ActualitésAlès-CévennesEnvironnement

SAINT-HILAIRE-DE-BRETHMAS La « dolce vita » saint-hilairoise adossée au concept de « la ville du quart d’heure »

Dessin réalisé par le graphiste Frank Vriens, sur demande de Jean-Michel Perret, afin de schématiser le concept de "ville du quart d'heure". (Image DR)
Dessin réalisé par le graphiste Frank Vriens, sur demande de Jean-Michel Perret, afin de schématiser le concept de « ville du quart d’heure ». (Image DR)

Retrouver toutes les commodités à moins de quinze minutes de chez soi via des mobilités décarbonées. C’est la promesse de la ville du quart d’heure, concept urbanistique créé par le sociologue franco-colombien Carlos Moreno pour réduire les déplacements en concentrant les besoins essentiels – école, travail, soins, loisirs, achats – dans des quartiers-villages. Depuis 2019, la commune de Saint-Hilaire-de-Brethmas apprivoise cette démarche a priori réservée aux mégalopoles, ce qui vaut au maire, Jean-Michel Perret, une invitation prestigieuse qu’il entend honorer.

Travailler, faire du sport, se soigner, se ravitailler… Et si tous les besoins essentiels étaient à portée de chacun dans un rayon de quinze minutes ? De Paris à Copenhague en passant par Melbourne et Ottawa, une poignée de métropoles se sont emparées du concept de la ville du quart d’heure pour repenser leur modèle de développement selon un principe d’hyper-proximité. Théorisée en 2016 par le chercheur franco-colombien Carlos Moreno, la démarche a trouvé un écho amplifié pendant la crise sanitaire en soulignant l’importance de répondre aux besoins vitaux dans un périmètre très limité et en renforçant le désir de vivre dans des villes « à taille humaine ».

Fondamentalement écologique, le concept de la ville du quart d’heure prend le contrepied de l’étalement urbain, au profit d’une réduction de la pollution mais aussi d’une meilleure qualité de vie, celui-ci faisant la part belle aux mobilités décarbonées. Mais alors qu’il semble réservé aux grandes métropoles, que vient faire la commune de Saint-Hilaire-de-Brethmas (4 700 habitants) dans cette affaire ? « Depuis 2019, je m’inspire des travaux du sociologue Carlos Moreno à l’échelle saint-hilairoise », indique le maire, Jean-Michel Perret, qui admire celui étant considéré comme le « gourou » de l’organisation internationale C40, laquelle regroupe des mégalopoles telles que Los Angeles, New Dehli, Shangaï, Mexico, New-York et Paris.

La puissance des réseaux sociaux

Ainsi, alors qu’il publie régulièrement du contenu relatif à son activité d’élu sur ses comptes Facebook et Twitter, Jean-Michel Perret a récemment eu l’occasion de mesurer la puissance des réseaux sociaux. Pour vulgariser ce concept qui s’avérait relativement nébuleux pour le grand public, en 2019, le maire avait invité Frank Vriens, le dessinateur-graphiste de la commune, à le mettre en forme par le biais d’un dessin. « Ce dessin, je l’ai publié sur Twitter il y a quelques semaines. 20 minutes plus tard, je me suis aperçu que Carlos Moreno avait liké ma publication et avait retweeté. Je n’en revenais pas ! Je lui ai alors envoyé un message en privé. Il m’a répondu en me disant qu’il trouvait le dessin génial. Il n’arrivait pas à croire qu’une commune de 4 700 habitants s’intéresse à son concept. D’habitude, il a plutôt affaire à des villes de 4,7 millions d’habitants (rires) », rembobine l’édile saint-hilairois.

« J’ai l’infime honneur de recevoir The big boss ! »

Quelques jours plus tard, le secrétariat du sociologue, par ailleurs directeur scientifique de la Chaire Entrepreunariat Territoire Innovation (ETI) Paris-Sorbonne, a contacté Jean-Michel Perret, l’informant du souhait de Carlos Moreno de réaliser une visio afin de poursuivre l’échange. Depuis Mexico pour le sociologue, depuis Saint-Hilaire-de-Brethmas pour l’élu municipal, il a eu lieu il y a quelques jours et a accouché d’une prestigieuse invitation. En effet, les 26 et 27 août à Frontignan (Hérault), aura lieu la 6e édition de « The Village », un événement organisé chaque année par La Tribune, en partenariat cette année avec la Région Occitanie et la Chaire ETI de l’IAE Paris-Sorbonne dirigée par Carlos Moreno.

Deux jours durant lesquels les organisateurs accueilleront une matière grise riche et diversifiée pour une expérience créatrice de progrès et de partage : des décideurs publics et privés, des entrepreneurs, des intellectuels et des artistes, des enseignants et des chercheurs. Tous tenteront d’apporter des réponses à la question : « Vers une dé-mondialisation heureuse ? Bonheur, bienveillance, humanité, le nouveau défi des territoires. » Contre toute attente, Jean-Michel Perret en sera. « Carlos Moreno a même proposé de venir me rencontrer à Saint-Hilaire quelques jours plus tôt », se réjouit le maire. Chose que le sociologue a prévu de faire le 23 août prochain. « J’ai l’infime honneur de recevoir The big boss ! Avoir un mec de son envergure qui se déplace à Saint-Hilaire, c’est un put∗∗∗ d’évènement ! », se félicite l’élu.

« En quinze minutes à vélo, on peut tout faire »

Ainsi, Saint-Hilaire-de-Brethmas sera la première petite commune intégrée aux travaux scientifiques du Franco-colombien. « La ville du quart d’heure, c’est une grosse réflexion pour repenser complètement l’urbanisme afin qu’on ne soit plus obligé de faire une heure de voiture dans les bouchons pour aller bosser, faire ses courses ou se divertir », résume JMP, qui a bien travaillé son sujet, dans la perspective de défendre « la dolce vita » saint-hilairoise dans la catégorie « positive makers », comprenez « créateurs positifs », lors du colloque de Frontignan, fin août.

Une démarche logique à en croire le maire, dans la mesure où elle « rejoint la politique « Petites villes de demain » qui consiste, entre autres, à relocaliser les services dans les bourgs-centres plutôt que d’envisager la construction de commerces essentiels en rocade. « Quand on y regarde de plus près, la commune se prête vraiment à travailler ce concept. On est en première couronne d’Alès. En quinze minutes à vélo, on peut tout faire. On peut aller bosser à Alès, au parc des expositions de Méjannes-les-Alès, ou sur la future zone industrielle de Vézénobres à la sortie de la 2×2 voies. Ensuite, à charge pour l’élu que je suis de rétablir tous les services de proximité au cœur du village. Il y en a déjà un certain nombre à la Jasse », développe Jean-Michel Perret, qui vient par exemple d’activer le projet de création de centre communal de santé pour enrayer la désertification médicale frappant le bassin alésien.

Corentin Migoule

 

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité