“On doit à nos patients et à nos professionnels un lieu qui laisse sa place au beau et à l'art.” Pour Sylvia Breton, directrice du centre hospitalier Joseph-Imbert, cette ambition est désormais présente au cœur de l'établissement. Pour la première fois, l'hôpital accueille une exposition des Rencontres de la photographie d'Arles. Jusqu'en juillet 2027, six clichés de la série Flower Power sont installés dans les jardins, accessibles aux patients, aux visiteurs et aux professionnels de santé.
“Le choix est venu assez spontanément”
C'est dans ce “lieu-clé” que les œuvres ont pris place. “Impossible de les louper”, sourit Sylvia Breton. À l'ombre des grands pins méditerranéens, sous le chant des cigales et à quelques mètres seulement des bâtiments de soins, les photographies accompagnent désormais le quotidien des usagers de l'hôpital.
Signée par cinq artistes, l'exposition Flower Power revisite l'herbier. Fleurs, feuilles, tiges et rhizomes sont photographiés puis retravaillés à l'aide de différents procédés jusqu'à prendre des allures presque irréelles. Certaines images évoquent davantage des paysages abstraits que des végétaux. “Le choix est venu assez spontanément”, estime Aurélie de Lanlay, directrice déléguée des Rencontres de la photo. Les fleurs, symbole même du vivant, trouvent naturellement leur place devant un établissement de santé.
“La photographie est un motif de lien social et l'hôpital est un espace du vivre-ensemble”
Le choix de l'emplacement ne doit rien au hasard. Situées à proximité de l'arrêt de bus, les œuvres sont visibles par les visiteurs, les patients, les soignants, mais aussi les résidents de l'Ehpad voisin. “Les usagers passent, observent en attendant le bus, puis repassent”, décrit Sylvia Breton. Une manière d'inscrire l'exposition dans le quotidien de l'hôpital plutôt que d'en faire un espace réservé à quelques initiés.
Pour Aurélie de Lanlay, cette présence de la photographie dépasse largement le cadre artistique. “Elle est un motif de lien social et l'hôpital est un espace du vivre-ensemble.” Selon la directrice déléguée du festival, les images permettent de susciter des discussions, de faire naître des souvenirs ou simplement d'offrir un instant d'évasion. “Elles peuvent créer un dialogue entre les patients, les familles et les professionnels, mais aussi élargir le champ des émotions dans un lieu parfois anxiogène.”
Une première appelée à durer
Cette exposition marque le début d'un partenariat plus large entre les Rencontres et le centre hospitalier. Une convention prévoit déjà le développement de nouveaux projets autour de la photographie, destinés à l'ensemble des structures rattachées à l'établissement, notamment les Ehpad.
Pour Sylvia Breton, cette première collaboration avait presque valeur de défi personnel. “Quand je suis arrivée à Arles, il y a un peu plus de trois ans, je m'étais fixé comme objectif que l'hôpital les accueille un jour.” C’est désormais chose faite, les œuvres ont finalement trouvé leur place là où on les attendait peut-être le moins : au cœur de l'hôpital.
Parc de l’hôpital Joseph-Imbert. Arrêt “Hôpital”, Envia bus ligne 2, jusqu’en juillet 2027.