet, il a assuré avoir contacté le cabinet du maire qui lui aurait confirmé que la ville ne versait rien au syndicat. Il ne l'a jamais fait. Or, la ville subventionne bien les syndicats* ! C'est une faute professionnelle. Nous n'avons plus confiance en lui, il doit être licencié", poursuite cette même source.

Problème plus profond

Derrière cet imbroglio se cache un malaise plus profond. Depuis les départementales, la droite a connu une croissance sans précédent avec l'élection de treize élus. Additionnés à ceux du groupe centriste, présidé par le comparse de Laurent Burgoa, Thierry Procida, et à ceux du FN qui votent le plus souvent contre la gauche, l'opposition est en capacité de rejeter certaines délibérations. L'apprentissage de ce nouveau pouvoir n'est visiblement pas sans heurt. "Désormais, les élus ont obtenu leur liberté de vote", fait savoir l'entourage du sénateur-maire. Une déclaration infirmée par Laurent Burgoa, joint par téléphone. Peu loquace sur le sujet, le président de groupe sait qu'une liberté de vote donnerait à la gauche l'occasion de s'engouffrer dans la faille de la division, s'affranchissant plus facilement des revendications du Bon Sens Républicains.

Le cas Anthony Belin n'est qu'un arbre qui cache la forêt. Une forêt de quelques divergences, comme le rappelle Frédéric Gras : "nous sommes d'accord sur pratiquement 98% des sujets, mais parfois ça coince". Il n'en reste pas moins que Laurent Burgoa va devoir trancher, une bonne fois pour toute, sur ces 2% de litiges.

*Pour 2015, la mairie de Nîmes a alloué 19 800 euros de subventions à cinq syndicats. Par ailleurs, elle loge à titre gratuit neufs syndicats. 

Coralie Mollaret

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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15 commentaires

  1. pathétique et minable !

    La politique poubelle des nimos nimois ! Bravo à Anthony Belin qui n’en refère pas au cabinet de Fournier pour mener une politique départementale !!! Nimes n’est pas la plaque tournante du département mais une commune comme les autres

  2. C’est donc confirmé… Les républicains remettent à l’ordre du jour l’exécution sur place publique !
    Laver son linge sale de la sorte c’est minable.

    La vraie droite est celle du département pas la molle qui nous dirige à Nimes !
    Et au fait, oui au Gard en Paca

  3. Le bon sens républicain… Heureusement que le ridicule ne tue pas lorsqu’on voit de quelle manière est gérée la ville de Nîmes où tout est fait en dépit du bon sens. Il n’y a rien de cohérent dans les décisions qui sont prises et les réalisations de cette ville.

  4. Anthony Belin devrait parler et vite car il est attaqué lâchement par une source souhaitant ne pas être connue…
    Bravo Frédéric Gras pour sa clairvoyance. Que les élus nîmois fassent un groupe indépendant puisqu’ils veulent être à la solde de Fournier.
    Vivement décembre

  5. Donc désormais la presse donne de l’importance à des accusations dites sous couvert d’anonymat ?

    Nous avons ici la confirmation que la droite nimoise est bien la plus bête du monde. Bon courage Anthony et réagissez, ne vous laissez pas salir de la sorte

  6. Triste spectacle de la politique locale. Reprocher à Anthony Belin de ne pas être à la solde du cabinet Fournier ne doit pas être sanctionné ! Que les élus soumis, obéissant et n’étant pas capables de se faire leur propre avis partent de ce groupe qui applique la politique pour laquelle j’ai voté en mars dernier.

  7. Il me semble juste bon de rappeler que lorsque que l’on est un collaborateur soit d’un élu soit d’un groupe d’élu on se doit :
    1) de rester dans l’ombre
    2) de ne jamais parler en son nom mais au nom de l’élu ou du groupe.
    3) d’avoir une ligne en totale adéquation avec la personne avec laquelle on collabore.
    Alors force est de constater que ni à la ville ni au département À Belin à où avait ces qualités.
    Ses ambitions personnelles l’auront perdu.
    Vouloir être khalife à la place du khalife il faut qui se remette en question et s’il veux briller sous les projecteurs c’est pas une place de collaborateur qu’il lui faut mais une place d’élu et la c’st une autre paire de manche ….
    Que cela lui serve de leçon pour l’avenir …

    1. oui c’est plus difficile d’être élu vous avez raison! sauf quand on parachute les copains et les amis sur les listes des régionales, là c’est plus facile hein

  8. histoire de fou ! qui sont ces élus de la ville de Nîmes qui se sentent menacés par un jeune(certes très doué) de 26 ans? ces alimentaires de la politique qui obéissent tel de bons toutous au cabinet (sinon on leur sucre leurs place de concert) Je pense plutôt qu’à travers A.Belin c’est L.Burgoa que l’on tente de tuer !!si il veut avoir un avenir politique il ne doit pas céder à la pression nîmoise car si tel était le cas il vaudrait pas mieux que les tiberino and cie

  9. Triste spectacle donné par la droite nîmoise
    Total soutien à Anthony Belin
    C’est chieze le directeur de cabinet du maire qui est à la manœuvre et c’est scandaleux!!!!

  10. En attendant, Mr Belin a fait du très bon travail lorsqu’il faisait partie du cabinet de Mr FOURNIER et on peut se demander pourquoi certains préfèrent se saborder plutôt que de profiter de son professionnalisme pour faire avancer notre ville…Au moins, nous avions un interlocuteur direct et réactif.

  11. le département du Gard est à l’agonie comparé à ses voisins, 34, 84 ou 13 à cause de personnes comme fournier lachaud, alary, denat ou bouad. que des incapables

  12. Au moins on voit la droite départementale : un collaborateur fait respecter un programme (non augmentation d’impots, Gard en paca etc) et on le vire !

    On lui reproche également d’être de droite décomplexée… La seule vraie droite du Gard est bien celle du front national !!

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